Un "pochon" pour désigner un sac plastique dans l'ouest de la France, une "wassingue" pour nommer une serpillère dans le Nord... Quelles sont ces expressions locales que vous utilisez tout le temps et qui vous valent quelques railleries de la part de vos amis ?
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De la Mayenne
Françoise
, Villeneuve Les Lavaur
le 29 avril 2009
Quels sont ces mots ou expressions propres à votre région que vous utilisez et qui font sourire vos amis ou collègues ?
Entendu quand j'étais enfant, et parfois utilisé pour rire avec les amis de ma région: Crouiller la porte pour la fermer à clé, mais également claver la porte. Bouiner pour faire : qu'est-ce que tu bouines (c'est péjoratif, bouiner sous-entend qu'on perd son temps à faire quelque chose ou que l'on est pas très efficace). Mon grand-père me demandait de mettre la "bistoule" sur la table, il s'agissait du Calvados connu également sous le nom de "goutte". De même, il buvait une bolée d'cit (cidre) quand il avait trop seille (soif). Un mot qui m'a toujours amusée car les gens autour de moi, sauf ceux qui viennent de la même région que moi, ne le comprennent pas : "musser" ; ex. Mon pull est difficile à mettre je n'arrive pas à musser ma tête (se faufiler dans un endroit étroit). La chorte pour la voiture, enlever le bourrier du jardin (mauvaises herbes). Passer par une veuillette (un petit chemin). C'est un vrai pénailler (un bon à rien). Melayer pour mélanger. T'as fait des gazennes anui : tu as fais des tresses aujourd'hui, me demandait la voisine de ma grand-mère que j'avais un peu de mal à comprendre. En cas de froid, on pouvait mettre son pal'tot (manteau) C'est iou c'est-y que j'mets t'y ça (traduction où est-ce que je mets ça ?)De quelle région êtes-vous originaire ?
Des Pays de la Loire et plus exactement de la Mayenne.Y a-t-il aussi des expressions utilisées par vos proches, que vous ne connaissiez pas et qui vous font sourire ?
Aujourd'hui, je vis dans le sud-ouest et d'autres expressions m'amusent : Etre ensuquée (endormie, sans énergie) Ça m'espante (ça m'étonne mais du genre "ça m'en bouche un coin") Porter la voiture au garagiste...
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Myriam Esnault
Je vis dans le nord-Mayenne ainsi que toute ma famille (et un peu l'autre côté de la "frontière" de l'Orne) et c'est marrant mais pour fermer à clé je n'ai jamais entendu vos mots (crouiller, etc...) Nous on dit "cuieuver" (phonétiquement "kieuvé"). C'est si naturel ici que je ne dis jamais fermer à clé, bien que je n'ai que 22 ans. Et mon copain qui n'est pas d'ici était très étonné d'entendre ce mot "bizarre" ! Dans ma contribution j'ai oublié le mot "soui" qui signifie petite chose, poussière, saletés (avoir un soui dans l'oeil). Ah on vient de trouver un autre mot : un fourniau = un feu. Merci pour toutes vos contributions et commentaires, ça me fait très plaisir de voir toutes ces personnes qui partagent une même "culture". Je peux enfin dire que j'ai une identité, que notre "langue" vient du Gallo. ça me rend fière
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Myriam Esnault
Ah et comment ai-je pu oublier de mentionner "baragouiner" ! Baragouiner = parler du charabia, pas distinctement (et aussi dans le sens: qu'est-ce tu baragouines ? = qu'est-ce tu racontes comme connerie ! ? )
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Fabrice
En patois vendéen, on disait "to qu'tu borbiques ? " avec le même sens que "qu'est-ce que tu bouines ? "
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Maminou Annick
Cela fait plaisir de retrouver ces expressions héritées de nos ancêtres et dont certaines sont encore employées, en particulier ici en pays gallo morbihannais. Ici on dit aussi "crouiller" la porte, "le crouillet" de la porte, un "bouinou" ou un "vezillou" pour quelqu'un qui n'avance à rien. Une petite devinette : qu'est-ce qu'un "trouillet" ? (non ce n'est pas quelqu'un qui a la trouille...)
