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"Episode des journées de septembre 1830 sur
la place de l'Hôtel de Ville" par Gustaf Wappers
© Musée d'Art Ancien, Bruxelles
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La Belgique a mis près de deux mille ans à s'unir. Son histoire est
à mettre en très étroite relation avec celle des Pays-Bas actuels, les deux
territoires ayant été souvent fondus en une seule et même entité.
"Le peuple le plus brave de la Gaule"
La Belgique est à l'origine un territoire peuplé de Celtes, que Jules César
soumet lors de la Guerre des Gaules en 51 avant Jésus-Christ, au prix d'une
lutte farouche. La Belgique doit cependant rendre à César ce qui lui appartient,
et en premier lieu son nom. C'est en effet le général romain qui parle le
premier de "Belgae" (les Belges) en écrivant cette phrase laudatrice pour
le peuple vaincu : "De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les
plus braves !"
Une histoire commune avec les Pays-Bas
A l'issue de la guerre de Cent Ans, en 1453, les territoires de la Belgique
et des Pays-Bas tombent aux mains des ducs de Bourgogne, puis des Habsbourg
et enfin de l'empereur Charles Quint. La Belgique fait alors partie des dix-sept
provinces du Saint-Empire romain germanique, puis tombe dans le giron espagnol,
léguée par Charles Quint à son fils Philippe II, roi d'Espagne. C'est
sous son règne que les Pays-Bas font sécession d'avec la Belgique, et deviennent
les Provinces-Unies. Au traité d'Utrecht de 1713, la Belgique, appelée Pays-Bas
du Sud, revient sous domination des Habsbourg d'Autriche. Pour 91 ans, puisqu'en
1794, la Belgique est envahie par les révolutionnaires français, intégrant
plus tard l'empire de Napoléon. Avec le Congrès de Vienne de 1815, la Belgique
est rattachée aux Pays-Bas et subit l'occupation néerlandaise. Mais l'assemblage
d'une nation majoritairement protestante, les Pays-Bas, à une nation principalement
catholique, la Belgique, provoque un antagonisme culturel que la politique
"néerlandophile" du souverain Guillaume Ier ne fait qu'accentuer.
1830 : la révolution belge
L'unité de la Belgique repose alors sur des valeurs catholique et
progressiste. La tutelle de Pays-Bas protestants et conservateurs devient
de plus en plus insupportable pour les élites francophones. En 1830,
la vague de révolutions qui embrase l'Europe, à commencer par la France,
cristallise l'opposition belge aux Pays-Bas. Conduite par la bourgeoisie,
la révolution belge est soutenue par le reste de la société. A partir du
25 août, Bruxelles se soulève contre la tutelle néerlandaise. A la suite
de cette insurrection, un gouvernement provisoire se forme et proclame l'indépendance
de la Belgique. Mais celle-ci ne devient officielle qu'à la suite d'une conférence
entre les principales puissances européennes qui s'ouvre à Londres le 4 novembre
1830. En 1831, la Belgique moderne est née, mais doit pendant les premiers
mois de son existence faire face aux velléités des Pays-Bas, qui se résolvent
difficilement à accepter la nouvelle donne géopolitique.