Jour par Jour, Ultraroyalistes
1815
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21 août
Election de la "Chambre introuvable"
Alors que depuis la chute de Napoléon les royalistes exercent la Terreur blanche, l’élection des députés se transforme en plébiscite des Ultras. Ceux-ci obtiennent une large majorité et forment ainsi ce que Louis XVIII nommera la "chambre introuvable", manifestant ainsi son étonnement. Bien que le suffrage censitaire du régime ait pour fonction d’éviter l’arrivée au pouvoir des Républicains, la nouvelle chambre s’avère bien plus réactionnaire qu’attendu. Loin de dénoncer la "Terreur blanche" qui se traduit par les persécutions et les assassinats de Républicains, voire de protestants, celle-ci l’institutionnalisera en réclamant notamment le bannissement des régicides et l’exécution des "traîtres" des Cent jours. Voir aussi : Napoléon - Dossier histoire de la Restauration - Ultraroyalistes - Louis XVIII - Terreur blanche - Histoire des Elections
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1815
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26 septembre
Le duc de Richelieu devient Premier Ministre
Loin d’avoir le soutien de la nouvelle Chambre des députés, l’Ancien révolutionnaire Talleyrand est poussé à la démission par Louis XVIII tandis que le ministre Fouché est contraint à l’exil comme l’ensemble des régicides. Le roi nomme alors le duc de Richelieu à la tête du gouvernement. En choisissant un émigré de 1789, Louis XVIII fait clairement une concession aux Ultras. Mais ni le duc de Richelieu ni le roi ne partagent en fait les convictions de la Chambre. Ce dernier reste en effet fidèle à sa conception d’une France qui ne peut revenir à l’Ancien Régime et sait que la Monarchie doit faire des concessions pour exister. Mais la volonté de réconciliation et d’amnistie du duc de Richelieu sera mise en échec par les Ultras. Voir aussi : Dossier histoire de la Restauration - Démission - Ultraroyalistes - Louis XVIII - Monarchie - Histoire de la Politique
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1816
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4 octobre
Une chambre des députés plus modérée
Elue au suffrage censitaire, la nouvelle chambre des députés voit la victoire des Libéraux. Sur quatre cents sièges, les Ultras n’en obtiennent que 150 contre 350 lors de la "Chambre introuvable". Cette élection ouvre une période de relative stabilité pour le régime. Decazes, conseiller du roi et membre du gouvernement, tente d’appliquer une politique de réconciliation. Selon ses propres termes, il souhaite "royaliser la nation et nationaliser le royalisme". Mais cette politique conforme aux vœux de Louis XVIII connaîtra un coup d’arrêt avec l’assassinat du duc de Berry en 1820 et la dégradation de la santé du roi. Voir aussi : Dossier histoire de la Restauration - Ultraroyalistes - Louis XVIII - Libéraux - Decazes - Histoire des Elections
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1820
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31 mars
Premières restrictions de la liberté de la presse
L’assassinat du duc de Berry plonge la France dans une période de réaction et la première traduction de ce climat concerne la presse. Moins d’un an après sa libéralisation et moins de deux mois après la mort du duc, les Ultras deviennent très influents et obtiennent le musellement de la presse. Ainsi, avec la loi qui suivra en 1822, le « délit d’opinion » est créé tandis qu’il sera désormais possible de punir un journal pour son « esprit ». Il faudra également une autorisation préalable pour diffuser un journal. Voir aussi : Dossier histoire de la Restauration - Ultraroyalistes - Histoire de la Liberté de la presse - Histoire de la Presse
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1820
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juin
Loi dite du "double vote"
Le suffrage subit une nouvelle modification mais, contrairement à la loi de 1817, le changement se fait au détriment des Libéraux et en faveur des Ultras. Ainsi, alors qu’en 1817, le nombre d’électeur avait été étendu, la nouvelle loi étend la portée du vote des plus riches. En effet, ces derniers seront autorisés à voter deux fois. Cette loi, dite du double vote, permet l’élection d’une majorité ultraroyaliste qui va mettre fin aux avancées libérales et amorcer un nouveau tournant vers l’Ancien Régime. Voir aussi : Dossier histoire de la Restauration - Ultraroyalistes - Libéraux - Suffrage censitaire - Histoire des Elections
