Cette année sont commémorés les 40 ans de la révolte de mai 68. Vous avez été témoin ou participant des événements ? Partagez vos souvenirs sur L'Internaute.
Quel âge aviez-vous en mai 68 ? Quelle était votre situation et où habitiez-vous ?
À 37 ans, cadre dans une entreprise de 800 personnes, de la région Chartraine.
Comment avez-vous vécu les événements ?
Entreprise décentralisée de la région Parisienne nous avions réputation de bien rémunérer les employés, mais Chartres vivait à l'ombre de la Cathédrale et le maire de Chartres refusant que ma société s'établisse sur la commune avait dit en plein conseil : "si nous acceptons que les entreprises viennent s'établir à Chartres, où irons nous chercher nos "bonnes" (ce qui lui a valu sa place aux municipales suivantes)". Ceci explique un peu mai 1968, un ras le bol du puritanisme et l'envie de libération du "on ne doit pas". Notre directeur a été séquestré, pour que la CGT ne soit pas en reste, nous les cadres, avons été interdits d'entrée, jusqu'à la création immédiate de notre syndicat CGC, et l'on a pu alors assister à la bonne chair, arrosages de tous crus, danses, et même beaucoup plus "quand affinité". Il faut tout de même bien dire que c'était un peu le "bordel" dans tous les sens du terme.
Quels sont les faits ou les événements qui vous ont le plus marqué ?
D'abord de constater avec tristesse l'agressivité de certaines personnes qui la veille étaient tout sourire, ensuite mesurer la dangerosité de certains groupes n'observant plus aucune règle, leur retour à l'état bestial, prêts à cogner ou tout casser. Et comme toujours des personnes qui semblaient sans envergure, qui raisonnent empêchent l'irréparable, devient les sages.
Aujourd'hui, quelle image gardez-vous de mai 68 ?
D'un grand bazar, plutôt négatif pour ce qui a été du résultat. Dégradation des entreprise, début des décentralisations, et pas d'avantages significatifs pour les compagnons ou employés, en tout cas des "bonis" rapidement disparus.
Viviane Guingueno Perreux
J'ai vu des ouvrières les poignets attachés à la machine par des chaînes qui tiraient les bras en arrière pour qu'ils ne soient pas écrasés par la presse au cas où l'ouvrière oublierait de les retirer : elle est où la bestialité ?