Romain Monnery
"Le désespoir est en option"
Croyez-vous qu'on puisse être heureux ainsi, sans vocation et sans aucune ambition ?
Ce n'est pas forcément le moteur d'une vie. Je crois que lorsqu'on vient d'une famille sans beaucoup d'argent et sans besoin, on n'est pas forcément attiré par le carriérisme. Il y a plus de gens ainsi, qui ne veulent rien se prouver, qui n'ont pas les dents qui rayent le parquet... C'est très agréable de mener une petite vie, sans rendre de compte à personne, profiter d'une certaine oisiveté avec plus de liberté et moins de pression. Mais attention peut-être au retour de bâton... Quand on choisit de ne mener une vie sans se surcharger de travail donc sans gagner beaucoup d'argent, on tombe souvent dans la restriction permanente, surtout à Paris. Et puis il y a un moment je pense où on a besoin de grandir et de s'assumer complètement.
Le livre oscille entre humour, sarcasmes et cynisme. Est-ce un roman pessimiste ?
J'ai voulu écrire quelque chose de plutôt léger. Disons que le désespoir est en option. Le personnage principal n'est pas heureux, c'est certain. Il a un vide affectif même s'il n'arrive pas à mettre de mots dessus. L'idée du livre était quand même de trouver un équilibre entre le côté désenchanté, fataliste et puis l'humour.
Aujourd'hui, quels sont vos projets ?
Je travaille le week-end à l'Argus de la presse et je me laisse du temps pour envisager de nouveaux projets littéraires. Je ne suis pas vraiment surchargé ce qui me permet de lire énormément.
Votre dernier coup de cœur littéraire ?
Sans hésitation, "Les dimanches de Jean Dézert" de Jean de la Ville de Mirmont, l'histoire d'un petit homme ordinaire qui se promène les mains dans les poches sans penser à mal. Un livre formidable que je conseille vraiment.