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1821
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14 décembre
Le comte de Villèle arrive à la tête du gouvernement
Le comte Villèle, représentant des Ultras, est nommé à la tête du gouvernement. Son association avec une chambre qui lui est largement favorable et le pouvoir déclinant de Louis XVIII dû à son état de santé permettront la mise en place d’une politique particulièrement réactionnaire. Ainsi l’Etat donne son soutien à l'Église, finance ses missions et lui donne les rennes de l’enseignement tandis que la liberté de la presse disparaît. Alors que les cinq dernières années s’étaient déroulées sans troubles, les premiers soulèvements se produisent dans Paris et quelques grandes villes entre 1820 et 1822. Mais ils ne bénéficient pas d’un véritable soutien populaire. Voir aussi : Histoire de Paris - Dossier histoire de la Restauration - Ultraroyalistes - Louis XVIII - Histoire de la Liberté de la presse - Histoire de la Politique
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1824
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6 mars
Election de la "Chambre retrouvée"
Les élections au suffrage censitaire donnent à nouveau une large majorité aux Ultras. Les Libéraux sont réduits au nombre de 19 sur 430 députés. Cette nouvelle domination écrasante des royalistes est surnommée « la chambre retrouvée » en référence à la chambre de 1815 connue sous le nom de « Chambre introuvable » selon une expression de Louis XVIII. Ce dernier a d’ailleurs délaissé en partie son pouvoir pour des raisons de santé. Cette situation a permis au comte d’Artois, son frère cadet et futur Charles X, de s’affirmer sur le terrain politique. Voir aussi : Dossier histoire de la Restauration - Charles X - Ultraroyalistes - Louis XVIII - Libéraux - Histoire des Elections
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1825
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23 mars
Loi du milliard des émigrés
La chambre vote une loi en faveur des émigrés spoliés pendant la Révolution. Ainsi, une somme légèrement inférieure à un milliard de Francs doit être partagées entre cinquante milles nobles en l’espace de cinq ans. Toutefois, cette loi permet aussi de régler définitivement le problème des biens nationaux. Leur possession par l'Etat est de fait entérinée. Mais l’attribution d’une telle somme à une minorité reste révoltante aux yeux de la majorité de la population. Charles X et les Ultras, forts d’une période de grâce qui a suivi le sacre du roi, ne sont toutefois pas décidés à faire plus de compromis. Leur notoriété va alors aller décroissante. Voir aussi : Dossier histoire de la Restauration - Charles X - Ultraroyalistes - Privilèges - Histoire de la Politique
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1825
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20 avril
Loi du sacrilège
Après avoir donné le contrôle de l’Université à l’Eglise, les Ultras poursuivent leur volonté de "re-chritianiser" la France. Ainsi, et malgré les protestations de grands noms tels Chateaubriand, la loi du Sacrilège érige au statut de crime le vol dans une Eglise ou la profanation des hosties. Puni par des travaux forcés, un tel acte devient l’équivalent d’un parricide. Mais cette loi, abrogée en 1830, ne sera en fait jamais appliquée. Le gouvernement perd progressivement son influence et les tentatives Ultras pour aller plus loin en rétablissant le droit d’aînesse ou pour réprimander plus durement la presse se soldent par des échecs. Voir aussi : Dossier histoire de la Restauration - Ultraroyalistes - Chateaubriand - Eglise - Histoire de la Politique
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1825
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30 novembre
Obsèques du général Foy
