Ca arrive souvent avec le changement d'heure, fin octobre. Le matin, l'alarme du réveil vous surprend au beau milieu d'un rêve. Malgré une douche bien chaude et un café serré, vous avez encore du mal à émerger. D'ailleurs, vous n'avez pas du tout envie d'aller travailler et vous êtes d'humeur ronchon. Au déjeuner, vous vous gavez de nourriture, surtout au rayon des desserts. Le sucré vous fait du bien. Toute la journée, vous vous traînez lamentablement, vous avez du mal à vous concentrer sur votre travail et vous ne pensez qu'à retrouver votre oreiller. D'ailleurs, le soir, vous sortez de moins en moins : la perspective d'une soirée pépère devant la télé, avant dodo à 22h30, vous séduit beaucoup plus qu'un resto suivi d'une séance de ciné où vous risqueriez, de toute façon, de vous endormir.
Késako ? La mélatonine est une hormone sécrétée par une glande située à la base du cerveau. Elle nous aide à nous endormir et nous maintient dans cet état tout au long de la nuit. La mélatonine est produite en l'absence de lumière. Dès que l'aube pointe son nez, son taux diminue et chute de façon vertigineuse dès qu'on ouvre les volets et que nos yeux se prennent la lumière du jour de plein fouet : on se réveille et la journée peut commencer sous les meilleurs auspices. Alors forcément, quand les jours raccourcissent, que la lumière du soleil est cachée par les nuages et qu'il fait encore (ou déjà) nuit quand vous sortez de chez vous ou du bureau... Ca dérape ! La mélatonine est produite en permanence, induisant ainsi un état de léthargie, de déprime et un manque de concentration typiques. C'est la déprime saisonnière. Elle peut toucher à des degrés divers et assaille plus souvent les femmes que les hommes.
La meilleure solution consisterait à pouvoir aller faire une cure de soleil et de beau temps en novembre-décembre, quelque part sous les tropiques. Rien de tel que la vraie lumière du jour pour recharger les batteries. C'est la plus puissante et la plus efficace, de très loin.
Mais évidemment, il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir aller siroter des cocktails sur la plage pendant trois semaines à Noël. Des solutions alternatives ont donc été développées, qui se déclinent sous un terme générique : la luminothérapie. Comme son nom l'indique, elle consiste à soigner par la lumière. Quand on vous disait que c'était tout simple... Globalement, cette technique consiste à s'exposer à une lumière artificielle de forte intensité (entre 2 500 et 10 000 lux, l'unité de mesure de la lumière), pendant plusieurs dizaines de minutes chaque jour, de préférence le matin. Auparavant, il fallait passer par un médecin pour s'offrir cette cure de lumière. Mais depuis quelques années, les lampes de luminothérapie font fureur et vous pouvez pratiquer à la maison, tranquillement, sans passer par la case ordonnance. Autre déclinaison : le simulateur d'aube. Il diffuse progressivement une lumière de plus en plus vive, faisant ainsi chuter lentement votre taux de mélatonine. Au moment où votre réveil sonne, vous êtes donc prêt à vous réveiller.
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Attention ! La luminothérapie nécessite tout de même quelques précautions. La lumière vive est destinée à toucher la rétine, puisque c'est elle qui va transmettre l'information de luminosité au cerveau. Il faut donc vous assurer que vos yeux sont en bonne santé et que l'exposition prolongée à la lumière ne comporte aucun risque. Consultez un ophtalmologiste avant de commencer.
Si tout se passe comme prévu et que vous êtes réceptif à cette thérapie, vous devriez en ressentir les effets au bout de quelques jours. Et vous remettre à siffloter sous la douche le matin.
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