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Naissance de la tragédie
Comme le révèle son étymologie qui superpose "bouc" et "chant", la tragédie naît des célébrations religieuses consacrées à Dionysos. Faisant jouer trois acteurs face à un chœur, la tragédie évoque la destinée de l’homme et sa confrontation avec les Dieux. C’est à Athènes et lors du siècle suivant qu’elle va devenir le genre littéraire majeur, l’aspect politique prenant peu à peu le dessus sur le caractère religieux. Eschyle, Sophocle et Euripide en seront les principaux représentants au Vème siècle avant J.C. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Histoire de la Tragédie grecque - Histoire du Théâtre
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Eschyle présente "Les Perses"
Eschyle fait représenter "Les Perses" à Athènes. C’est la plus ancienne tragédie grecque dont le texte nous soit parvenu : elle évoque la seconde guerre médique et notamment la bataille de Salamine. Ayant lui-même combattu lors de ces guerres, Eschyle en fait des descriptions violentes et crues, mais surtout, cet auteur va révolutionner le genre en faisant apparaître plusieurs acteurs et non plus seulement un narrateur accompagné du chœur. Voir aussi : Histoire d'Athènes - Dossier histoire de la Démocratie athénienne - Dossier histoire de la tragédie - Dossier histoire des Guerres médiques - Histoire de la Tragédie grecque - Histoire du Théâtre
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Première de "l'Orestie"
"L’Orestie", d’Eschyle, est présentée pour la première fois à Athènes. Seule trilogie complète de cette époque dont on a encore le texte, elle met en scène avec force les mystères de la destinée à travers la malédiction des Atrides. Les thèmes de la vengeance mais surtout de la justice et du droit traversent et donne à l’œuvre toute sa signification. Les cycles mythologiques de la tragédie grecque traverseront les siècles et réapparaîtront dans le théâtre à partir de la Renaissance. Voir aussi : Histoire d'Athènes - Dossier histoire de la Démocratie athénienne - Dossier histoire de la tragédie - Histoire de la Tragédie grecque - Eschyle - Histoire du Théâtre
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Sophocle écrit "Œdipe-roi"
Sophocle écrit "Œdipe-roi", tragédie retraçant le destin sanglant d’Œdipe, meurtrier involontaire de son père et coupable d’inceste avec sa mère. Digne successeur, mais aussi concurrent d’Eschyle, Sophocle innove dans la forme de la tragédie et donne une part plus grande à la volonté humaine. Mais celle-ci se heurte violemment à la fatalité : ainsi, malgré les précautions de ses parents et les siennes, Œdipe ne peut échapper au destin formulé par l’Oracle. Outre l’influence considérable de cette tragédie dans la littérature et le théâtre, Œdipe-roi est le support de la thèse du complexe d’Œdipe. Toutefois, sans remettre en cause la valeur psychanalytique de la théorie de Freud, cette interprétation du texte est très controversée. Voir aussi : Histoire d'Athènes - Dossier histoire de la Démocratie athénienne - Dossier histoire de la tragédie - Histoire de la Tragédie grecque - Eschyle - Histoire du Théâtre
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mars
Euripide présente "Les Troyennes"
Symptôme d’une génération, Euripide présente une nouvelle œuvre où sa foi dans les Dieux et les traditions s’avère critique. Ainsi, "Les Troyennes" évoque non plus la gloire des combats mais le malheur qui en résulte. Euripide intègre en effet dans ses pièces un facteur social, et explore les conflits intérieurs. Bien qu'il soit reconnu comme l’égal d’Eschyle et de Sophocle pour son talent, le scepticisme d’Euripide ne sera pas toujours du goût des Athéniens. Voir aussi : Histoire d'Athènes - Dossier histoire de la Démocratie athénienne - Dossier histoire de la tragédie - Histoire de la Tragédie grecque - Euripide - Histoire du Théâtre
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1583
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Robert Garnier écrit "Les Juives"
Dans un contexte de Renaissance tournée vers l’art grec et l’apparition de la langue française, Robert Garnier donne, avec "les Juives", les premières lettres de noblesse à un genre dramatique qui va devenir essentiel en France : la tragédie. Si Garnier a souvent repris les mythes grecs, il s’inspire ici de l’Ancien Testament et retrouve tout le sens religieux et politique du registre tragique. La réalité des guerres de religion transparaît en effet dans une œuvre qui pose la question des responsabilités face aux massacres religieux. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Histoire du Théâtre
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1595
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29 janvier
Première présentation de "Roméo et Juliette"
