Anthony Palou (écrivain)
"Il n'y a pas de gras dans mes romans"
Quelle est la part d'autobiographie ? Est-ce que c'est une autofiction ?
Pas du tout, ce n'est pas du tout de l'autofiction. L'autofiction, c'est quelqu'un qui se livre de manière psychanalytique... Je déteste ce mot. C'est auto-biographique à 70% ou 80%
La thématique est difficile, est-ce que le fait d'écrire l'est aussi ?
Je pense que l'écriture n'est pas difficile en soi. Pour moi, l'écriture n'est pas difficile. En ce moment vous êtes chez moi et comme vous pouvez le voir, il n'y a pas de bureau. J'ai simplement une table basse, j'ai un lit, un canapé... Mais l'écriture n'est pas difficile car j'écris quand je marche, quand je suis allongé, pour moi ce n'est pas une souffrance. Je n'ai pas cette phobie de l'écriture. C'est au contraire quelque chose que j'aime bien.
Dans ce roman, vous rendez hommage à des métiers qui sont en train de disparaître. Un thème qui vous rapproche d'ailleurs du roman de Michel Houellebecq...
Ce que j'ai voulu dans ce livre, c'est moins parler de moi que des gens que je décris. Les personnages dont je parle font partie d'un monde évanoui. C'est le poissonnier, c'est le charcutier, c'est tous ces gens là. C'est un monde qui est perdu... Mais comme je ne suis pas balzacien, je ne sais pas les décrire. Je ne sais pas faire dans la longueur, dans la description. Je suis dans le court, dans le sec, dans l'os. Il n'y a pas de gras dans mes romans. Mais je crois qu'il n'y a pas besoin que ce soit long, car le lecteur, en lisant la description de l'huissier, du poissonnier se fait son propre roman. Car chacun de ces personnages est un roman et mériterait un roman.