Gintama

Critique de l'anime (inédit en France) et du manga Gintama de l'auteur Hideaki Sorachi.

Snyposis :

  A la fin de l'ère d'Edo (ou « ère Tokugawa », Tokyo est le nom d'Edo depuis 1968, date de la fin de cette ère), le Japon est envahi par des extraterrestres appelés Amanto (« gens/habitants du ciel »), des créatures de formes diverses, mais toutes plus ou moins humanoïdes. Ceux-ci parviennent suite à de longs combats à vaincre les samouraïs. Dès lors, une futurisation radicale tranchant avec le décor historique du Japon se met en place et les Amanto interdisent le port du sabre en public.

 Malgré tout, il en reste qui préfèrent conserver leur bushido (philosophie de vie et de combat des samouraïs, un code d'honneur en quelques sortes). Dans ce Japon complètement anachronique, subsistent ainsi des personnes qui refusent d'abandonner leur sabre. Parmi eux, Gintoki Sakata, ancien samouraï excentrique qui aide un adolescent nommé Shinpachi Shimura, à sauver sa sœur Tae d'un groupe d'extraterrestres qui veulent l'obliger à rejoindre une maison close. Impressionné par Gintoki, Shinpachi devient son apprenti et travaille avec lui comme homme à tout faire dans le but de payer le loyer du samouraï.

 Plus tard, ils sauvent une adolescente extraterrestre nommée Kagura, d'un groupe de Yakuza qui veulent se servir d'elle pour sa force surhumaine. Kagura rejoint alors Gintoki et Shinpachi pour travailler comme homme à tout faire et ils deviennent des "Yorozuya Gin-chan" (Yorozuya signifiant « Nous pouvons tout faire » et Gin-chan étant le surnom de Gintoki. La particule "chan" est généralement attribué aux jeunes filles du même âge mais dans ce genre de cas, il sert à montrer une certaine familiarité). Pendant leurs jobs, ils vont rencontrer les forces de polices, le Shinsengumi (les seuls autorisés à porter le sabre), de nombreuses fois, généralement les deux groupes vont s'allier pour arrêter de dangereux criminels. Ils vont également rencontrer les anciens frères d'arme de Gintoki durant la guerre d'invasion des Amanto, notamment le terroriste Kotarou Katsura avec qui il maintient une relation amicale malgré l'ambition de ce dernier de détruire le bakufu (gouvernement en place). À l'inverse, Shinsuke Takasugi agit principalement comme un antagoniste puisqu'il veut détruire le bakufu mais d'une manière plus violente que celle de Katsura considéré comme un modéré.

 Bien que l'histoire de la série soit généralement épisodique, il y a aussi quelques arcs qui se développent sur plusieurs chapitres.

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 Le manga a débuté le 8 décembre 2003 et en est à 45 tomes au japon (411 chapitres au point du 30 Aout 2012) tandis que la parution en France a débuté en 2007 et nous permet de découvrir 26 tomes.

 Il a également bénéficié d'une adaptation en animé extrêmement bien réussie, au point que les « fillers », ou épisodes non adaptés du manga, semblent avoir été écrit par l'auteur. Non licencié en France, il existe 252 épisodes (le dernier étant dédié aux excuses pour toutes les personnes qu'ils auront surement offensées). Un deuxième film sera réalisé pour 2013 (le premier ayant été produit par Warner Bros) avec une intrigue inédite au contraire du premier film qui n'était qu'un remix en HD (bien que généralissime tout de même car rendu plus épique que sa version en série et en mangas).

Cet anime est un excellent complément au manga, les doubleurs rendent l'histoire bien vivante et le doubleur de Gintoki qui était déjà connu pour ses références aux jeux vidéos/mangas très diverses voire inconnues pour beaucoup est parfaitement à son aise.

 Mon avis :


L'un des meilleurs mangas/Animés que j'ai pu lire/voir.
  Cette série parodie tous les shonens –mangas pour jeunes garçons (principalement)- mais qui n'oublie pas de parodier jusqu'aux films cultes américain (Star Wars) en passant par des célébrités japonaises principalement mais également de nombreux autres pays (Jackie Chan et Oguri Shun par exemple). Sans oublier les nombreuses références à la culture japonaise auxquelles on a droit au minimum de chez minimum une fois toutes les cinq minutes. Les personnages en font partie, mais nous verrons cela plus tard. Et comme le dit Kagura, cette histoire est pleine de blagues que même les japonais ne comprennent pas. En effet le nombre de référence est très important si bien que presque n'importe qui peut en trouver une que d'autres ne remarquerons probablement jamais.