Shakespeare fait représenter pour la première fois la tragédie amoureuse "Roméo et Juliette". L’histoire, devenue aussi universelle que Tristan et Iseult, est inspirée d’une nouvelle de Matteo Bandello, écrivain italien de la première moitié du XVIème siècle. Comme dans les tragédies grecques, deux familles sont soumises à un destin de haine, sans que chacun en connaisse les raisons et ne cherche à les comprendre. Ainsi, l’inimitié entre Capulet et Montaigu apparaît comme une fatalité qui aboutit à la mort des deux amants. Mais ce dénouement dramatique permet aussi la réconciliation des deux familles. L’histoire inspirera de nombreux compositeurs, comme Berlioz ou Bellini, mais aussi des cinéastes. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Shakespeare - Histoire du Théâtre
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1601
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Shakespeare présente "Hamlet"
Shakespeare fait représenter pour la première fois son célèbre drame "Hamlet", connu de tous pour son vers "être ou ne pas être, là est la question". Elle y met en scène le destin tragique d’un jeune prince Danois, Hamlet, qui doit venger son père. Le héros est marqué par son irrésolution face au destin qui doit pourtant s’accomplir. Le pourrissement de la morale féodale et l’ironie face à la mort font d’Hamlet une des tragédies les plus universelles de la littérature. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Shakespeare - Histoire du Théâtre
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1606
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"Macbeth" sur les planches
Shakespeare achève sa dernière grande tragédie : "Macbeth". Après les révélations de trois sorcières qui ne sont pas sans rappeler les oracles de la tragédie grecque, Macbeth devient rongé par l’ambition. Il monte sur le trône après une série de meurtres et devient un tyran sanguinaire. Cette dernière tragédie du crime et de l’ironie de l’existence influencera beaucoup les romantiques. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Shakespeare - Histoire du Théâtre
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1636
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décembre
Représentation du "Cid" de Corneille
La représentation du "Cid" de Corneille est un véritable succès. Le dramaturge y met en scène Rodrigue, très épris de la belle Chimène. Les conflits qui sévissent entre leurs parents l’amène à choisir entre son honneur et son amour. Il optera finalement pour la première solution, tuant en duel le père de Chimène. La pièce donnera naissance à la querelle du "Cid", où les rivaux de Corneille dénonceront le non respect des règles du théâtre classique. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Corneille - Le Cid - Histoire du Théâtre
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1640
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Corneille fait représenter "Horace"
Horace est l’une des plus grandes tragédies cornéliennes, avec "Cinna" et "Polyeucte". Corneille s’est inspiré de Tite-Live pour la produire et met en scène l’un de ses thèmes de prédilection : l’héroïsme face au pouvoir royal. Dans "Cinna", inspiré par Sénèque, Corneille reprendra ce thème du pardon. Au bout de vaines tentatives de complots contre Auguste, les personnages d’Émilie et de Cinna seront confrontés au jugement de ce dernier, qui leur accordera le pardon pour préserver son image. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Corneille - Histoire du Théâtre
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1667
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17 novembre
Racine présente "Andromaque"
Le poète Jean Racine offre à la Cour de Louis XIV la première représentation "d'Andromaque". Il enlève à Molière l'une de ses meilleures actrices, la Du Parc, pour lui offrir le rôle-titre. La pièce est caractéristique de son œuvre par la modification d'une trame narrative connue (ici l'Andromaque d'Euripide) pour décrire les passions malheureuses qui atteignent leur paroxysme dans le dénouement tragique. Il entrera à l'Académie française en 1773. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Pièce - Racine - Histoire du Théâtre
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1669
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13 décembre
Première de "Britannicus"
La tragédie romaine de Racine est présentée pour la première fois à la Comédie Française. Le rival de Racine, Corneille, est présent dans la salle. Il fera l'éloge de la pièce à l'Académie quelques jours plus tard mais omettra de mentionner le nom de son auteur, ce qui provoquera une querelle entre les deux hommes. Bien que jouée 1 258 fois (jusqu'en septembre 1680), "Britannicus" n'aura qu'un succès mitigé, notamment à cause des partisans de Corneille qui monteront une cabale contre la pièce de Racine. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Pièce - Racine - Histoire du Théâtre
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1677
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1 janvier
Racine présente "Phèdre"
