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Pierre Bellemare

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Pierre Bellemare
 
Pierre Bellemare Photo © L'Internaute Magazine/Marie Bruggeman
 

Où trouvez-vous toutes ces histoires vraies ? Quelles sont vos sources d'information ?
Pierre Bellemare : Nos histoires sont pour la plupart fournies par la presse mondiale, qui est lue par 2 documentalistes multilingues. Cela représente 80 % des histoires et 20% par lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs.

Quels journaux lisez-vous pour trouver ce genre d'histoire ? Pierre Bellemare : Nous lisons la presse quotidienne du monde entier. Par exemple en France : Le Parisien, Marianne, la presse quotidienne régionale, même Le Monde et Libération.

Dans l'actualité de ces derniers jours, trouveriez quelque chose pour inspirer une de vos histoires ? Pierre Bellemare : Nous sommes servis. Nous avons un très grand choix, entre le faux taxi qui embarque une jeune femme et le papa qui séquestre sa fille pendant 24 ans. Nous avons un triste choix d'horreurs !

Qu'est-ce qui vous plaît le plus : inventer une histoire ou raconter une histoire vraie ?
Pierre Bellemare : Les deux sont très intéressants. L'année dernière nous avons fait paraître Nul ne sait qui nous sommes, un roman qui était de la pure fiction. 6 mois plus tard Mort ou vif, un recueil de récits sur des poursuites célèbres à travers un continent ou à travers un pays. Les plaisirs sont différents mais égaux en intensité. Cependant, il est plus facile de raconter une histoire vraie que d'inventer un récit.

Comment vous est venue l'idée de raconter des histoires ?
Pierre Bellemare : Nous avons commencé avec Jacques Antoine sur Radio Luxembourg dans les années 52-53. Nous racontions le dimanche soir à 20h30 une histoire qui durait une demi-heure. Cette série a duré quelques années et s'est arrêtée peu de temps après la création d'Europe 1 à laquelle j'ai participé. Les 2 stations étant concurrentes, il fallait choisir ! Une émission de radio s'oublie très vite. 6 mois après sa fin, plus personne ne sait qu'elle a existé. Et pourtant curieusement, 5 ans, 10 ans, 15 ans après les Histoires vraies, on continuait à nous en parler. Quand Europe 1, en 1972, m'a proposé une seconde émission sur son antenne en dehors des jeux que j'animais entre 11h30 et 13h, j'ai proposé de raconter à nouveau des histoires. Les dossiers extraordinaires étaient nés. L'aventure allait durer 14 ans.

Avez-vous déjà été très effrayé par l'une de vos histoires ? Si oui, laquelle ?
Pierre Bellemare :
Non je n'ai jamais été effrayé par une histoire que j'ai racontée. Mais si étant seul, je dois traverser par un chemin de terre 2 km de forêts, je serais très heureux s'il y a quelqu'un avec moi.

Plus l'histoire est sombre, plus elle vous intéresse ?
Pierre Bellemare : Non ce n'est pas le poids tragique d'une histoire qui force mon intérêt. C'est son déroulement surprenant, les caractères particuliers des héros ou héroïnes. Il faut qu'une histoire me surprenne pour qu'elle m'intéresse. Heureusement, l'humanité est très surprenante.

C'est quoi le style d'histoires que vous préférez raconter ?
Pierre Bellemare : J'ai raconté beaucoup d'histoires criminelles mais également beaucoup de faits divers qui n'avaient aucun rapport avec le crime. Ces histoires tiraient leur valeur de l'exceptionnelle qualité des caractères. C'est donc plutôt ces récits-là qui ont eu mes préférences. Je me souviens dans "Journée d'enfer" d'un homme qui a un accident de la route avec son 4x4 et tombe dans un ravin. Il survit à la chute mais l'une de ses jambes est coincée dans les débris de la carrosserie. Il a un couteau sur lui et va se couper la jambe. Grâce à cet acte, il aura la vie sauve. Quel courage exceptionnel !


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