Comment avez-vous choisi le bateau ? Combien de temps êtes-vous parti ? Quels sont, d'après vous, les avantages et inconvénients de ce type de location ? Faites nous profiter de votre expérience en la matière.
Au mouillage dans les îles Lavezzi. Photo déposée par Laurent
Quel type de bateau avez-vous loué ?
Je loue avec un groupe d'amis "à géométrie variable" des voiliers en général de 8 à 12 m (rarement plus), selon le nombre d'équipiers à bord, la durée des vacances et le programme... Au-delà d'une semaine, l'espace étant restreint et la promiscuité importante, il vaut mieux louer à 6 voire 7 maximum un bateau prévu pour 8 - sauf en régate où l'on a intérêt à avoir des bras pour la manœuvre et du poids au rappel... Nous cherchons plutôt des bateaux rapides, un peu plus exigeants, typés course-croisière et très marins. Rares en Méditerranée, courants en Bretagne ou à La Rochelle.
Où et combien de temps êtes-vous parti ?
Nous avons navigué en Bretagne Sud et Nord, en Angleterre au départ de Cherbourg, sur la côte Atlantique entre la Loire et La Rochelle, en Méditerranée du côté de Port-Vendres, Collioure, autour de Marseille, Sète, plusieurs fois en Corse et en Sardaigne, deux fois aux Antilles, nous traversons aller-retour de Brest en Irlande cet été et ce n'est pas fini... Les projets manquent moins que le temps pour les réaliser. Et les sous, aussi...
Quels sont les avantages de ce type de location ?
La liberté. Si je possédais un bateau (ce qui coûte cher surtout en entretien, provoque des soucis et consomme du temps) je pourrais certes l'équiper en détail selon mes préférences, mais je resterais cantonné à un seul bassin de navigation, plus ou moins grand, autour du port d'attache.
Et les inconvénients ?
La difficulté à résoudre l'équation : quel équipage pour quel programme, sur quel bateau et à quel tarif. Il faut s'y prendre très à l'avance et obtenir des équipiers un engagement ferme assez tôt, or chacun ayant ses contraintes, c'est très difficile. A la fin il en manque toujours un ou au contraire on est au complet (serrés) et il faut dire non à un candidat de dernière minute... Conseil : partez avec des amis solides ou des gens de confiance, sains d'esprit, pas chichiteux ni pénibles pour un rien... Ou ce sera l'enfer ! Mettez-vous d'accord assez en détail sur les comptes et les dépenses pour éviter les malentendus. La voile est un ciment magnifique pour les belles amitiés, mais un crible impitoyable pour les relations superficielles et les imposteurs... Enfin on ne peut pas passer sous silence le comportement de certains loueurs, minoritaires mais j'ai déjà eu affaire à plusieurs, qui sont peu scrupuleux sur les inventaires, comptant des réparations imaginaires qu'ils ne font pas (au lieu de changer une pièce on la bricole un peu pour qu'elle tienne une semaine de plus et ainsi on la refacture n fois au prix neuf de locataire en locataire), qui ne tiennent pas leur parole donnée oralement sur la gratuité de certains services ou des options soi-disant offertes (attention au contrat, faites tout écrire) et/ou qui se font tirer l'oreille des mois pour rendre le chèque de caution... A contrario, quand vous avez noué une relation de confiance avec un loueur sérieux, vous bénéficierez les fois suivantes d'une petite ristourne, il ne cherchera pas trop la petite bête si vous cassez (dans l'usage normal du bateau) une petite pièce à bord, et vous fera bénéficier de bateaux bien préparés, avec de bonnes voiles, etc. Jouez le jeu, rendez un bateau vraiment propre, rangé, tenez-le au courant des petits soucis que vous avez pu rencontrer (un winch qui coince, un taquet abîmé, une pièce qui a lâché dans le cadre d'une usure normale, un accroc dans une vieille voile, ou tout autre problème technique) afin qu'il puisse y remédier. S'il est correct, tout le monde a intérêt à jouer franc-jeu.
Laurent
Pour répondre à Godi : je n'ai aucune expérience personnelle de croisière ni avec des enfants, ni avec des ados, notre groupe de voileux étant constitué de célibataires avec aussi quelques couples sans enfant. Ceux qui en ont, ont des enfants en trop bas âge pour envisager de naviguer et pour quelques années ont posé leur sac à terre.
La seule chose que je puis modestement dire est que les enfants que j'aperçois sur les bateaux des autres m'ont l'air de grandir plus vite et d'être plus éveillés et épanouis que la moyenne (c'est subjectif) et que les ados que je croise sur les pontons semblent plus équilibrés, moins mal dans leur peau, que beaucoup d'autres. La voile permet (me semble-t-il) d'associer un jeune au projet de croisière et de lui confier, en gardant un oeil dessus, de vraies responsabilités à bord qui lui permettront de se sentir exister. Il y a des trucs pour lesquels un garçon ou une nénette de 16 ans sont plus habiles que nous autres : sauter sur un catway avec une garde à la main, grimper en tête de mât pour bricoler la girouette... Et une manoeuvre de port réussie, Papa, Maman ou Tonton n'étant pas trop loin des manettes au cas où, peut donner une dose vitale de confiance à un ado un peu timoré. Ceci dit je parle un peu des enfants et des ados comme Jean-Jacques Rousseau qui avait mis les siens à l'Assistance Publique... Moi je n'en ai pas...
Godi
Merci pour les infos. Quelles expériences de la voile avec des enfants ou ados aguerris (sf croisière) et des familles avez-vous ? Super, le retour sur expérience
Jerome Soissons
Bonne analyse, bien argumentée et que je partage