Si les femmes ont souvent été oubliées par l’Histoire, certaines sont parvenues à laisser leurs empreintes au cœur de sociétés dominées par les hommes. Quelle femme avez-vous retenue dans l’histoire de la politique, de la science ou de la société ?
Quel personnage historique féminin admirez-vous ? Pourquoi ?
Moi, car j'ai réussi à rester belle après avoir vécu cinq ans d'idylle "normale" avec un homme qui a grandi, et s'est révélé, dans sa vie d'adulte, être un personnage violent, intolérant qui me torturait, me frappait et me dévalorisait devant nos enfants. Plus six autres années, où il s'est journellement attaqué à moi de toutes les façons revanchardes possibles.
A-t-elle eu à résister contre les idées reçues de l'époque ? Cela la rend-elle d'autant plus admirable ?
J'ai réussi à "gérer" mes blessures d'orgueil, oublier ce que nous avions vécu de joli, afin de me battre d'heures en heures pour ne pas sombrer, pour garder mon intégrité mentale et physique, communiquer sur les choses essentielles et garder l'intégrité de la cellule familiale. J'ai réussi à "briefer" les enfants sur les motivations des désaveux de toutes les personnes que leur père avait fédéré autour de lui, sa famille (à part une belle-soeur par alliance, la seule personne intelligente), mon propre père (que je dérangeais déjà avec mon esprit rebelle), ma propre et unique soeur (qui a grandi et s'est développée dans la haine que lui inspirait ma personne, pour me "dépasser"), nos amis en couple parce qu'il fallait désigner une coupable (la pomponnette, bien que je n'aie jamais été infidèle, même en pensées, que je n'ai tiré aucun avantage pécunié, trop occupée à sauver ma peau, et ne pas laisser prise à la critique - en vain - sur aucun sujet vulgaire. Les idées reçues, j'en rencontrais à l'enfance, j'en rencontrerai encore tous les jours car je ne gémis ni ne me plaint, mais "me reconstruis" de jours en jours afin d'assumer mes responsabilités si je constate que l'autre parent ne les assume pas au niveau moral et affectif (hélàs... ). Je laisse aux enfants la possibilité de voir leur papa tous les week-ends, ainsi que les personnes qui m'ont définitivement tourné le dos, savaient mais ont fait l'impasse sur les hématomes que j'ai fini par montrer. Ainsi que leur grand-mère, ainsi elles connaissent l'histoire et ont toute latitude pour comprendre l'énigme qui a fait que de petites phrases continuent de me dévaloriser à leurs yeux car la réputation d'une personne est souvent brisée : "il n'y a pas de fumée sans feu" et dans tout groupe humain, il faut un bouc émissaire. Cela est risqué, mais je préfère que leur curiosité puisse s'exercer et je hais les secrets et les non-dits dans les relations humaines, surtout au sein de la cellule familiale, ferment du pire, jolie façade. Où l'on brise si volontiers les "âmes" un peu réactives. A l'image, hélas, de ce qui se passe dans la société si cela ne sert pas ses intérêts.
Quel héritage a-t-elle laissée ? Que retenez vous vous de sa vie ?
J'en retiens qu'être sensible n'est pas un gage de popularité, que la franchise s'opère surtout quand il s'agit de montrer les faiblesses d'autrui. J'en retiens que certaines personnes de bonne volonté peuvent être totalement mises à la marge, même si au départ, cela n'était pas leur volonté et que devenir un "personnage" est commode. Je retiens qu'il vaut mieux se préoccuper de soi quoiqu'il arrive, pour pouvoir être forts et savoir aider les vrais nécessiteux.
Selon vous, les femmes doivent elles encore lutter plus durement pour accéder à autant de reconnaissance ?
Les femmes sont devenues libres, mais elles ont des combats d'arrière-garde, au sujet notamment de la sexualité : nous n'avons pas à nous "épanouir" dans ce domaine si nous n'accédons pas à d'autres privilèges plus urgents. Nous ne vivons pas dans une série américaine (où les femmes les plus smart boivent des cocktails et portent des chaussures qui leur font mal et disent des gros mots, tout le monde ne semble pas savoir combien l'Amérique est pudibonde), et nos mères ont lutté pour la pilule. Donc de devenir les sujets des hommes qui ne trouvent d'émancipation et d'échappatoire, que sur le plan -facile et à la portée de tout consommateur- du sexe. Je ne veux pas que mes filles s'émancipent de cette façon, même si elles ont l'air plus idiotes que leurs copines qui gloussent en racontant leurs "exploits"... Les femmes sont encore tournées en ridicule, il m'arrive de le faire. Elles n'ont pas enduré la violence domestique et se font les chantres et grandes défendeuses de causes qu'elles caricaturent sans vécu. Je n'aime pas les chiennes de garde, qui ne savent pas le désarroi des hommes que l'on caricature et instrumentalisent dans cette société impitoyable. Elles ne savent pas que leur arrogance libératoire, certes, hum, infantilise encore plus les hommes et elles doivent juste s'attacher à réclamer ce qui leur agrée, sans vouloir plaire à un système ou une organisation sociétale qui en fait des choses merveilleuses de "sensibilité" alors qu'elles adoptent le pire de l'homme. En résume : la guerre des sexes ne doit pas avoir lieu, et la mère du géniteur de mes enfants doit jeter aux orties tous les manuels qui l'ont aidée à devenir une marionnette désensibilisée au point d'avoir fait un monstre de son fils.
Ben
Bonjour, C'est incroyable, vous m'avez entièrement captivé de par votre capacité littéraire et votre clairvoyance d'esprit. Je pourrai, si je le voulais, argumenter encore, mais ce n'est hélas pas le but recherche lors d'une réaction... Sachez, Madame, que je compatis pleinement a propos de votre vécu, et particulièrement pour vos enfants. L'idée ridicule qu'un homme puisse battre sa femme m'indigne terriblement et le seul fait d'y penser fait jaillir en moi une profonde haine viscérale. Ce n'est pas de la psychanalyse freudienne, chacun sait que l'épanouissement du métabolisme psychique d'un enfant passe avant tout par les relations qu'entretiennent ses parents tout au long de leur vie, inconsciente ou pas... Et malheureusement le rôle de la famille d'aujourd'hui se retrouve relégué au second rang dans le monde occidental, le mariage est bafoué et l'identité des sexes se bat sur le mauvais terrain argumentatif, il est temps de ce rendre conte de l'influence d'une ambiance malsaine sur sa progéniture, ce que les hommes, ces être pathétiquement décervelé font assez mal. Je terminerai sur cette phrase de Victor Hugo, je cite: "Une grande liberté nécessite de grande responsabilité". Madame, je dépose mes respects et ma compassion à vos pieds
Inès
" La plupart des honnêtes femmes sont des trésors cachés, qui ne sont en sûreté que parce qu'on ne les cherchent pas" Duc de la Rochefoucauld Bonne chance ma chère et surtout bon courage, allez en avant et gardez l'espoir car malgré tout, là où il y a de la vie, il y a de l'espoir !
Michèle
Finesse et intelligence... Ça fait du bien de temps en temps. Courage ma belle et laisse les loups hurler entre eux