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Depuis la fin des années 1990, la Chine a accru son emprise sur le Tibet, en développement économiquement la région et en y encourageant l'installation de Chinois. Mais les revendications tibétaines ne se sont pas tues. Quelles sont-elles ? Et pourquoi la Chine ne cède-t-elle pas ?

 
L'Everest, fierté du Tibet et de la Chine © G. VERRECCHIA
 
Les ressources tibétaines
Aujourd'hui, la forte population chinoise installée au Tibet est l'une des raisons pour lesquelles la Chine refuse de se désengager. A Lhassa, la capitale, un habitant sur cinq est chinois. Mais ce n'est pas la seule raison. Car le Tibet dispose également de ressources minières (chrome, or, cuivre, plomb), hydroélectriques (avec ses fleuves) et pourrait avoir des réserves de pétrole. Le "Toit du monde", dont les paysages attirent les touristes du monde entier, est également une fierté pour la Chine, qui y fera passer la flamme olympique des JO 2008. L'argument sécuritaire, enfin, est avancé, le Tibet constituant un zone tampon avec l'Inde.

 

Que demandent les Tibétains ?

Dharamsala
 
Moines tibétains en exil à Dharamsala © N. Messner
 

Le Tibet se divise vis-à-vis de la Chine. Le dalaï lama, en exil à Dharamsala en Inde, ne réclame pas l'indépendance du Tibet mais le respect de son autonomie, notamment culturelle. Il entretient avec Pékin une ligne pacifique qu'il vient de réaffirmer en souhaitant se rendre en Chine. Mais il n'en dénonce pas moins "un génocide culturel" dans son pays et le climat de "peur de la répression chinoise" dans lequel vivent les Tibétains. La Chine, pour sa part, a durci sa ligne envers le dalaï lama en l'accusant de fomenter les révoltes et de vouloir "saboter les JO de Pékin". Des allégations sans fondement dans la mesure où le dalaï lama lui-même s'est prononcé contre le boycott des JO, qu'il juge inutile. Il a également demandé l'annulation d'une marche vers le Tibet que de jeunes Tibétains radicaux souhaitaient entreprendre.

Car les jeunes générations, considérant que la position pacifique du dalaï lama ne donne pas de résultats, se radicalisent. Ils ne réclament plus le respect de l'autonomie mais l'indépendance. En mars 2008, des révoltes ont éclaté à Lhassa, la capitale du Tibet, sévèrement réprimées par la Chine.

Qu'en pense la communauté internationale ?
Le Tibet a peu été soutenu, au cours de son histoire, par les grandes puissances. L'Angleterre, mais aussi la France, ont préféré ménager la puissante Chine au cours des XIXe et XXe siècle, malgré des tentatives de rapprochement du dalaï lama. Aucun n'a donc reconnu l'indépendance autoproclamée du Tibet en 1912.

C'est finalement l'Onu qui donnera raison au Tibet pour la première fois à la fin des années 1950, dans le cadre de plusieurs rapports qui reconnaissent que la Chine a violé ses accords internationaux et a commis un génocide. En 1959, l'Organisation internationale adopte une première résolution dans laquelle elle se déclare préoccupée par la question des droits des Tibétains. Elle sera suivie de deux autres, en 1960 et 1965, sans que ces prises de position n'aient de conséquences concrètes. L'année 1989 marquera un tournant et une prise de conscience : le dalaï lama reçoit le Prix Nobel de la Paix.

Aujourd'hui, les puissances occidentales mettent en garde la Chine contre son attitude au Tibet, tout en la ménageant. Si le Premier ministre Gordon Brown s'est dit prêt à recevoir le dalaï lama, la France n'a pas franchi le pas. La question du boycott des JO de Pékin divise aussi les acteurs internationaux. La plupart des pays affirment qu'une telle mesure serait inefficace.


» Lire la suite : La fiche d'identité du Tibet

 


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