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DOSSIER
 
Février 2008

"Nos côtes offrent une multitudes de possibilités de créations de ports intelligents, écologiques, économiques"

Agacés de devoir se battre pour obtenir une place au port, certains jettent l'éponge tandis que d'autres se sont adaptés. Des solutions existent : réaménagement des sites, location ou stockage, pour lutter contre les "bateaux bouchons".
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Des listes d'attente de plusieurs années

La plupart des lecteurs possédant des bateaux les ont acquis à force de travail et après avoir réuni les moyens pour financer cet achat souvent conséquent. Mais les désillusions sont nombreuses, car l'acquisition d'un bateau implique également de trouver une place pour l'amarrer. Or, il manque en France entre 54 000 et 60 000 places dans les ports pour faire face à l'attrait grandissant des plaisanciers pour les activités nautiques.
Paul, qui a par exemple acheté un bateau l'année dernière "car cela faisait trop longtemps [qu'il] en rêvait" s'est "malgré la promesse d'une place de port par la concession qui m'a vendu le bateau, retrouvé sur une place où il me faut enjamber 5 bateaux pour accéder au mien avec le risque de tomber à l'eau". Un an plus tard, écœuré, il le remet en vente. Son histoire est partagée par de nombreuses personnes, comme Hervé qui "fait la queue. Il en est de même pour avoir une place sur ponton. Il faut attendre environ 5 à 6 ans pour les tailles jusqu'à 9 m".

 
Les places sont rares en Méditerranée. Photo © Bernard Cailleux
 
"Il faut attendre 5 à 6 ans pour les grands bateaux."

Jul, quant à lui n'est pas dupe et estime que "les places sont réservées aux personnes fortunées. Il y a des listes d'attente qui n'en sont pas puisqu'il faut attendre 20 ans ! Et je soupçonne certains de bénéficier de passe-droits".

Certains négocient donc l'achat de leur bateau avec un emplacement, comme Maurice qui a dû acheter son voilier à quelqu'un qui laissait aussi la place : "Ca a limité mon choix et je l'ai payé plus cher car il avait une place".



S'adapter pour pouvoir continuer à pratiquer sa passion

Si certains ont renoncé à cause des frais exorbitants que l'achat et les places au port entraînent, certains se sont adaptés et d'autres proposent des solutions plus générales au problème.

"La France se refuse à répondre à la demande croissante des plaisanciers."

Maurice pense que "les régions devraient investir dans la création de ports. Il y a de la place le long de la Méditerranée. L'investissement est lourd mais la rentabilité est assurée. Cela boosterait l'économie". Car en somme, "nos côtes offrent une multitude de possibilités de créations de ports intelligentes, écologiques et économiques", déclare Patrice.

Jean-Pierre et Marcel jugent qu'il faudrait penser à réhabiliter les sites professionnels comme les ports de pêche en perte de vitesse car "la pêche va devoir se transformer, ouvrons les yeux la ressource s'épuise le métier est trop dangereux. La plaisance fait rêver et génère des emplois mais il manque de personnel qualifié".

Des solutions évidentes, adaptées aux bateaux à petit gabarit se sont également imposées aux lecteurs, comme Yves, Patrick ou Hervé qui ont opté pour la mise à sec, sur des terre-pleins, qui permettent de gagner des places sur les emplacements traditionnels en port. Jean-Pierre opte pour cette solution en hiver et le remets à l'eau en été : ainsi "je paye plein tarif mais uniquement pour les périodes où j'utilise mon bateau. Et le plus souvent j'essaye de laisser mon bateau au mouillage".

 
Photo © Thierry Porteboeuf
 
"On devrait fixer les prix des appontements au prorata du nombre de jours de navigation !"

Lionel propose quant à lui une solution qu'il juge plus égalitaire et qui consisterait à "fixer les prix des appontements au prorata du nombre de jours de navigation : moins vous naviguez, plus vous payez !"

Des réponses étroitement liées à celles proposées par le Comité de développement des capacités d'accueil de la plaisance (CODCAP), comme la requalification des friches portuaires, l'extension des ports de plaisance à haute valeur environnementale, la création limitée de ports de plaisance, l'aménagement intégré de ports à sec, le développement de zones propres de mouillage organisés et l'optimisation de la gestion des places.
La Fédération Française des Ports de Plaisance à par ce biais réfléchi au devenir des ports de plaisance, en soulevant le problème du déséquilibre entre une flotte de bateaux grandissante et une offre portuaire peu évolutive.

 

Chiffres clés des ports de plaisance en France
Flotte active de 442 000 bateaux
122 000 bateaux de plus de 6m
166 000 places dans les ports
370 ports en France
60 000 places en mouillage
1 emploi direct pour 100 places de port
Source : Fédération Française des Ports de Plaisance / 2008


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