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Portrait du roi Louis XIV, par Hyacinthe Moreau, en 1901
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A la fin des guerres de religion, la France devient un pays majoritairement
catholique. Comment s'organise le rapport entre l'Etat, l'Eglise et la société
?
L' Etat catholique
Dans la société d'Ancien Régime, la religion est le fondement du système
social. La monarchie française étant dite de "droit divin", le roi
tient son pouvoir de Dieu, ce qui lui confère un rôle de pasteur
vis-à-vis de ses sujets. A ce titre, le roi de France peut, depuis le Concordat
de Bologne signé en 1516, choisir lui-même les prélats supérieurs.
La religion catholique étant celle de l'Etat et de la Couronne, tous
les rois doivent jurer, le jour de leur sacre, de défendre l'Eglise catholique
et s'engagent aussi à lutter contre les hérésies.
La date du 18 octobre 1685 marque une rupture : 87 ans après la
fin des guerres
de religion, le roi Louis XIV signe, avec le chancelier Michel de Tellier,
l'édit de Fontainebleau révoquant l'édit de Nantes en vigueur depuis 1598.
Afin de redonner au royaume une unité religieuse, le traité
interdit le protestantisme en France, provoquant l'exil de plusieurs milliers
de protestants et surtout de violents troubles de Camisards dans les Cévennes.
Légalement, les Français non catholiques n'existent plus, et sont alors considérés
comme des "asociaux". Il faut attendre 1787 pour qu'un nouvel édit
de tolérance rende leurs droits aux protestants.
Les Français sont-ils "soumis" à
la religion ?
Le catholicisme a profondément imprégné la société
d'Ancien Régime. Depuis plusieurs années, les historiens contestent
l'opinion selon laquelle le XVIIIe siècle, celui des Lumières,
aurait été celui d'une déchristianisation conséquente
du pays. Or, jusqu'à la Révolution, et même tout au long
du XIXe, l'Eglise accompagne l'existence des Français de leur naissance
(baptême) jusqu'à leur mort (extrême onction). Le prêtre est ainsi l'un des
rouages essentiels de la vie sociale : il distribue non seulement les sacrements,
mais fait aussi office de conseil dans les affaires privées. Sur le terrain,
au niveau des paroisses, l'Eglise est très présente. Elle tient
les registres de baptême (l'Etat Civil), instruit les enfants et fournit
l'assistance publique aux malades dans les hôpitaux. Pour la société française
d'avant 1789, les fêtes religieuses, notamment celles des saint-patrons locaux,
représentent aussi un moment fort de la vie communale et collective.
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De la Révolution à Jules
Ferry, que faire de la religion ?