Mais toutes ces parodies mélangent tous les types d'humour du très gras au comique de geste en passant par des imitations, des jeux de mots et bien sur de nombreux (sous)entendus (dont une bonne partie est plutôt salace).

Bien sur il y a toujours des moments de vide où on rit peu ou prou, Mais si l'on compare au nombre de tomes/Episodes, ceux-ci sont d'une grande rareté et ils réussissent malgré tout à nous arracher un sourire.

Mais de quoi parle cette histoire ? Car le résumé ne se concentre que sur une infime partie de ladite histoire.
  Un samouraï et ses deux compères forment les "Yorozuya Gin-chan" qui ont du mal à payer leur loyer et vivent comme des « imbéciles », difficile de trouver un terme plus juste vu le nombre de remarques complétement absurdes (dans tous les sens du terme) qu'ils sont capables de sortir à la minute.

Gintoki (Gin-chan), le personnage principal est présenté dès le début comme étant un « glandeur » accro au sucre doté d'une permanente naturelle et de cheveux argenté (d'où son nom de Gintoki, Gin voulant dire argent(é) ). Kagura, la jeune fille extraterrestre à la force herculéenne, fille du plus puissant combattant de l'univers qui est aussi la première héroïne du Jump à avoir vomi à l'écran et est très influencée par Gin-chan, elle a également un estomac aussi profond qu'un trou noir. Sadaharu est le chien extraterrestre géant mais adorable auquel Kagura s'est attachée. Enfin Shinpachi est le seul personnage "normal" de la série malgré son fanatisme pour l'idole Otsuu et le fait que son principal trait de caractère se trouve être ses lunettes. Pour ce jeune homme qui a décidé de suivre Gin-chan pour devenir un véritable samouraï, on peut dire que la vie est dure et qu'il passe une grande partie de son temps à se demander pourquoi il a bien pu faire ça.

  Côté contexte, le synopsis parle des extraterrestres qui ont conquit Edo. Ce côté SF n'est pourtant pas extrêmement mis en valeur, il sert surtout de support pour introduire notre technologie à l'époque où ce sont les occidentaux qui ont "envahi" le Japon. Ainsi les non amateurs de SF peuvent quand même le regarder (même si généralement ceux qui regardent ce genre d'animes ont tendance à aimer ce genre, il y a de rares exceptions). Quand aux amateurs (comme moi), ils ne considèreront pas forcément cette œuvre comme étant de la SF, mais auront toujours des clins d'œil ou des moments qui leur rappelleront le genre (je pense notamment aux histoires parodiant DBZ et à l'arc sur Elizabeth qui parodie à de nombreux moments Star Wars), le seul rappel constant de ce genre étant les amantos eux-mêmes, entre le prince « Baka » (idiot) et ceux qui ont une tête de chien, il y a de quoi faire.
L'importance de la culture japonaise est également très présente par le fait que Gintoki est un samouraï ayant combattu pendant la guerre ayant suivi l'arrivée des Amantos sur Terre.

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 Bien que ce thème soit constant, il reste minime dans la plupart des tomes/Episodes qui sont du grand "n'importe quoi" :

- Les membres de la police ont un commandant qui est un traqueur obsessionnel (stalker) et pervers (Kondo Isao), leur vice commandant est un otaku accro à la mayonnaise (Hijikata Toushiro), le capitaine de la 1ère division est un sadique notoire, rival de Kagura (Okita Sougo) et leur espion a une obsession du Badminton et des anpan -pains à la viande (Yamazaki). De plus ils passent leur temps à détruire les rues de la ville plutôt que de la protéger et sont souvent vu traquant Katsura (L'un des anciens frères d'arme de Gintoki) concourant pour la palme de plus idiot avec Kondo Isao et toujours accompagné d'un canard géant appelé Elizabeth.

- La sœur de Shinpachi, qui est la personne traquée par Kondo, est considérée comme étant le personnage le plus violent de la série. Son amie d'enfance Kyubei qui a grandi étant entrainée à devenir l'héritier (non je n'ai pas fait de fautes d'accords) de la famille Yagyu, famille très connue pour sa maîtrise du sabre, est obsédée par Tae et est par l'idée de devenir un homme, ce délire s'accordant malgré tout avec sa droiture de guerrier.

