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Contrairement à certaines idées reçues, la mer Méditerranée n'est pas toujours un lieu tranquille de cabotage. Plusieurs témoignages en font la démonstration.

 

Nantes Champion de France en 1995
Chemin des douaniers, Bandol.
Photo © Valérie Eyglier

"On était couvert de mazout, de sel, crevés... mais vivants"
Claude-Patricia a eu très peur même si son histoire se termine bien. Elle raconte : "A l'époque je partais parfois en mer avec des amis anglais qui faisaient des charters en Méditerranée (promenaient les gens) à bord de leur vedette hollandaise. Cette fois-là, nous étions partis avec un authentique Baron à bord, nous avons été à Cannes, aux Iles de Lérins, puis à Port-Cros. C'est en revenant que le temps a commencé à se gâter, nous étions en train de manger sur le Pont, il se mit à pleuvoir assez fort. Petite fille de capitaine, faisant de la voile, je commençais à encorder tout ce qui pouvait rouler ou tomber, et je mis les 3 chats à l'abri. Les autres se moquèrent de moi, mais la tempête devint rapidement plus violente, le gouvernail était cassé en partie, il n'y avait presque plus de fioul à cause d'une fuite dans le réservoir... et pour comble, la radio avait lâché ! Plus de dinghy non plus ! Je fis des prières ! Le capitaine se jeta à l'eau pour essayer de récupérer sa moto (il n'avait pas souhaité que je l'attache), on le récupéra avec la force du désespoir, à bout de bras. Pendant qu'il "s'organisait", il me demanda de tenir la barre, ce qui n'était pas évident vu les vagues qui grossissaient de plus en plus, j'étais verte, mais je m'en sortais plutôt bien. Le Baron pendant ce temps pompait le fuel restant avec une paille, ça c'était drôle. C'est alors qu'entre les nuages, j'ai repéré des avions et aussi des silhouettes d'immeubles qui étaient illuminés : Nous nous trouvions très au large de Saint-Laurent du Var (Aéroport de Nice)! Finalement on s'est laissés dériver jusqu'au port de Saint-Laurent où l'on est entrés vers 2 H du mat' en s'aidant de "gaffes" et en demandant de l'aide à haute voix. Le capitaine du port ouvrit les toilettes rien que pour nous, on était couverts de mazout, de sel, crevés... mais vivants. Juste après, j'ai cuisiné un couscous à bord pour réchauffer tout le monde avant d'aller dormir, et le lendemain matin, Monsieur le Baron a pris un train pour regagner Menton ou Monaco. Je me demande encore s'il est remonté dans un bateau depuis. Il était très marrant et sympa. En fait, à présent c'est un super souvenir, mais ça aurait pu très mal tourner."

"La Méditerranée, une mer pas facile"
Cyrille a pu également vérifier combien la Méditerranée peut être sévère. Alors que le vent montait et que la mer se creusait, son voilier a réalisé un "empannage involontaire de la grand voile après un départ au surf à plus de 14 noeuds ! Résultat : casse du vit de mulet"

 
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