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Juin 2007

Le bac a 199 ans !

Pour cette 199e édition du baccalauréat, l'Internaute revient sur les origines de cette institution, qui a su traverser tous les régimes politiques depuis sa création sous Napoléon.
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Depuis le 11 juin, plus d'1 million de lycéens de classes de Première et de Terminale planchent sur les épreuves du baccalauréat. Mais qu'en est-il des origines de l'examen le plus populaire de France, que Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, qualifiait récemment de "rite de passage qui sanctionne la fin des études secondaires et marque, pour bien des lycéens, l'accès au monde des adultes" ?

 
Napoléon Bonaparte. Ingres, 1806 © Musée de l'Armée
 

Une institution bonapartiste

C'est à Napoléon Bonaparte que l'on doit le baccalauréat sous sa forme actuelle. En 1808, Napoléon rétablit les universités de l'Ancien Régime que la révolution avait supprimées (Théologie, Droit et Médecine) et crée deux facultés nouvelles (Lettres et Sciences). Par décret organique du 17 mars 1808, il restaure la "maîtrise ès arts" qu'il nomme "baccalauréat". Il s'agit du premier grade universitaire. Les candidats autorisés à composer doivent avoir au moins 16 ans et ne passent alors que des épreuves orales portant sur les auteurs grecs et latins, la rhétorique, l'histoire, la géographie et la philosophie. La première session a lieu l'année suivante et compte 31 bacheliers, essentiellement issus de la bourgeoisie. Le baccalauréat ès sciences n'est créé qu'en 1852.


Le "baccalauréat d'enseignement secondaire"

Dès lors, ce diplôme ne va cesser d'évoluer dans sa forme : à partir de 1830, des épreuves écrites sont ajoutées, notamment en français et en latin, puis en philosophie. Il faut attendre 1861 pour voir une femme participer à l'épreuve : Julie-Victoire Daubié, une institutrice vosgienne de 37 ans, est la première bachelière de l'histoire. En 1874 est créé le baccalauréat en deux parties, tandis qu'en 1890 est reconnu à part entière le baccalauréat ès sciences. C'est au début du XXe siècle, en 1902, que l'examen devient officiellement "baccalauréat d'enseignement secondaire", quelle que soit l'option choisie (philosophie ou "mathelem").

 

 
Mai 1968. © Adagp, Paris 2007/ Paris, une histoire en images. Ed. Parigramme
 

1968, une année très spéciale

En 1968 sont créées de nouvelles séries d'épreuves : A (Philosophie-lettres), B (Economique et social), C (Mathématiques et sciences physiques), D (Mathématiques et sciences de la nature) et E (Mathématiques et technique), mais les révoltes étudiantes du mois de mai entraînent la suppression des épreuves écrites. A titre exceptionnel, les bacheliers ne passent que des épreuves orales pour les deux sessions. On enregistre cette année un taux record de plus de 81% de réussite ! C'est également en 1968 que le baccalauréat technologique est créé. Ce bac associe une formation générale à une formation technologique. Titulaire d'un bac technologique, l'étudiant poursuit ses études en BTS, DUT ou en écoles spécialisées.

 

 
Diplôme du bac. © DR
 

Des réformes pour un objectif de 80% de réussite !

La période 1985-2000 marque le temps des réformes. En 1985, ils sont à peine 30% d'une classe d'âge à obtenir le baccalauréat. Cette même années, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'Education nationale, lance l'objectif de 80% de réussite à l'examen. Ces chiffres, aujourd'hui atteints, s'expliquent aussi par la création cette même année du bac professionnel : un bac créé pour répondre à la demande des professionnels en manque de techniciens d'atelier, d'employés et d'ouvriers hautement qualifiés, et qui a pour objectif de faire rentrer l'élève très rapidement dans la vie active. L'année 2006 a ainsi connu un taux record de réussite à l'examen (plus de 82%), et plus de 64% d'individus d'une même classe d'âge sont devenus bacheliers (baccalauréats général, technologique et professionnel confondus).

Les chiffres du bac 2007

Le 9 juillet prochain s'achèveront les épreuves du baccalauréat 2007, avec la fin des épreuves orales du deuxième groupe. 621 532 candidats se sont inscrits pour les épreuves (52,7% pour le bac général, 27,5% pour le bac technologique et 19,8% pour le bac professionnel). 485 645 élèves de première se sont également inscrits aux épreuves anticipées. Pour l'occasion, il aura fallu transformer en centres d'examens 4 366 lycées. Les 2 400 sujets écrits proposés aux candidats auront généré 4 millions de copies corrigées par quelque 130 000 correcteurs et examinateurs.

 
LES CHIFFRES DU BAC DEPUIS 1960
 
  Années Candidats présents Candidats admis Taux de réussite (%) Proportion de bacheliers dans une génération (%)  
  1960 80 710 59 287 73,5 11  
  1965 159 186 96 924 60,9 12  
  1968 208 460 169 422 81,3 19,6  
  1970 249 120 167 307 67,2 20,1  
  1980 346 954 222 429 64,1 25,9  
  1990 523 345 383 944 73,4 43,5  
  2000 629 189 501 941 73,5 61,7  
  2006 616 329 507 346 82,3 64,6  
 
Source : Ministère de l'éducation nationale / Année 2007
 

 


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