Général de l’Empire ayant participé aux Cent Jours puis député libéral, le général Foy a bénéficié d’une grande popularité. Lors de ces obsèques près de 100 000 personnes défilent dans les rues de Paris. En plein état de grâce de Charles X et des Ultras, cet hommage populaire rendu à un opposant dissone et semble être un premier avertissement, d’autant plus que le rassemblement se transforme rapidement en manifestation assez violente et explicitement hostile au pouvoir. Voir aussi : Dossier histoire de la Restauration - Charles X - Ultraroyalistes - Manifestation - Histoire des Cent jours - Histoire des Décès
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1827
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24 juin
Rejet de la loi "Justice et amour"
La loi "Justice et amour", destinée à définitivement museler la presse française est mise en échec par la Chambre des députés. Les royalistes modérés s’avèrent de plus en plus hostiles à un gouvernement qui refuse d’être en phase avec la société post-révolutionnaire et qui rêve encore au retour d’un régime digne de Louis XIV. Menée par Chateaubriand, qui ne partage pourtant pas tout à fait les aspirations des Libéraux, cette fronde achève de déstabiliser le pouvoir. Pour rétablir l’ordre, Charles X décidera de dissoudre la Chambre, mais cela ne sauvera pas Villèle qui ne lui survivra pas longtemps. Voir aussi : Dossier histoire de la Restauration - Charles X - Ultraroyalistes - Libéraux - Chateaubriand - Histoire de la Presse
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1827
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24 novembre
Retour des libéraux à la chambre des députés
Après la dissolution de la Chambre par Charles X, les élections législatives de 1827 ont fait l’objet d’une campagne acharnée qui a vue gauche et droite s’allier contre les Ultras. Les Libéraux, réagissant à la loi de 1824 dite "du double vote", ont réussi à faire s’inscrire près de 15 000 votants supplémentaires. La "Chambre retrouvée" tombe pour faire place à un équilibre entre Libéraux et partisans du gouvernement. Les royalistes extrémistes ne conservent que 75 sièges. Privé de majorité, Villèle démissionnera au mois de janvier suivant. Voir aussi : Dossier histoire de la Restauration - Loi - Charles X - Ultraroyalistes - Libéraux - Histoire des Elections
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1828
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4 janvier
Martignac remplace Villèle
Face à la nouvelle situation politique qui ne lui est plus aussi favorable, Charles X approuve la démission de Villèle et appelle un modéré au gouvernement : le vicomte de Martignac. Faute de la comprendre lui-même, comme s’était efforcé de le faire Louis XVIII, le roi laisse son nouveau ministre tenter la réconciliation entre la royauté et la nation. Mais la rupture est consommée entre Libéraux et Ultras et les positions sont plus radicales. Durant un an et demi, Martignac sera pris en tenaille entre des Royalistes qui le jugent trop libéral et des Libéraux qui l’estiment trop royaliste. Quant au soutien de Charles X, il sera inexistant. Parmis ses mesures, Martignac parviendra à établir un retour aux dispositions de 1819 concernant la liberté de la presse. Voir aussi : Dossier histoire de la Restauration - Charles X - Démission - Ultraroyalistes - Histoire de la Liberté de la presse - Histoire de la Politique
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1829
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8 août
Martignac remplacé par Polignac
Après avoir tenté de gouverner un an et demi en proposant des compromis qui ne satisfaisaient personne, Martignac est relevé de ces fonctions par le roi. Mais Charles X, faute d’être un habile politicien, décide de résoudre la crise en passant outre les aspirations de la Chambre et du peuple. Il forme un gouvernement réactionnaire où sont rassemblés anciens chouans et symboles de la "Terreur blanche". A la tête de ce gouvernement, il place le prince de Polignac, émigré ultra. Face à cette situation l’opposition s’organise avec à sa tête La Fayette tandis que Thiers soutient le parti des Orléanistes. Voir aussi : Dossier histoire de la Restauration - Ultraroyalistes - Louis-Philippe - Thiers - Histoire des Chouans - Histoire de la Politique
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