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SOMMAIRE

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Sujet illustré

La chimie combinatoire.

1. Identifier une cible

La première étape consiste à comprendre quels sont les mécanismes qui entrent en jeu lors d'une pathologie. Classiquement, la "cible" sera une enzyme ou un récepteur membranaire dont on veut augmenter ou inhiber l'activité. Par exemple, pour le cancer, on cherchera à limiter la division cellulaire.

La génomique (étude de la structure et de la fonction des gènes) a permis l'identification de nouvelles cibles, jusque-là ignorées. "Un balayage du génome va par exemple découvrir 400 cibles liées à une pathologie, là où seulement 10 étaient couramment identifiées" explique ainsi le vice-président de la recherche chez GSK.

2. Trouver des nouvelles molécules

L'arrivée de la chimie combinatoire, au cours des années 90, a permis la synthèse de grandes collections de produits chimiques (voir page suivante). Les molécules demandaient autrefois trois ou quatre réactions chimiques, aujourd'hui une vingtaine d'étapes n'est pas rare. Certaines demandent même un nombre plus important : par exemple, la fabrication du Fuseon, un médicament contre le sida, exige l'introduction de trente-six acides aminés.

3. Adapter la molécule à la cible

Grâce aux gigantesques chimiothèques, le problème n'est plus de trouver de nouvelles molécules, mais se les sélectionner. Cette étape est appelée "stratégie clé-serrure". On effectue par exemple une recherche par similarité : la structure modélisée d'une protéine permet par exemple de prédire sur quelle récepteur elle pourra se fixer. La "clé" et la "serrure" peuvent aussi être complémentaires électriquement (charge positive avec une charge négative).

Pour ces vérifications, on procède à un "criblage à haut débit", c'est-à-dire des tests biologiques in vitro, entièrement automatisés. Des ordinateurs très sophistiqués permettent de cribler plus de 100 000 composés par jour. Mais le futur médicament ne doit pas seulement être actif sur la cible choisie, il doit aussi être spécifique pour celle-ci, ses effets sur d'autres cibles pouvant conduire à des effets secondaires ou toxiques. Les candidats-médicaments sont donc soumis à un "profilage pharmacologique", consistant à les tester sur un grand nombre de cibles (50 ou plus) en parallèle.

4. Rendre le médicament accessible

Il ne suffit pas d'avoir trouvé une molécule intéressante pour la transformer immédiatememnt en médicament. Il est par exemple préférable de prendre le médicament par voie orale. Pour qu'il atteigne son organe-cible, ils doit donc être absorbés par l'instestin et passer dans le sang. Il faut aussi que le foie, jusqu'où est transporté le médicament, ne détruise pas la molécule avant qu'elle n'arrive à sa cible. A l'inverse, si un médicament est métabolisé trop lentement par le foie, il risque d'atteindre des niveaux toxiques dans l'organisme. Bref, 20% des candidats médicaments échouent à ce stade de développement.

5. Fabriquer le médicament en série

Une fois la substance idéale trouvée, il faut être capable de la reproduire en laboratoire. Soit par utilisation de la biosynthèse, une technique qui consiste à faire fabriquer la substance active par un procédé naturel (fermentation par exemple), soit en transformant une molécule que l'on possède déjà. On peut ainsi obtenir de la codéine, un analgésique léger en restructurant la structure de la morphine. "La reproductibilité est la première condition de qualité" affirme Jean-Hugues Trouvin, le directeur de l'évaluation des médicaments et des produits biologiques à l'Afssaps. "Tous les médicaments d'une marque doivent être exactement les mêmes".

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