Cette année sont commémorés les 40 ans de la révolte de mai 68. Vous avez été témoin ou participant des événements ? Partagez vos souvenirs sur L'Internaute.
Quel âge aviez-vous en mai 68 ? Quelle était votre situation et où habitiez-vous ?
J'avais 25 ans à cette époque et je travaillais plus de 40 heures par semaine d'un travail dit "à la chaîne". J'habitais près de Honfleur, en Normandie.
Comment avez-vous vécu les événements ?
Très mal, puisqu'il s'agissait des grèves, des barricades annonciatrices de désordres et de débordements en tous genres qui ont commencé par les étudiants.
Quels sont les faits ou les événements qui vous ont le plus marqué ?
Cela ressemblait aux évènements de 1958 où tout le monde commençait à se méfier de tout le monde, perdant ainsi toutes crédibilités puisque ceux qui s'étaient engagés étaient devenus des vrais extrémistes enrôlés pour en découdre avec tout ce qui bougeait.
Aujourd'hui, quelle image gardez-vous de mai 68 ?
Avec le recul, cela a été une nécessité dans l'évolution des pensées et des non-dits. Les personnes ont pu s'exprimer, peut-être un peu trop, puisque nous en récoltons, encore, certains mauvais fruits aujourd'hui, je veux parler, en particulier, de l'éducation Nationale qui est devenue un Etat dans l'Etat. Ceci n'est pas acceptable lorsque l'on est commis de l'Etat ou alors on choisit un autre métier dans le secteur civil. On a tous le choix... Celui de servir... Ou... Celui de partir.
Viviane Guingueno Perreux
On peut aussi choisir celui d'éduquer. Le métier d'instituteur ou de professeur est devenu tellement difficile qu'il faudrait, au lieu de les critiquer, les encourager et les soutenir. Ils n'ont pas une place facile entre les programmes qu'on leur impose, la pression des parents et l'obligation de faire régner le calme dans les classes. Si ça continue, plus personne ne voudra exercer ces merveilleux métiers. C'est grâce à une maîtresse d'école patiente et dévouée que je peux taper sur le clavier aujourd'hui
Viviane Guingueno Perreux
On n'a aussi le choix d'éduquer. Coincés entre le programme scolaire, la pression des parents, certains élèves difficiles, les instituteurs et les professeurs font un travail formidable. Au lieu de les critiquer, il serait plus utile de les soutenir et de les encourager. Que personne n'oublie que si nous pouvons communiquer aujourd'hui en tapant sur nos claviers c'est grâce à un maître ou une maîtresse d'école patients et dévoués !