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Robert Deandreis
Lorrain d'origine j'ai enrichi mon vocabulaire en arrivant en Poitou ou on dit aussi "quek tu bouines ? " On passe la since et pour dire on ne peut pas se tromper de chemin, Olé pas écartable. Une femme enceinte est en chemin de famille et un tee shirt est un gilet de santé, un pauvre d'esprit est un insignifiant et surtout moi qui demandais en Lorraine un cornet pour mettre mes commissions j'ai du me résoudre à me convertir au pochon ou à la poche suivant la taille de l'objet. Je ne connaissais pas le Schlouk mais par contre pour un morceau de quelque chose on disait un Schtuk c'est pas très loin. Un dernier pour la route, en Poitou on barre sa porte et on attrape un accident. Peut-être parce que longtemps sous domination Anglaise cette région a adopté l'équivalent Anglais to catch a cold pour dire j'ai attrapé un rhume. C'est cela le charme de notre beau pays et c'est à préserver
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Françoise Schardt
Et en Franche Comté on dit : Qu'est ce que't brezoille ?
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Michel Letourneau
Dans une conversation dans le Berry, le mot (orié) - je ne sais comment il s'écrit - revenait souvent, que voulait-il dire ?
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Noelle
Dans la Manche, on disait : Qu'est-ce que tu boinnes ? Du verbe: boinner, pour qu'est-ce que tu fais ?
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Maryse
Dans la Sarthe, on entend très souvent "Arrête de banner" qui veut dire arrête de râler
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Françoise Gourdain
Bouiner est aussi utilisé en Basse Normandie dans l'Orne "qui' q'tu bouines" avec le même sens péjoratif qu'en Mayenne
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Jean-Luc
En fait, ces mots et expressions ne sont pas spécialement mayennais mais du pays gallo en général (35, 44 53, est 56 et est 22). J'habite en 35 depuis 25 et je confirme tous ces mots qui restent courants : bouiner, pochon (on dit poche dans le sud-ouest, sac dans l'est), pierre de suc, clancher, etc... Et je vais en ajouter quelque uns : - mettre "à la jaille" qui signifie mettre au rebut ou à la déchetterie, pour s'en débarrasser définitivement. - une "timbale" de confiture ou de lessive, c'est un pot ou un seau. - "on n'est pas rendus", signifie on n'est pas arrivés. De même si un client demande si le prix est "500 €, rendu ? ", il faut comprendre "500 €, livraison comprise ? " - une "coche", c'est une truie. Et évidemment, must des must : "Dame ! " qui veut dire "pardi" ou "eh bien". Certains emploient ce mot dans chaque phrase, ça rythme le langage et ça crée l'ambiance
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Liliane Neveu
En Mayenne : "aller manger du nombril" : aller à un repas de baptême "il a y'eu son ruchau" : refusé en mariage "v'la l'temps qui s'embernoudit, y va n'en chevè une r'napée" : le temps s'obscurcit, il va tomber une grosse averse" (nord Mayenne). "un boyau qu'a pete" : péritonite
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Sandrine
Née en Mayenne et y ayant vécu 26 ans, je ne connaissais pas l'expression "crouiller" mais par contre j'ai souvent entendu les mots "paltot, goutte, bouiner". Une autre expression était utilisée en particulier par les jeunes sous forme d'exclamation : "heu la ! " qui veut dire oh la la ! Ou hélas quand ils craignaient de se faire gronder ou quand ils avaient oublié quelque chose. Je crois qu'on disait également une "pierre" de sucre pour parler d'un morceau de sucre à mettre dans sa tasse
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Laëtitia
Dans le sud Ouest, on ne dit pas ensuquer mais ensouquer = être endormie. J'ai vécu longtemps dans le Maine-et-Loire et ai découvert à cette occasion le ramasse-bourrier pour ramasser la poussière. A mon entrée au collège, je n'ai pas compris de suite pourquoi tous les élèves parlaient de leur "vache", il s'agit d'un sac, cartable...