En n'oubliant pas une ninja Sadomasochiste amoureuse du héros qui passe son temps à le traquer et à lui faire des propositions... pour le moins indécentes (Sarutobi Ayame ou "Sa-Chan"), un ninja souffrant d'hémorroïdes aussi accro au Jump que Gin-chan (Hattori Zenzou), un MADAO (« Marude damena ossan » ou « bon à rien/Chômeur » : Hasegawa Taizo), la propriétaire de l'appartement des héros ainsi que du bar en dessous qui est une vieille mégère (Otose), un robot qui travail pour elle (Tama), une ancienne voleuse Amanto à tête de chat (Catherine) ou encore la chef des Hyakka (police de Yoshiwara, ville souterraine de prostituées), travailleuse sérieuse et acharnée qui n'a aucun sens des réalités ayant passé sa vie à Yoshiwara (Tsukuyo).
Avec bien sur Sakamoto Tatsuma, directeur d'une grande compagnie marchande mais qui laisse son bras droit (Mutsu) s'en occuper pendant qu'il passe son temps dans des cabarets (malgré cela il a fait la guerre aux côtés de Katsura, Gin et Takasaugi).

- Il ne faut pas, bien sur, omettre les principaux antagonistes que sont Takasugi Shinsuke et Kamui. Seul personnage vraiment sérieux de la série qui veut tout détruire mais qui se retrouve malgré ça dans des situations douteuses (je pense notamment à un épisode où les personnages principaux se sont amusés à annoncer que la Série allait s'arrêter et où ils ont fait plusieurs versions de la fin de la série avec notamment le combat Gin/Takasugi totalement inventé bien sur), Takasugi Shinsuke a grandi avec Gin et Katsura et participé à la guerre du Joui à leur côté et celui de Tatsuma. Kamui est le grand frère de Kagura, psychopathe notoire avec une obsession pour le combat et le sang.

Cette présentation succincte des personnages récurrents résume en quelque sorte l'esprit de la série. Avec des personnages pareils, les épisodes ne peuvent qu'être drôles. Mais bien sur, comme je l'ai dit plus haut, tout dépends de l'humour de la personne car tous les genres sont représentés, certains trouverons certains tomes/Episodes plus drôles que d'autres.

  Comme dit plus haut, une bonne partie des personnages sont également des références en elles-même puisque Gintoki serait adapté d'un guerrier légendaire du japon, dont le nom était Sakata Kintoki, ce qui sert de blague récurrente lorsque les personnages se trompent sur son nom, Gintoki rétorque que  l'anime/mangas s'appelle Gintama "âme d'Argent" et que le renommer reviendrait à renommer l'animé/mangas d'une façon bien trop vulgaire pour leur heure de passage à l'antenne (pour l'anime)/le jump (pour le manga). En effet le manga/anime serait ainsi rebaptisé Kintama  (ce qui a d'ailleurs été fait pour l'arc Kintoki), ce qui veut littéralement dire "couilles".

Beaucoup de personnages historiques de l'ère d'Edo sont également parodié tels que Katsura Kogoro qui devient ici Katsura Kotaro, Nagakura Shinpachi (un membre du shinsengumi) et Shimura Ken (un acteur japonais) donnent leur nom à l'un des yorozuya, Okita Soji est devenu Okita Sougo, Yamazaki Susumu est devenu Yamazaki Sagaru, Kondo Isao est inspiré de Kondo Isami et Hijikata Toshiro vient d'Hijikata Toshizo. Ces quatre derniers ayant été également des membre du Shinsengumi dans la réalité. La plupart des personnages dont s'est inspiré l'auteur ont eu un rôle important (ou de support d'un personnage important), et la plupart des personnages ne sont pas rattachés à ces personnages historique uniquement par le nom (si on oublie Shinpachi). Ainsi Katsura va rencontrer la tenancière d'un restaurant de ramen qui va l'aider à se cacher et qui va plus tard devenir l'un des endroits où on peut le trouver facilement. Cette tenancière s'appelle Ikumatsu. Chose étrange, son nom est le même que celui de la femme de Katsura Kogoro qui l'a également aidé à se cacher. De même Sakamoto harcèle une femme du cabaret de Tae en lui demandant constamment de l'épouser, or cette jeune femme porte le même prénom que celui de la femme du Sakamoto historique et sa compagnie, le "kaientai" est également le nom de la première compagnie commerciale moderne du Japon. Dans le plus connus, On peut noter la présence de Sarutobi "Sa-chan" Ayame une ninja dont le nom vient très probablement du très célèbre Sarutobi Sasuke. Et je pourrai radoter encore longtemps sur les autres, qu'il s'agisse de Takasugi, de leur maître à lui Katsura et Gintoki ou encore de Bansai; nombreux sont les personnages ayant existé.
De plus il ne faut pas oublier que le quatrième mur est presque constamment brisé et que les l'un des principaux intérêts de ce manga est qu'ils remettent 100% de conventions en question.

