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Anthony Palou (écrivain)
"J'ai beaucoup de compassion pour mes personnages"

"Fruits et légumes" comme votre premier roman, est teinté de mélancolie et sans doute aussi de nostalgie. Comment l'expliquez-vous ?

C'est une vraie question. Je suis sans aucun doute une personne mélancolique. Je n'aime pas les happy end. Effectivement mes livres se terminent assez mal généralement mais je ne fais pas ça par cruauté. Je le fais parce que je pense que le lecteur y pense davantage, il peut y penser ensuite... J'ai beaucoup de compassion pour les personnages. J'aime mes personnages et je ne suis jamais méchant avec eux . Je peux être cruel dans les descriptions mais la cruauté c'est différent. La méchanceté s'inscrit dans la longueur alors que la cruauté, c'est aussi l'acuité. Peut-être que le prochain roman sera plus heureux et se terminera bien.

Auriez-vous aimer avoir la vie de votre grand-père ?

Oui, sans doute. J'ai travaillé à partir de l'âge de 11 ou 12 ans aux halles de Quimper, le week-end, et j'ai vécu cette ambiance, j'ai vu ces gens de peine mais néanmoins très heureux. Pour moi, c'est un monde rêvé. Dans ce livre, il y a aussi le monde des Baléares. Le héros du livre, le grand-père du narrateur quitte l'Espagne en 1936, va vivre à Quimper et crée cette boutique de fruits et légumes. C'est l'histoire d'une ascension et d'une décadence. Dans les années 1970, quand mon père a repris l'affaire, il y a eu l'arrivée des supermarchés et l'incendie des halles de Quimper.

Que dire des villes de province actuelle ?

Actuellement, vous allez à Quimper, à Dijon, à Bézier, toutes les villes se ressemblent. A la périphérie, on trouve un Conforama, un Leclerc, et les centres ont été complètement bouffés par les franchisés. On ne trouve plus de boutiques... Sauf dans le centre de Paris. Et c'est de ça dont je voulais parler dans le livre. La mondialisation. Et c'est la même chose pour l'Espagne. Mon Espagne, c'est celle des années 1970. La mondialisation, le tourisme a tout abimé. Quand j'ai revu le port de mon grand-père... L'Espagne, c'est le pays qui s'est grangréné le plus rapidement. Mais il y a aussi des avantages à la mondialisation... Alors tant mieux pour eux. J'ai adoré ce pays.

Etes-vous satisfait de votre livre ? Est-il comme vous avez voulu qu'il soit ?

Oui absolument... Je suis fier de mon livre.

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