Pour récapituler, l'univers du vin bio est loin d'être uniforme. La seule règlementation officielle est celle de l'apposition du logo AB sur l'étiquette des vins issus de raisin de l'agriculture biologique. Ces vignes ont été cultivées sans pesticides, herbicides et produits chimiques de synthèse. De plus, la pollution se logeant dans la terre, le logo n'est obtenu par le vigneron que trois ans après la mise en place de la structure biologique.
En fait, ces pratiques dites bio ne sont pas nouvelles. En effet, elles étaient mobilisées par la plupart des vignerons avant la création des premières AOC (à partir de 1935), l'agrochimie s'étant implantée en 1950 dans la viticulture pour augmenter les rendements.
Pourtant, ce "retour aux sources" s'arrête net à l'étape de la vinification. Aucun règlement officiel n'est aujourd'hui reconnu en la matière. En cave, les vignerons peuvent ajouter au vin tous les produits chimiques autorisés.
Comme nous l'avons dit précédemment, des chartes privées existent dans ce domaine, mais manquent cruellement d'uniformité. La FNIVAB proscrit l'usage d'OGM et limite les doses de souffre entrant dans la vinification. Demeter et Biodyvin prônent la biodynamie, qui prend en compte la nature des sols mais aussi les cycles lunaires. Ses traitements, issus de l'homéopathie, doivent être faits dans des créneaux horaires spécifiques... Une charte très contraignante donc.
Certains vignerons pratiquent une culture préservant l'écosystème mais ne s'attachent pas à ces chartes, afin de pouvoir sauver une récolte en cas de pépin (épidémie, insectes...). Aucun logo ne les distingue donc, mais leur production est assimilée aux vins "propres" ou "naturels".