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N'imaginez pas qu'une fois un titre téléchargé, vous pouvez en faire ce qu'il vous plaît. Ecoute, gravure, baladeur... tout est réglementé. Explications.

(novembre  2003)
SOMMAIRE
  Panorama
  iTunes testé pour vous
  Les limites
  Le comparatif
Le cas du CD. Sans doute parce qu'il s'agit d'un objet physique, on a le sentiment lorsque l'on achète un CD d'en devenir le propriétaire. C'est vrai, en ce qui concerne la galette de plastique, mais cela n'est pas du tout le cas de la musique. Les droits du consommateur sur un CD audio se limitent à celui d'écouter son contenu et d'en réaliser une copie destinée exclusivement à son propre usage. Par exemple sur son baladeur numérique, ou sur cassette pour son vieil autoradio. C'est ce qu'on appelle le droit à la copie privée, un droit probablement appelé à disparaître, du moins sous sa forme actuelle.

Le cas des fichiers musicaux. Lorsque l'on achète un morceau de musique en ligne ou un album, le titre se présente sous une forme purement numérique. Il est d'autant plus tentant et simple de copier. Bien sûr, c'est absolument illégal, mais avec le boom de l'Internet haut-débit et la multiplication dans la foulée de Napster (ancienne formule), des logiciels de "partage de fichiers", nombre de consommateurs ont pris de mauvaises habitudes. En tout cas au regard de la la loi. Face à l'illusion d'une musique qui serait libre de droit, ingénieurs, juristes et marchands ont progressivement élaboré la notion de droits numériques. ,Sa mise en pratique se nomme DRM pour Digital Rights Management, ou gestion des droits numériques. Concrètement, il s'agit de systèmes numériques qui protégent les droits de l'auteur du contenu diffusé.

Les services de téléchargement. Chacun des services de téléchargement légaux s'appuie nécessairement sur une technologie DRM. A l'heure actuelle en France, tous recourent au même système, celui proposé par Microsoft avec les dernières versions de son lecteur multimédia, Windows Media Player, uniquement disponible pour PC, et sous Windows. En vertu de ce procédé, à chaque fichier musical téléchargé au format Windows Media Audio (wma) exclusivement est associé une licence, un fichier de quelques kilo-octets portant l'extension .asx. Cette licence s'apparente à une sorte de cookie sophistiqué. Sans ce sésame, impossible d'écouter le morceau.

Ce qui se cache derrière la license d'utilisation. Pour chaque titre, la licence définit précisément combien de fois le fichier peut être écouté, et le cas échéant, gravé ou transféré sur un baladeur. Cela en choquera probablement certain, mais il n'est en effet pas toujours permis de copier les titres sur son baladeur. Tout aussi désagréable, notez bien si vous disposez d'un baladeur MP3 à disque dur ou à mémoire Flash, que celui-ci doit impérativement être compatible avec le format de fichier WMA faute de quoi, vous ne pourrez pas écouter les fichiers achetés en ligne. Autre remarque importante : selon l'éditeur musical et le service, les droits du consommateur peuvent varier du tout au tout, ce qui impose l'apprentissage d'une drôle de gymnastique. Conscients du frein potentiel à la consommation, la plupart des services ont heureusement pris soin de l'expliquer dans des FAQ, et le plus souvent d'indiquer pour chaque titre ce qui est autorisé.

Qualité du son et système d'écoute. La musique est généralement encodée au format Windows Media 9 au taux de compression de 128 kbps et les CD peuvent être gravés au format CD Audio traditionnel. Tant mieux, on peut ainsi écouter la musique acheté en ligne sur sa chaîne Hi-Fi ou sur tout autre lecteur conventionnel.

Système de protection. A ce sujet, on s'interroge un peu sur la pertinence du système de protection. En effet, dès lors que le CD est ainsi gravé au format standard, on voit mal ce qui empêche la réplication du dit CD ou, pire, sa conversion en MP3 par exemple. A creuser.

Paroles et jaquette. Même une fois gravé, l'album téléchargé est loin d'être l'équivalent d'un "vrai" disque. Bien des collectionneurs vous le diront : sans sa jaquette, un disque ne vaut pas grand chose... Sans pousser jusque là, on aimerait au moins pouvoir disposer d'une simili-pochette téléchargeable, et pourquoi pas des paroles envoyées par mail.

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Alors, vraiment moins cher ? C'est vrai, l'album est vendu moins cher sous forme numérique. Certes, mais si les cyber-disquaires mettent systématiquement en avant le prix du titre (en général entre 75 centimes et un euro) cela ne vaut que dans le cadre d'un forfait mensuel qui nous impose de nouvelles habitudes de consommation musicale. A la hausse ça va sans dire.

Enfin, dernière récrimination à l'égard des services de téléchargement : de grâce, si vous voulez que nous vous suivions, abandonnez cette fichue facturation par points et adoptez, comme tout le monde, les prix en euros... [Tijani Smaoui , L'Internaute] (novembre  2003)
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