Racine présente sa dernière tragédie profane : "Phèdre". L'histoire s’inspire d’Euripide pour traiter du destin tragique de Phèdre, amoureuse d’Hyppolite et qui le fait condamner par le roi. Extrêmement aboutie d’un point de vue formel, cette pièce est connue pour la musicalité de ses vers. Mêlant cette perfection du vers aux grands thèmes de la tragédie, elle est une des plus grandes réussites du classicisme. Elle a pourtant souffert de sa concurrence avec la pièce de Nicolas Pradon qui respectait absolument les règles instituées par l’Académie. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Racine - Histoire du Théâtre
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1684
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1 octobre
Mort de Pierre Corneille
Le poète et dramaturge français meurt à Paris à 78 ans. D'abord avocat à Rouen, sa ville natale, il écrit sa première comédie, "Mélite", en 1629. Il vient s'installer à Paris pour y écrire. Richelieu le remarque et l'intègre dans un groupe de cinq auteurs chargés de rédiger des tragédies et des comédies imaginées par le cardinal lui-même. Grâce à lui, Corneille perçoit une pension. Son oeuvre la plus connue est la tragi-comédie "Le Cid", écrite en 1637. Voir aussi : Décès - Dossier histoire de la tragédie - Corneille - Histoire du Théâtre
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1872
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Nietzsche publie "La naissance de la tragédie"
Friedrich Nietzsche publie à 26 ans "La Naissance de la tragédie", son premier essai philosophique. Depuis la "Poétique" d’Aristote, qui fut notamment le fondement théorique de la tragédie classique, c’est le premier ouvrage philosophique majeur consacré à ce genre théâtral. Nietzsche présente la tragédie et l’art comme un travail d’opposition et de réconciliation entre les deux figures divines de Dionysos et d’Apollon. Tandis que l’un représente l’ivresse et l’instinct, l’autre est l’image de la connaissance rationnelle et de la contemplation. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Nietzsche - Histoire de la Philosophie
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1935
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21 novembre
Première de "La Guerre de Troie n'aura pas lieu"
Louis Jouvet met en scène pour la première fois la pièce de Jean Giraudoux nommée "La guerre de Troie n’aura pas lieu". En reprenant un mythe grec et en mettant en scène la fatalité de la guerre, Giraudoux souhaite renouer avec la tragédie, genre qui a disparu en France au profit des drames romantique et bourgeois. La pièce préfigure la venue de la Seconde Guerre mondiale qui, malgré les tentatives d’apaisement des pacifistes, aura fatalement lieu. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Louis Jouvet - Histoire du Théâtre
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1937
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13 mai
"J’ai épousseté le buste d’Électre"
Electre est représentée pour la première fois par la troupe de Jouvet. A la confluence de la tragédie classique et de la modernité, la pièce de Giraudoux emprunte à la première le choix des thèmes et du mythe et à la seconde l’enquête policière et la psychologie. Le chœur de la tragédie antique est ainsi réinvesti dans le rôle du mendiant. Electre, le personnage qui donne le nom à la pièce, est dans une quête de vérité concernant la mort de son père. La révélation de celle s’accompagnera de la vengeance de la main d’Oreste. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Louis Jouvet - Giraudoux - Histoire du Théâtre
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1944
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4 février
Anouilh présente "Antigone"
Rédigée sous l'Occupation, "Antigone" d’Anouilh est mise en scène pour la première fois à Paris. Comme Giraudoux dix ans plus tôt avec "La guerre de Troie n’aura pas lieu" puis "Electre", l’auteur mêle les ressorts de la tragédie grecque à une écriture moderne ponctuée d’anachronismes voulus. Il s’appuie également sur un contexte politique difficile pour mettre en scène un destin dont l’accomplissement est nécessaire. Figure de la résistance, Antigone reste prise dans un enchaînement qui traduit le pessimisme de l’auteur. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Histoire du Théâtre
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1953
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5 janvier
"En attendant Godot" suscite la passion
Roger Blin présente pour la première fois "En attendant Godot". La pièce de l’écrivain Samuel Beckett met en scène deux vagabonds qui attendent, sans même savoir pourquoi, un certain Godot qui ne vient pas. Le même scénario occupe alors les deux actes. Les réactions sont partagées mais toujours passionnées : les uns encensent la pièce pendant que les autres la huent. Le théâtre de l’absurde, instauré par Beckett dans la pièce, dynamite tous les moyens du théâtre depuis l’antiquité, à commencer par l’action. Tout s’efface, jusqu’au sens du langage, devant l’attente inéluctable qui se poursuit à l’infini. Mais certains voient dans ce dépouillement extrême une réinvention moderne du tragique, en ce sens qu’il interroge le sens de l’homme, de son destin et des forces qui le dépassent. Voir aussi : Dossier histoire de la tragédie - Histoire du Théâtre
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