Mars 2006
La fin de l'ère du pétrole, David Goodstein la prévoie pour bientôt. Non pas que l'on ne trouvera plus une seule goutte du précieux carburant, mais l'on aura atteint le "pic de Hubert", le moment où la demande dépassera l'offre.
Si les estimations concernant ce pic de Hubert varient considérablement selon les sources, il faudra de toutes façons se préparer à la fin du pétrole. Alors, comment faire ?
| L'ouvrage |
 |
|
Panne sèche : La fin de l'ère du pétrole
par David Goodstein
Buchet-Chastel, 15 euros
|
|
|
Des solutions pas très satisfaisantes
Le pétrole lourd ? Pas rentable. Le gaz naturel ? Il viendra à manquer lui aussi une dizaine d'années seulement après le pétrole. Le charbon ? C'est une "énergie sale", souvent mélangé à des impuretés nocives comme le mercure, le soufre et l'arsenic. L'hydrogène ? Ce n'est pas une source d'énergie à proprement parler, mais un moyen de stockage et de transport. L'électricité hydroélectrique ? Ce n'est pas une énergie renouvelable, contrairement à ce que l'on pense. David Goodstein avance que tous les réservoirs finissent par s'engorger, et que dans quelques années, "l'énorme barrage de Hoover ne sera plus q'une cascade de béton".
L'imagination sans limite des ingénieurs
Aucune solution, même les plus farfelues n'est écartée. Par exemple l'hydrate de méthane, un mystérieux solide qui ressemble à de la glace mais brûle quand on l'enflamme. Problème : on ne sait pas où le trouver, ni comment l'utiliser. Des projets de panneaux solaires spatiaux qui transmettraient l'énergie sur Terre par micro-onde semble par contre une solution intéressante. Mais il faudrait quand même 800 satellites pour produite la quantité d'énergie consommée aujourd'hui.
Les deux pistes les plus intéressantes retenues par l'auteur sont finalement le nucléaire, même si il reconnaît que les réserves d'uranium sont mal connues, et le solaire, qui ne réussira pas à compenser le pétrole à lui seul.
A l'assaut de l'effet de serre
Autre raison de se passer du pétrole :
le réchauffement climatique. Après nous avoir rappelé le mécanisme de l'effet de serre, David Goodstein envisage là encore, plusieurs solutions. On pourrait par exemple construire un parasol géant de 2 000 km de large pour arrêter un petit pourcentage des rayons solaires. Ou séquestrer le CO2 dans les anciens puis de pétrole. Ou pourquoi pas dans le mer ? Hélas, les océans deviendraient alors acides et invivables pour les organismes marins.
Le pétrole est soluble dans la science
Bref, pas de miracle à attendre de ce petit livre. Mais l'auteur est un vulgarisateur passionnant (il est professeur des sciences physiques), qui nous apprend au passage des anecdotes historiques sur plusieurs découvertes (James Watt et la machine à vapeur, Faraday et l'induction magnétique…), des notions fondamentales de physique ("l'effet Joule", la fusion nucléaire, la conservation de l'énergie, le fonctionnement d'un moteur thermique…). Panne sèche ou pas, on saura au moins comment marche un frigo…
Céline Deluzarche, L'Internaute Mars 2006
|