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Christiana Moreau
En wallonie on dit : serrer l'ouf
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François Guibout
Bouiner peut vouloir exprimer le fait de faire crac-crac, ou autrement dit un super câlin ! Expression comprise et entendue dans l'Orne
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Julie Bousseau
On disait même "qui qu'tu bouines" dans le choletais
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Muriel Lefrancois
Je ne sais pas si ça vient de la Normandie ou de la Bretagne. Mais chez nous, nous disions passer la toile pour la serpillière. J'avais une amie de Nantes qui passait un patalon et qui ne voulait pas dire pantalon. En Normandie, il y a des vaks (vaches), des kins (chiens), des kats (chats) et des kairs (chaises). Kenavo
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Jean-Luc Goueffon
Se dit également en Normandie
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Michelle Sangleboeuf
Mon mari est Sarthois et moi de la région parisienne, parfois avec mon fils on ne comprend pas tout, et, cela nous amuse, surtout quand on joue au Scrabble, on dit qu'il devrait faire un dictionnaire, bien à lui
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Michel De Jonge
Certains mots ne sont pas régionaux, mais parfois des mots devenus désuets et encore utilisés couramment dans certaines régions. Ainsi le "paletot" qui désigne une sorte de manteau ou la "clenche" qui désigne une poignée de porte d'une autre contribution. Je trouve que ces mots méritent d'exister, il faut les utiliser et les faire connaître. Ils apportent souvent certaines nuances qui ont souvent tendance à disparaître dans notre monde de consommation industrialisée et standardisée. Et ils enrichissent notre langue et cette connaissance se perd malheureusement
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Anne-Marie Girault
Dans le Berry, on dit "couriller" pour fermer une porte à clef. "C'est chti" veut dire c'est pas bien (c'est petit). "Envorner" pour "faire tourner la tête". "Il a biché la terre" pour "il est tombé face contre terre". Et tant d'autres mots et expressions qui ont bercé mon enfance, mais surtout un accent, une intonation qui ne pourront jamais être reproduits par un ordi... C'était la "France profonde"
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Moïsette Naveau
Dans la Sarthe, nous employons le même patois, j'ai d'ailleurs fait il y a quelques semaines tout un article sur un forum et ce sont les mêmes mots. "Crouiller" en a étonné plus d'un et maintenant bien employé sur notre forum. Bonne soirée
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Annick Corfa
Je suis de Bretagne Nord (35) donc je connais également tous ces mots que j'adore. Le mot "pochon" était utilisé pour mettre (par exemple) des fruits à l'épicerie. Mais depuis l'ère du plastique, ce mot est oublié sauf... par moi. Quant à bouiner, qu'est-ce que j'ai pu l'entendre ! Quelqu'un connaît-il "un berchet": un petit banc pour aider à attraper les choses un peu trop hautes. Que ces mots étaient agréables et cela me manque souvent de ne plus les entendre. Ah le bon vieux temps...
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Sylvie Frieri
Merci de nous rappeler ces expressions. Mon père disait enfile ton paltot (ton pull ou 1 truc chaud) et qu'est ce que tu buine ? Qu'est ce que tu fiches ?
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Christine
Quand je travaillais en région parisienne, un collègue venait de la Mayenne. Il appelait une cafetière une "cafière". J'utilise ce mot encore quand je veux dire que je bois beaucoup de café comme beaucoup de gens du Nord-Pas-de-Calais dont je suis originaire et où j'habite
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Jeffanne
Je suis ravie de retrouver tous ces mots. Cela fait du bien de se laisser bercer par le passé. Je n'ai connu ni grand-pères ni grand-mères mais ces mots résonnent encore à mes oreilles. Je suis née dans le 35 mais la destinée m'a fait aterrir ailleurs. Les définitions sont excellentes... Par rapport à mes souvenirs. Merci, merci
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