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Pierre Bellemare Photo © L'Internaute
Magazine/Marie Bruggeman
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Etes-vous un conteur plus à l'aise à la radio, à la télé ou sur papier ?
Pierre Bellemare : L'idéal pour un conteur est sans aucun doute la
radio. Ce support vous laisse une totale liberté d'imagination. Aucune image
ne vous est imposée. Ensuite je classerais l'écriture qui a des pouvoirs
voisins et en dernier la télé.
Est-ce que vous faites quelques choses de particulier pour entretenir
votre voix ?
Pierre Bellemare : Comme toutes les voix facilement reconnaissables,
j'ai une mauvaise voix. Et ce sont ses défauts qui forment sa personnalité.
J'ai perpétuellement un chat dans la gorge. Et si un jour, vous avez entendu
mon bêtisier, il n'est composé que de raclements gutturaux. On reconnaît
un conteur à son débit et à sa façon d'accentuer certains mots ou certaines
phrases. Et surtout de marquer les silences ! J'ai appris cela de mon beau-frère
qui s'appelait Pierre Hiegel, grand animateur de radio et grand musicologue.
Aux "Grosses Têtes", vous êtes extra, j'apprécie l'humour, même
avec un abord assez "rigide" est ce que je me trompe ?
Pierre Bellemare : Il est exact que je suis relativement secret. Et quand
une personne discrète se lâche, ça donne parfois des résultats étranges.
J'aime bien me moquer de moi-même. J'aime moins me moquer des autres.
Qu'est-ce qui vous plait dans l'émission des "Grosses Têtes"
?
Pierre Bellemare : On arrive aux grosses têtes sans aucune préparation.
C'est de l'improvisation absolue. C'est cette disponibilité immédiate qui
est très excitante. La complicité également avec des compagnons que je connais
depuis 30 ans et plus. Les "Grosses Têtes" n'existeraient
pas s'il n'y avait pas Philippe Bouvard. C'est sa spontanéité et son esprit
qui forment le conducteur essentiel du programme et qui permet aux autres
de rebondir.
Qui est le plus virulent ?
Pierre Bellemare : Mabille est sans aucun doute le plus spontané et le
plus cultivé des partenaires des "Grosses Têtes".