Anthony Palou (écrivain)
"On ne peut pas expédier sa famille en 10 minutes"
Dans l'appartement d'Anthony Palou, les livres sont partout et chaque surface plane supporte vaillament sa quantité d'ouvrages. Les livres y sont plus nombreux que tout ce qui pourrait être présent en nombre dans un appartement parisien. Son deuxième roman "Fruits et légumes" vient à peine de paraître qu'il semble déjà faire l'unanimité. Les critiques ne sont pas seulement positives, elles semblent émues presque touchées. Pourtant cela fait près de 10 ans que le premier, "Camille" (Prix Décembre 2000) est sorti mais personne ne semble l'avoir oublié. L'auteur est actuellement en lice pour le Prix Renaudot.
- Fruits et légumes
- Anthony Palou
- Albin Michel
- 14 euros
L'Internaute Magazine : que s'est-il passé pendant ces années, pourquoi avoir attendu 10 ans pour sortir votre deuxième roman ?
Anthony Palou : je ne sais pas... Sans doute pour la bonne raison que ce livre là est un petit peu compliqué puisque j'y parle de ma famille. On ne peut pas expédier sa famille, son père ou sa mère en 10 minutes. J'avais pris énormément de notes, plus de 300 pages de notes. Il a fallu les concentrer, les organiser. Au moins 10 ans, c'est un chiffre rond et je ne le dis pas par coquetterie.
Comment avez-vous choisi ce thème, comment sait-on qu'on tient la bonne idée ?
C'est une question difficile. J'ai commencé par un roman qui s'appelle "Camille" et en général ce que l'on dit, c'est que dans un premier roman on commence par parler de soi. Or "Camille" qui se passait à Nantes, n'est pas une histoire vécue, je l'avais écrit à la troisième personne. Je déteste écrire à la première personne. Pour ce livre là, comme c'était l'histoire de ma famille... Je me suis posé la question : première ou troisième personne ? J'ai commencé à rédiger le livre à la troisième personne, mais ça ne marchait pas. Vraiment pas. Donc, je me suis livré, c'est le cas de le dire, à la première personne. Vous parliez des 10 ans, c'est peut-être à cause de ça. De cette difficulté d'écrire à la première personne. En fait, ce second roman est peut-être mon premier. C'est très compliqué d'écrire sur sa famille.