Au début du XXème siècle, le cours des 50 Otages n'existait pas. Nantes, que l'on appelait autrefois la Venise de l'Ouest, était traversée à cet endroit par la rivière l'Erdre. Lassée de subir des inondations et afin de faciliter la circulation des nouveaux transports urbains, la ville décida de procéder aux comblements de plusieurs cours d'eaux qui traversaient Nantes dont cette rivière. L'Erdre fut alors être déviée pour passer par un tunnel sous les cours Saint-André et Saint-Pierre avant de rejoindre le canal Saint-Félix.
Les travaux de comblement débutèrent en 1929 sous la direction d'une entreprise allemande, au titre des dommages de la première guerre mondiale. Un certain Karl Hotz, ingénieur allemand francophile, dirige les opérations. Les comblements prennent du temps à être réalisés. Le canal et le tunnel Saint-Felix seront inaugurés en 1934. Le Conseil municipal décide d'en faire une grande artère de circulation en 1937. On envisage de le nommer " Boulevard de l'Erdre ".
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Le cours des 50 Otages en 1961. Photo © Archives Municipales de Nantes |
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Le cours des 50 Otages en 2006. Photo © L'Internaute Magazine / Nathalie Favreau |
La seconde guerre mondiale éclate. En 1940, Karl Hotz est alors appelé à revenir sur Nantes mais cette fois en tant que commandant des forces d'occupation. Le 16 octobre 1941, trois jeunes résistants arrivent à Nantes. Ils ont pour mission d'exécuter un officier allemand. Quatre jours plus tard, l'homme est assassiné : il s'appelle Karl Hotz … En réaction, le général allemand Von Stülpnagel donne l'ordre d'exécuter 50 otages. A Nantes, 16 personnes sont fusillées au camp du Bêle. Les autres exécutions se déroulent à Chateaubriant et Paris. Le 20 Octobre 1944, le Conseil municipal de la Libération décide de nommer la nouvelle voie construite à Nantes, "le cours des 50 Otages", en référence à ce drame. Un monument aux morts reprenant chacun des noms des fusillés est en plus inauguré à l'extrémité du cours, près de l'Erdre en 1951.
Dans les années 50 et 60 le cours des 50 Otages est le lieu de nombreuses manifestations. Lors des grèves de l'année 1955 un macabre évènement survient : de terribles affrontements entre grévistes et les forces de l'ordre aboutissent à la mort d'un manifestant, Jean Rigollet.
En 1968, le cours sera largement arpenté par les manifestants étudiants. Aujourd'hui encore cet axe est fréquemment le lieu de rassemblements populaires, dans le cadre de protestations mais aussi de fêtes.
En 1990, une nouvelle ligne de tramway est envisagée par la municipalité. Pour l'accueillir, le cours des 50 Otages bénéficie de travaux de restructuration. De nouveaux bâtiments voient le jour dont l'hôtel de la Pérouse, connu pour son angle penché, qui a reçu en 1995 une distinction pour la qualité de son design.