Chapitre 1 page 14
- Page 11 : "Une heure avant que son monde n'éclate comme une tomate bien mûre..."
- Page 12 :"D'habitude, Maman était du genre facétieux. Pas larmoyant..."
- Page 13 : "Mais la vérité était plus simple : il aimait vivre en banlieue avec papa-maman..."
- Page 14 : "Ils vendaient la maison. Myron n'arrivait toujours pas à le croire. Son regard errait..."
-sence des flics sur la route du delicatessen. Puissant convoi de Cadillac Seville.
- Et ce n'est pas tout, poursuivit Maman. Il est en train de taper ses mémoires. Un homme qui ne sait pas faire la liste des commissions se prend soudain pour un ex-président.
Ils vendaient la maison. Myron n'arrivait toujours pas à le croire. Son regard errait dans le décor, un décor plus que familier, et venait buter sur les photos accrochées au mur dans l'escalier. Il y voyait l'évolution de sa famille à travers les modes - les jupes et les revers rétrécissant ou s'agrandissant, les franges quasi hippies, les machins en daim, les pattes d'éph', les smokings hallucinés qu'on n'aurait même pas acceptés dans un casino de Vegas -, les années s'enfuyant d'un cadre à l'autre comme dans une de ces déprimantes pubs pour assurances vie. Il fit une pause sur les poses de sa période basket - un gamin au lancer franc, un préado sautant au panier, un ado réussissant son dunk - la série se terminant par les couvertures de Sports Illustrated, les deux premières le montrant à Duke et la dernière avec la jambe dans un plâtre orné de cette légende en lettres capitales : EST-IL FINI ? (la réponse étant un oui ! gravé lui aussi en capitales sur son cerveau).
- Alors, quel est le problème ? demanda-t-il.
- Est-ce que j'ai dit qu'il y avait un problème ?
- Non, mais tu es avocate.
- Et alors ? Tu as peur de ta propre mère ?
- Non, mais j'ai presque peur des avocats.
Elle croisa les mains devant elle.
- Il faut qu'on parle.
Myron n'aima pas son ton.
- Mais pas ici, ajouta-t-elle. Allons faire un tour.
Il acquiesça et ils se levèrent. Avant qu'ils atteignent la porte, la sonnerie de son portable le rattrapa. Myron dégaina à une allure qui aurait impressionné Wyatt Earp.
- MB Sports, déclara-t-il d'une voix soyeuse, professionnelle.
Myron Bolitar à l'appareil.