Le premier souhait exprimé par Nicolas Sarkozy en tant que Président de la République a été de faire lire dans les lycées à chaque rentrée scolaire la lettre d’adieu du jeune résistant Guy Môquet, fusillé à 17 ans en 1941. Instrumentalisation politique de l’émotion ou au contraire véritable hommage à la Résistance… Que pensez-vous de la lecture de cette lettre ? Participez
Lecture passive Pascale, Domont Que pensez-vous de cette mesure ? Cette circulaire revêt un caractère d'obligation douteux, sans préparation ni suivi pédagogique. De plus, le choix du personnage est douteux et bien peu historiquement représentatif. Pourquoi pas Jacques Decour, professeur agrégé d'allemand, écrivain et résistant, fusillé par les Allemands au Mont Valérien le 30 mai 1942 ?
Selon vous, l’école publique a-t-elle pour mission d’entretenir le devoir de mémoire ? Bien sûr que c'est une de ses missions, mais dans un cadre de progrès et de compréhension internationale, notamment franco-français et franco-allemand. D'où ma proposition de Jacques Decour, professeur, traducteur de Goethe et résistant.
Pensez-vous que cette lecture soit suffisante pour faire connaître la Résistance aux jeunes générations ? Quels autres textes pourrait-on lire aux lycéens ? Une lecture subie sans remise dans le contexte et sans activité "participative" des élèves sera au mieux une écoute polie. L'approche de ce qu'était la Résistance doit être vivante, imagée et active. Les visites de certains lieux comme le camp de Natzweilher-struthof ou Oradour prennent certainement plus aux tripes que l'écoute d'une lettre aux parents, dont les ados n'ont même plus l'usage en colo. La lecture de la dernière lettre de Jacques Decour et la description qu'en fait sa soeur, peut-être ; le livre de Rita Kramer sur le réseau Prosper et bien des livres sur la Résistance parus en France et dans le monde. De nombreux sites sont très bien documenté, illustrés et analysés.