Le dernier poilu de la Première guerre mondiale, Lazare Ponticelli, est mort à l'âge de 110 ans, le 12 mars 2008. Il doit recevoir des obsèques nationales pour ses funérailles. A travers lui seront honorés les 8,5 millions de soldats français de la guerre de 14-18. Qu'en pensez-vous ?
Que pensez-vous d'organiser des obsèques nationales pour le derniers des "poilus" ?
Monsieur Ponticelli que nous avons découvert à la télévision nous a rappelé que la guerre de 14-18 fut terrible, que la barbarie avait duré quatre longues années. Avec une grande modestie il nous a fait entendre qu'il ne voulait pas d'obsèques nationales, eu égard à tout ce qu'avaient vécu ses frères d'armes disparus à Verdun ou sur la ligne de front. Rendons à tous ces soldats un hommage national pour que les jeunes générations se souviennent, que malheureusement il a fallu faire la guerre pour rester libre.
Que représentent pour vous des obsèques nationales ?
Les obsèques nationales seront la reconnaissance d'un peuple à ses aînés, vaillants soldats, pris trop jeunes à leurs familles dans la tourmente de l'histoire. Mais n'oublions jamais que l'histoire est un perpétuel recommencement, et que pour éviter les guerres il faut sans cesse travailler à la paix.
Le dernier des poilus est un Français d'origine italienne arrivé en France durant son enfance. Cela a-t-il une importance pour vous ?
Monsieur Ponticelli nous a montré sa vie durant que l'origine n'est pour rien dans la bravoure, vivant en France, lorsque la guerre a éclaté il est parti au front avec des millions de jeunes gens de son âge pour défendre la patrie. Pareille abnégation, quoi de plus magnifique. A la fin de la guerre il a été conduit en Italie pour se battre au Tyrol avec l'armée italienne. Il restera pour toujours une figure emblématique de l'histoire de la 1ère guerre mondiale. A travers lui tous les soldats de 14 18 sortiront un peu de l'anonymat et ce sera justice.
Paule Pic
C'est bien la moindre des choses de rendre hommage à un combattant de 14/18 - il y en a tant qui sont morts dans l'anonymat à 20 ans, pour rien - ce qui a détruit des familles à jamais -