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http://www.linternaute.com/femmes/cuisine/magazine/dossier/0502reunion/origines.shtml

Un métissage culinaire


La cuisine d'une région est toujours plus ou moins le reflet de sa population et de la production locale. A la Réunion, si la première est riche et variée, la seconde est assez limitée.

Une population métissée
L'île de la Réunion, département d'outre-mer situé à près de 10 000 km de la métropole, est connue pour la variété et la force de ses paysages (cirques, volcan, cascades, forêts, lagon…) concentrés sur une petite superficie (2 500 km²).

Son autre grande richesse est sa population (750 000 habitants), issue des quatre coins de l'océan Indien : Africains (surnommés les "cafres"), Blancs (les "zoreilles" et les "yabs" pour les blancs modestes de Hauts), Indiens (les "zarabs", qui ne sont pas des arabes mais des indiens musulmans d'Inde du Nord), Tamouls (les "malbars ", indiens non musulmans d'Inde du Sud, près de la côte de Malabar), Malgaches, Chinois... qui ont apporté leurs traditions et en ont établi de nouvelles.

La cuisine est à l'image de ce melting-pot : variée et colorée. Si bien que, excepté pour le cari ("plat national" de l'île), on peut difficilement parler d'une cuisine, mais plutôt de plusieurs cuisines réunionnaises, en fonction de l'origine des habitants.

Une production difficile
C'est en 1638 que la petite île volcanique devient possession du roi de France sous le nom Bourbon (nom de la dynastie alors au pouvoir). La Compagnie des Indes Orientales va l'administrer pendant un siècle (jusqu'à sa faillite en 1767), développant la culture du café et le système esclavagiste.

Pendant la Révolution, l'île est rebaptisée La Réunion. Les plantations de café disparaissent et sont remplacées, à partir de 1815, par la culture de la canne à sucre. Au XIXème siècle, le "roseau sucré" fait la fortune de la colonie. En 1848, l'esclavage est aboli, mais la canne nécessitant toujours plus de main d'œuvre, on fait appel à des volontaires indiens et africains... dont les conditions d'existence ne diffèreront guère de celles des esclaves.

La société de plantation perdure jusqu'au milieu du XXème siècle, mais l'économie sucrière est en crise. De nouvelles cultures se developpent alors : la vanille (le label "Bourbon" est aujourd'hui encore une référence au niveau mondial), le géranium et le vétiver (qui, une fois distillés, donnent des huiles essentielles appréciées des grands parfumeurs).

En 1946, l'île obtient le statut de Département d'Outre-Mer. Depuis une dizaine d'année, le tourisme rapporte davantage de recettes que la canne à sucre, la vanille, le géranium et le vétiver réunis. Si bien que La Réunion importe presque tous ses produits alimentaires. La production locale (et donc les produits bons marchés) sont assez limités : produits à base de canne (sucre, rhum), ananas Victoria, vanille Bourbon, et tous les fruits tropicaux : banane, noix de coco, goyave, letchi, mangue...

2009

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