 |
| ©
Studio Canal France | |
Politique et cinéma
Loin
d'être exhaustive, cette liste aurait pu comporter : Des
Hommes d'influence,
Révélations,
Primary Colors, Nixon, Malcolm
X, Les Pleins pouvoirs, The Manchurian Candidate... Encore et toujours
des films américains. Deux raisons à celà. Depuis longtemps,
les USA ont développé une étonnante propension à
exorciser (trop ?) rapidement les accidents de leur histoire. Comme si le
fait de filmer l'événement permettait de panser les plaies. L'autre
explication réside dans la tradition contestataire des cinéastes
d'Outre-Atlantique. La remise en cause des institutions, le droit d'inventaire,
font partie intégrante de la culture américaine (même
si certains tentent de l'entraver), et il est des périodes de doute politique
où Hollywood se montre particulièrement actif sur ce terrain sortant
des films subversifs à tour de bras. On l'a vu pendant les années
70, alors que la guerre du Vietnam battait son plein (Network,
Les
3 Jours du Condor, Les
Hommes du président) ; on le voit aujourd'hui depuis le 11 septembre
et la guerre contre l'axe du mal (Munich,
Syriana,
Fahrenheit
9/11). L'actualité politique rejaillit mécaniquement sur
la production cinématographique : loi de l'offre et de la demande
oblige.
En France, la chose est beaucoup moins aisée... L'opacité
des institutions, les collusions politiques et une certaine tradition du secret
bloquent pas mal de vélléités contestataires. Des exceptions
demeurent (Costa-Gavras, Truffaut, Godard, Chabrol...), mais elles restent rares
et souvent à la marge. Quoi que l'on pense de Fahrenheit
9/11, un documentaire de cet impact ne pourrait voir le jour sur nos écrans
aujourd'hui tant il rencontrerait d'obstacles. Comme tous les pays du Vieux continent,
l'hexagone peine également à regarder son histoire en face et à
l'exorciser. Si l'on excepte les marginaux La
Question et Gloria
Mundi (1976), il aura fallu attendre le XXIe siècle pour que notre
cinéma se frotte aux atrocités commises par l'Etat français
en d'Algérie avec Mon
Colonel et L'Ennemi
intime. Presque 50 ans... Heureusement, la situation pourrait changer
: la nouvelle génération, plus contestataire, semble réclamer
son droit d'inventaire.