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Le paysage géopolitique asiatique change à la fin des années 1940. Le Tibet, toujours au centre des enjeux de ses puissants voisins, voit son sort scellé par deux événements majeurs : l'indépendance indienne et le désengagement dans la région de la Grande-Bretagne, mais surtout, en 1949, l'instauration de la République populaire de Chine.

Le Tibet intégré à la Chine

Mao Tse Toung
 
L'arrivée au pouvoir de Mao en Chine marque un tournant dans l'histoire du Tibet © H.J. BERNARD
 

La prise de pouvoir de Mao Tse Toung encourage un jeune communiste tibétain, Phuntsok Wangyal à prendre la parole pour demande des réformes, la démocratisation du système et la transformation de la société féodale. Il est rapidement expulsé du territoire. Le gouvernement tibétain lance une "chasse aux sorcières" contre les Chinois. Les relations entre les deux pays s'enveniment. En 1951, l'armée chinoise occupe Lhassa, capitale d'un territoire désormais intégré à la République populaire de Chine.

L'administration, l'économie ou encore l'éducation tibétaines sont contrôlées par les Chinois, qui, en revanche, n'interviennent pas dans la vie spirituelle et respectent l'autorité du dalaï lama.

Ce compromis ne dura pas. Dans les années 1960, après les premières révoltes tibétaines, la Chine renforça son contrôle sur le Tibet et s'en prit aux monastères en détruisant leur patrimoine et en obligeant les moines à travailler.

La modernisation du Tibet
Sous influence chinoise, le Tibet entreprit une réforme de son système économique, une redistribution des terres et l'abolition de la corvée, service obligatoire que les serfs devaient rendre gratuitement à leurs seigneurs et au clergé (culture des terres, transport de denrées, don de biens). La Chine voulut faire de ce territoire une région productive en multipliant les terres cultivables et en créant les premières industries tibétaines. La construction de routes devint également une priorité. Jusqu'au milieu des années 1950, ces avancées permettent une bonne entente relative entre le dalaï lama et Pékin, comme en témoigne une longue visite du chef spirituel en Chine en 1954-1955. Aujourd'hui, la "libération" du Tibet d'une théocratie féodale dépassée est l'argument principal de la Chine pour expliquer sa présence dans la région.

Les premières résistances tibétaines
C'est en 1956 qu'ont lieu les premières actions de résistance tibétaine contre les réformes et la domination chinoise. Les moines, notamment, craignaient une perte d'influence dans la société. En 1959, une rumeur d'arrestation du dalaï lama débouche sur la fuite du chef spirituel en Inde, à Dharamsala, où il réside encore actuellement. Les Tibétains se mobilisent mais leur révolte est réprimée. C'est le début d'un contrôle beaucoup plus étroit de Pékin sur la région, qu'il soit direct, avec l'imposition de réformes radicales, ou plus subtil, avec l'installation encouragée de nombreux Chinois au Tibet. En 1965, le Tibet est officiellement déclarée Région autonome au sein de la République populaire de Chine.

Six mesures pour une réelle autonomie ?

Camp de base de l'Everest
 
Le plus haut monastère du monde. Dans les années 1970, le Tibet s'ouvre au tourisme. © F.X PRÉVOT
 

Avec l'arrivée de Deng Xiaoping au pouvoir en 1976, la Chine s'ouvre économiquement. Plus pragmatique, le nouveau dirigeant va tenter de rétablir une situation sociale et économique très difficile au Tibet. Après une visite exceptionnelle du secrétaire général du Parti communiste chinois au Tibet, six mesures sont adoptées dans le but de rendre plus réelle l'autonomie de la région. Parmi les décisions prises : la création d'une Assemblée populaire régionale à majorité tibétaine, une aide économique plus importante, une exemption d'impôts ou encore le rétablissement de "la culture, l'éducation, la science du Tibet".

La capitale Lhassa s'ouvre au tourisme, ce qui introduit de fait un regard occidental dans la région et amène le Congrès américain à adopter un texte condamnant les violations des droits de l'Homme par la Chine. La fin des années 1980 et le début des années 1990 est marquée par de nombreuses manifestations des moines tibétains, souvent sévèrement réprimées.


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