"Les Lumières de la France" de Joann Sfar
Après quelques détours par le cinéma (Le Chat du Rabbin ) et la télévision (Petit Vampire), Joann Sfar se consacre de nouveau exclusivement à ses planches, avec la liberté de ton qu'on lui connaît.
Le dessinateur prend cette fois pour cible la bien-pensance des Lumières, en mettant le doigt sur la légèreté de leurs mœurs et de leurs indignations, qui tranche avec l'horreur du commerce triangulaire.
Mais la bande dessinée n'a rien d'un manifeste politique. Certes, on se moque de tant d'hypocrisie et de bons sentiments, mais l'intention est clairement d'amuser, de faire rire.
Et Sfar fait bien mieux puisqu'il émerveille. Il épate par sa manière de sortir des écluses. Aucune linéarité dans ce petit bijou -que dire de l'enfant esclave, protagoniste finalement évacué de l'histoire sur un coup de tête ?-. Le libertinage, même scénaristique, est de mise.
Au final, "Les Lumières de la France" est un coup de griffe désopilant, beau, et teinté d'un érotisme délicieux. Vivement la suite.
F.D.