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Songtsen Gampo, fils de Namri Tsampo, l'un des premiers
rois du Tibet © DR
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Mythe et unification
Le Tibet naît comme entité politique unifiée à
la fin du VIIe siècle, sous la dynastie Yarlung. Les rois et empereurs
de cette dynastie tirent leur légitimité de l'origine mythique
qu'ils prétendent détenir. Ils seraient les descendants du roi
Namri Tsampo, descendu du ciel au IIe siècle avant Jésus-Christ,
et qui aurait donné au territoire une organisation sociale et politique.
Pendant plusieurs siècles, les rois de cette dynastie se succèdent
dans la partie centrale du Tibet. C'est de là qu'à la fin du
VIe siècle le roi Nam-ri-slon-btsan parvient à unifier le territoire.
La volonté de centralisation
C'est le fils de Nam-ri-slon-btsan, Srong-btsan-sgam-po, qui fait du Tibet
une puissance régionale au début du VIIe siècle. Il
dote le territoire d'une organisation centrale, d'une capitale, Lhassa, et
travaille à l'élaboration d'une écriture tibétaine
à partir de l'alphabet indien. Ses successeurs consolideront le Tibet
à l'intérieur et à l'extérieur. Recensement de
la population, mise en place de relations "diplomatiques" avec
les pays voisins et politique de conquêtes territoriales permettent
au Tibet d'assoir sa puissance. Il s'empare notamment, à cette époque,
de larges portions de territoires chinois.
Le boudhisme, religion officielle
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Rituel d'offrandes d'un lama tibétain
© Yvette Gogue
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Les Tibétains, dans leur tradition ancestrale, croyaient à
la présence de dieux et démons qui régissaient leur
vie. Ils vénéraient également certaines montagnes et
pratiquaient des cultes destinés à apaiser les dieux. C'est
à partir du règne de Srong-btsan-sgam-po, au du VIIe siècle,
que le boudhisme pénètre progressivement au Tibet, notamment,
selon la légende, par l'intermédiaire de deux de ses épouses
népalaise et chinoise. Mais c'est à la fin du VIIIe siècle,
sous le règne de Khri-srong-lde-brtsan (755-797), que les premier
monastères et écoles boudhistes apparaissent. Le Tibet est
alors très sensible à l'influence de son puissant voisin indien,
beaucoup plus qu'à la Chine. Une controverse décide donc que
c'est le boudhisme dans sa forme indienne qui sera adopé au Tibet.
Il devient, en 779, religion d'Etat. C'est le début d'un pouvoir croissant
des moines dans le pays.
Le premier dalaï lama
Si le pouvoir religieux prend de l'importance, le pouvoir politique, lui,
se divise. Le Tibet vit une période trouble jusqu'à la fin
du XIIe siècle. Il passe alors sous influence mongole, avec, à
sa tête, un représentant nommé par les Mongols mais détenant
le pouvoir temporel sur le Tibet central. Sa-skya Pandita, issu de l'une
des plus grandes sectes du pays, instaure ainsi le premier gouvernement théocratique
du Tibet.
C'est bien plus tard, après que le pouvoir est passé dans
les mains de plusieurs dynasties concurrentes, que le terme de dalaï
lama apparaît pour désigner ce chef théocratique. A la
fin du XVIe siècle, l'école boudhiste Gelugpa, dite des Bonnets
jaunes, prend de l'importance et s'impose avec l'aide, notamment, du prince
mongol Altan-khan. C'est ce dernier qui décerne alors au chef de la
secte Gyal-ba Rin-po-che le titre mongol de dalaï lama, qui signifie
"océan de sagesse".
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Le Tibet sous domination étrangère