Fondée en 1945, l’Organisation des Nations Unies a pour fonction d’assurer la paix et la sécurité internationales. Après deux conflits mondiaux, la tâche est rude et les États membres, dont elle dépend en grande partie, sont loin de la lui faciliter. Au cours des années et des nombreuses guerres qui éclatent un peu partout sur le globe, l’ONU tente d’intervenir au mieux, parfois avec succès, mais souvent avec impuissance. La fondation de l’ONUL’Organisation des Nations Unies est fondée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Au cours du conflit, les représentants des Etats-Unis, de l’URSS, de la Grande-Bretagne et de la Chine se réunissent plusieurs fois afin de former une alliance contre les puissances de l’Axe (Allemagne et Italie). Face à l’échec de la Société des Nations, créée en 1920 pour assurer la paix européenne, ils envisagent rapidement la création d’une organisation plus puissante, capable d’éviter un autre conflit mondial. Lors de l’une de leurs rencontres, en janvier 1942, à Washington, Roosevelt, Churchill et les représentants chinois et soviétique signent la Déclaration des Nations Unies. Inspirée de la Charte de l’Atlantique, celle-ci renforce davantage leur alliance dans un effort de guerre commun. Vingt-deux autres États ratifient alors le document. D’autres réunions s’organisent par la suite, jusqu’à la Conférence de San Francisco, durant laquelle cinquante et un pays approuvent la Charte des Nations Unies. Lorsque celle-ci est ratifiée le 24 octobre 1945 par la majorité d’entre eux, l’Organisation des Nations Unies naît officiellement. Instrument permettant de maintenir la paix et d’assurer la coopération internationale, l’ONU se compose de six organes principaux, dont les plus importants sont l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité. L’Assemblée générale permet aux différents membres de délibérer sur des questions n’émanant pas des compétences du Conseil de Sécurité. Ce dernier, dont les cinq membres permanents sont les Etats-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, la France et la Chine, a pour mission de maintenir la paix et la sécurité du monde. Selon la Charte, il détient le pouvoir d’imposer ses décisions aux différents États membres. L’ONU, gelée par la Guerre froideLa première Assemblée générale se déroule à Londres, dès janvier 1946, suivie bientôt de la réunion du Conseil de sécurité. Mais le début de la Guerre froide gèle les actions de l’Organisation. En effet, les relations entre les deux plus grandes puissances (Etats-Unis et URSS) se dégradent de plus en plus et de nombreuses décisions de l’ONU sont bloquées par les droits de veto abusifs qu’elles utilisent. Dans ce contexte difficile, l’ONU tente comme elle peut de régler les conflits mondiaux : en 1947, elle prend la décision de scinder la Palestine, donnant naissance à un long conflit israélo-arabe. Lorsque l’URSS boycotte le Conseil de sécurité de l’ONU, qui rejette l’adhésion de la Chine populaire, l’Organisation en profite pour intervenir au cœur de la guerre de Corée, en 1950. Lors de la crise du canal de Suez, l’ONU met en place la FUNU, mais cette résolution fait suite aux demandes de l’URSS et des Etats-Unis. Enfin, l’envoie de forces spéciales dans l’ex-Congo belge, en 1960, se solde par un échec et vaut seulement à l’ONU la désapprobation de l’URSS. L’ONU dépend totalement du bon vouloir des grandes nations, les seules à pouvoir fournir les hommes (casques bleus) et les moyens nécessaires aux règlements des conflits. De surcroît, ces dernières forment le Conseil de sécurité, organe détenant le plus de pouvoir. Dès le début des années 1960, la décolonisation devient l’un de ses principaux objectifs, et de nombreux pays du tiers monde ratifient la Charte. Mais les succès ne sont pas toujours flagrants, comme en témoigne son inefficacité dans le Sud-Ouest africain, en 1966. Les années de détente, de 1962 à 1975, sont loin d’améliorer la situation de l’ONU. En effet, les Etats-Unis et l’URSS se passent de ses services pour régler leurs différends. De plus, l’intégration de nombreux pays du tiers-monde rend ceux-ci majoritaires à l’Assemblée nationale. L’Occident devient alors la cible de la plupart des résolutions mentionnées. Pour cette raison, les pays industrialisés s’efforcent de réduire au maximum le poids de l’ONU, montrant une fois de plus la dépendance de celle-ci vis-à-vis d’eux. L’ONU trouve difficilement sa légitimitéÀ la fin des années 1960 jusqu’au début des années 1970, l’ONU disparaît quasiment de la scène internationale. Elle est contrainte de fermer les yeux sur de nombreux événements, tels que le Printemps de Prague, la fin du conflit au Viêtnam, l’entrée de l’URSS en Afghanistan ou encore l’éclatement de la guerre entre l’Iran et l’Irak. Elle se concentre alors principalement sur ses fonctions humanitaires, par le biais de ses nombreux organismes, tels que l’Unesco, l’Unicef, la FAO ou l’OMS. Mais lorsque les blocs commencent à s’effacer, notamment avec la chute du mur de Berlin et l’éclatement de l’URSS, l’ONU bénéficie à nouveau d’un certain poids dans les conflits régionaux. Elle recourt par exemple à tous les pouvoirs qu’elle possède pour mettre fin à l’invasion irakienne au Koweït. De même, elle connaît d’autres victoires, telle que la réussite de l’Apronuc au Cambodge. Toutefois, l’ONU ne jouit pas longtemps de ses succès. Dans les années 1990, les conflits qui éclatent en Somalie, en Yougoslavie, en Angola ou au Rwanda mobilisent l’Organisation, qui ne parvient jamais à instaurer la paix. De même, ce n’est pas elle, mais l’OTAN qui intervient à la fin des conflits en Yougoslavie. Elle montre également son impuissance lors de la guerre en Irak, menée par George Bush dès 2003. Difficile dans ce cas d’assurer sa légitimité. D’autant plus qu’elle reste sous la dépendance des États membres, supposés lui fournir les fonds nécessaires à son action. Elle tente alors d’améliorer la situation par de légères refontes de la structure, comme en témoigne la création de la Cour pénale internationale et du Conseil des droits de l’homme. Ainsi, l’Organisation des Nations unies se heurte à de nombreuses difficultés au niveau international. Elle a souvent cherché à mener sans encombres de nombreux pays vers l’indépendance. Mais ne disposant pas du droit d’ingérence (comme le stipule la Charte des Nations unies), il lui est difficile de protéger un peuple dans un pays en conflit. De plus, elle bénéficie rarement de l’aide des pays membres lorsque ceux-ci ne trouvent pas leur intérêt dans une situation. Même si ses missions humanitaires ont permis d’améliorer les conditions de vie de certaines populations, l’ONU a encore du chemin à parcourir avant d’assurer de façon permanente et légitime son rôle initial.
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