Les navires de transports de passagers peuvent parfois se faire secouer surtout quand le moteur tombe en panne.
C'est ce qui est arrivé à Pierre-Yves de retour des îles Chausey dans les années 60, sur un navire transportant une centaine de passagers."La mer est devenue de plus en plus forte. La nuit est tombée, le bateau se soulevait par les vagues et, bien qu'arrêté, il n'était plus possible de rester debout sans se tenir. (...) Un employé m'a demandé d'aller en cave à côté du moteur en panne. Nous n'étions que deux à ne pas être malade ! La mer est devenue de plus en plus forte.
Un chalutier est arrivé (2 ou 3 heures après) On nous a transférés sur le pont du chalutier et donné des
couvertures".
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Ferry, Grèce.
Photo © Eric COMANDINI |
"Bon courage, il y aura un vent de force 10 cette nuit"
Dans son "aller simple pour Douvres", Tina nous explique d'une banale traversée en ferry pour l'Angleterre d'une durée traditionnelle de 4 heures peut se transformer en véritable aventure. "Le bateau s'est à mis bouger dès qu'il a quitté le port. Mon copain s'en est aperçu tout de suite, moi c'est venu après. Les vagues sont devenues très hautes, très rapides et la pluie et la nuit rajoutaient au sentiment de terreur qu'on avait d'être ballottés sur un immense fer à repasser. On a suivi le conseil de l'équipage qui gardait son calme et on s'est mis à l'avant là où ça bougeait "moins". On a mis six heures à traverser la Manche (au lieu de 4 par temps calme) et on n'a jamais pu entrer dans le port car ce que je prenais pour des fusées de détresse étaient en fait les réverbères du port anglais. Le bateau montait et redescendait comme sur des montagnes russes. On a du faire demi-tour et retraverser la tempête. Résultat : 13 h de mer et on n'a jamais pu aller en Angleterre"
"la météo n'est pas des plus clémentes, un fort
vent est annoncé..." Marie
de Marseille raconte sa mésaventure lors d'une traversée entre la Corse et Marseille
: "J'effectuais une traversée de nuit. C'était
pendant les vacances de la Toussaint. J'étais à bord d'un cargo mixte de la CMN,
un navire plus petit qu'un ferry de la SNSM. Le commandant de bord a passé une
annonce à tous les passagers : "la météo n'est pas des plus clémentes, un fort
vent est annoncé..." L'équipage nous a déconseillé de dîner à bord, pour
éviter d'être malade ! En effet, dès la sortie du golfe, le bateau a été pris
dans la tempête. Nous ne pouvions pas marcher droit dans les coursives : nous
étions projetés d'un côté et de l'autre, se cognant aux murs, s'accrochant aux
rampes...Une fois dans la cabine, j'entendais le bruit des hélices sorties de
l'eau, car l'arrière était soulevé par les vagues. Le navire tanguait, roulait
et tremblait de tous les côtés. J'avais l'impression que ça n'en finirait jamais.
"Seul rescapé du mal de mer"
B.
François Jean a vécu une tempête à bord d'un car
ferry, en décembre 1970. Il raconte : " Embarqués à Oran, nous avons
subi une avarie de moteur par une mer de force 8. Fils de marin et insensible
au mal de mer, parmi les 1 200 passagers et les 600 tonnes de charge marchande
(voitures, camions, agrumes...) nous avons, avec mon fils alors âgé de 2 ans résisté
à la déroute des passagers et... de l'équipage. Nous avons eu le privilège d'accéder
à la passerelle et de vivre quelques dizaines de minutes l'angoisse du capitaine
et de son seul rescapé du mal de mer, son officier mécanicien. Nous avons clairement
ressenti un état proche de la panique à bord lors du déroutement du navire vers
l'île de Majorque pour une escale technique de deux heures (pour vérification
des conditions de navigabilité de ce navire et l'état de sa charge marchande).
Au final, le débarquement à Marseille s'est effectué sans aucune formalités. "