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Qu'est-ce que la laïcité à la française ?

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Christine Boutin
 
Christine Boutin, ministre de la Ville, et membre d'un Conseil pontifical © L'Internaute Magazine
 

De la nomination des évêques au titre de chanoine honoraire accordé au président de la République, les relations entre l'Eglise catholique et l'Etat, plus discrètes, restent importantes.

L'Etat peut-il décider à la place de l'Eglise ?

Bien que la Séparation entre les Eglises et l'Etat soit vieille de plus d'un siècle, les ponts ne sont pas tout à fait coupés. L'Etat garde par exemple un rôle décisionnaire dans la constitution de l'épiscopat français. En 2008, le Saint-Siège nomme lui-même les évêques, mais doit en informer au préalable le gouvernement. Un avantage exclusif, puique la France est aujourd'hui le seul pays au monde à bénéficier de ce "droit d'objection". Par ailleurs, du fait du statut concordataire de l'Alsace, le président de la République peut encore nommer les évêques de Strasbourg et de Metz. Il ne signe cependant le décret de nomination qu'après accord du Vatican.

 

Quel dialogue entre les autorités religieuses et l'Etat ?

Dans le but de rendre plus transparents les rapports entre l'Eglise catholique et l'Etat français, une instance de consultation a été créée le 12 février 2002. Diverses commissions composées d'assistants ministériels et de personnalités ecclésiastiques ont été créées. La plupart des échanges concernent plus particulièrement l'Education Nationale et la Justice, mais des questions d'ordre moral sont aussi abordées. Depuis 2002, le clergé français a donc officiellement "voix au chapitre". Ainsi, si une partie de la loi sur la bioéthique autorisant la recherche sur embryon et les cellules embryonnaires a été durement critiqué par l'épiscopat français, un rapport ministériel d'août 2004 hostile à la non-dépénalisation de l'euthanasie a par contre été vivement approuvé par l'Eglise. A l'été 2004, Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France, déclarait ainsi que l'Eglise "ne pouvait que dire son accord" avec la proposition de loi formulée.

 

Nicolas Sarkozy, président " très chrétien" ?

Enfin, même si le centenaire de la loi de Séparation entre les Eglises et l'Etat a été fêté en 2005, cela n'a pas empêché le président de la République d'avoir été ordonné chanoine honoraire de Saint-Jean de Latran en décembre 2007. Cette tradition, qui remonte au roi Henri IV, permet au chef de l'Etat de prétendre à une stalle (un siège en bois qui se trouve dans le chœur d'une église) dans la basilique. Cette distinction n'est pourtant pas l'apanage de Nicolas Sarkozy, car avant lui, seuls deux autres présidents, Georges Pompidou et François Mitterrand ne s'étaient pas rendus à Rome pour recevoir le titre. Ce "cumul des fonctions" est aujourd'hui partagé par d'autres personnalités moins éminentes de l'Etat. Christine Boutin, ministre de la Ville, occupe depuis 1995 à titre personnel le poste de consulteur du Conseil pontifical pour la famille au Vatican, un organisme chargé d'orienter les familles catholiques dans le domaine de l'éducation, qu'il s'agisse de l'avortement, de l'éducation sexuelle ou de la préparation au mariage.

 

 



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