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  Malgré cela, et comme le suppose le résumé, il existe des arcs "sérieux" (bien que rares) qui sont excellents. Bien plus intéressants que ceux des autres shonens en général tout en conservant une touche d'humour. L'un des intérêts est que ces arcs durent rarement plus d'une dizaine de chapitres (environ deux tomes) donc on a pas le temps de se lasser.

Le contraste avec l'humour des autres tomes/épisodes joue surement sur l'impact de ces arcs, notamment lors de l'apparition de la sœur du premier capitaine du Shinsengumi, ou lors de l'arc dit de "Yoshiwara" (Pour n'en citer que deux).

Bien que suivant suivant une trame typique du shonen, celle-ci est remaniée de façon à être beaucoup plus crédible et est portée par le charisme de personnages tels que Gintoki, Otae, Hijikata ou Tsukuyo.

 Le traitement de l'histoire est généralement bien fait. Bien que l'on pourrait penser à première vue qu'il n'y a pas de trame principale, il y en a bien une, mais celle-ci est reléguée au second plan en général pour ne revenir sur le devant de la scène que lors des arcs considéré comme sérieux. De nombreux détails sont répartis dans quelques chapitres tout au long de l'histoire mais tout en restant très léger, ils nous donnent une meilleure compréhension des personnages mais aussi du fonctionnement du monde dans lequel ils évoluent ou ont évolué.

 Je considère le développement des personnages comme étant très bien fait, et comme étant assez homogène tout au long du manga, bien sur cela dépend en partie de l'âge des personnages (en effet Kagura et Shinpachi qui ont environ 14 et 16 ans respectivement auront vécu moins de choses que Gin qui à environ dix ans de plus et a participé à une guerre), mais pas que. En effet l'arc Kintoki (qui ne sortira en France probablement pas avant quatre ans, sauf si Kana décide de reprendre la double parution), on peut voir l'évolution des personnages au travers de l'évolution de leurs relation. Il est très intéressant de comparer sur ce point  cet arc avec celui de la perte de mémoire de Gintoki.

De plus il s'agit de l'un des très rares mangas où non seulement je supporte le personnage principal mais où en plus il fait partie de mon top 10 - pour ne pas dire qu'il est mon préféré. Il s'agit également du premier manga où il n'y a aucun personnage que je n'aime pas ou déteste et où j'adore la plupart des personnages (bien que pour certains il m'ait fallu du temps pour les apprécier, comme Tae). Ils sont en effet tous très intéressant au point que je n'arrive pas à ne pas aimer au moins un point de leur personnalité.

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  Côté design, sans être mirobolant, le chara design n'est pas moche, bien que celui de l'anime soit plus plaisant. Plutôt décalé, il n'est pas parfait mais est assez bon pour transmettre l'atmosphère tantôt délirante tantôt pesante du manga.

A ne pas lire pour se détendre, il est possible d'avoir un mal de tête pour toute personne ayant du mal à suivre leur logique (Attention SPOILER :par exemple dans l'épisode 232 le chapitre 353 du tome 41 où Katsura s'emmêle les pinceaux en cherchant à savoir ce qu'il n'est pas sensé chercher et comment le chercher sans le chercher.)

 Mauvais points :

Ce mangas étant complètement dans mon type d'humour, je n'ai aucun Vrai mauvais point dessus.

En revanche il est vrai que si l'on ne voit pas d'intérêt à ce type d'histoire un peu fantaisiste il est très difficile voire impossible d'y adhérer. Car même si certaines personnes pouvaient trouver un type d'humour à leur goût il leur faudrait attendre un bon moment, par exemple en tant que grande admiratrice de Pierre Desproges, j'ai trouvé quelques blagues dignes de lui, mais elles ne sont pas spécialement nombreuses.

Pour aimer ce manga il faut donc soit avoir un humour proche de Ionesco ou de Tardieu soit avoir une grande patience pour tout lire/visionner afin de trouver quelques moments qui pourraient nous plaire (mais je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui avait fait ce choix). Enfin, on peut choisir de ne pas adhérer. Je n'ai jamais rencontré de demi mesure.

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