Depuis 1981, une loi impose aux éditeurs de fixer un prix unique pour chaque livre et limite le rabais à 5 %. Aujourd'hui, le PDG des magasins Leclerc veut faire abroger cette loi. Qu'en pensez-vous ? Participez
Non à la disparition des libraires ! Isabelle Devals, Alès La loi Lang de 1981 est-elle une bonne mesure ? Oui. Elle a permis la sauvegarde d'un métier : celui de libraire ! Sans cette loi, les libraires auraient subi le même sort que les disquaires... Ceux-ci ont disparu ! Il n'y a plus un seul disquaire indépendant (je précise) en raison des tarifs de gros appliqués par les grandes enseignes.
Pour vous, le prix des livres est-il trop élevé en France ? Non. On ne peut pas dire ça ! Les grands formats sont assez chers, je le conçois, mais on les trouve en poche quelques mois seulement après leur parution. Et ce pour tous les rayons : littérature, cuisine, jeunesse, sciences humaines... De plus les éditeurs étant assez nombreux sur le marché, il y a beaucoup de concurrence et donc de plus en plus de collection à petit prix (par exemple, en littérature les librio à 2 €, en cuisine les petits pratiques Hachette à 5 € environ, et je pourrais vous en citer pour tous les rayons quasiment).
Selon vous, l'abrogation de cette loi pourrait-elle relancer le marché du livre ? Pas du tout ! Au contraire ! Non seulement cela entraînerait la mort des libraires indépendants (les petites librairies au début, puis les moyennes) mais en plus le prix des livres ne baisserait pas, vu qu'il n'y aurait plus de concurrence, les clients seraient obligés d'aller acheter leurs livres tous au même endroit et donc pourquoi ces enseignes baisseraient leur prix ? Pour vous faire plaisir ?
Le livre est-il un bien de consommation comme un autre ? Bien sûr que non ! On n'achète pas un livre comme on achète une boîte de petits pois. Quand vous achetez de l'essuie tout, est-ce que vous apprenez quelque chose ? Non ! Par contre un livre est un bien culturel et chaque livre apporte quelque chose à son lecteur.