A bord d'un voilier, d'un paquebot ou de tout autre bateau, vous avez vécu un événement qui n'était pas prévu au programme. Racontez-nous cette anecdote.
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Tempête pendant une régate de First Class 8
Alexandre
, Lille
le 02 juillet 2009
Expliquez-nous le contexte dans lequel vous vous trouviez (lieu, date, entourage...)
Les faits se sont déroulés entre deux match-racing de First Class 8 et surprise... C'était une compétition nationale entre Etudiants d'université de France et de grandes écoles... C'était non loin d'un ponton en béton dans la baie de Cherbourg. Température extérieure 4°C, force 5, un ris de pris, très bonne visibilité... J'étais le skipper sur un first class 8, bateau que je connaissais assez bien mais moins qu'un catamaran de sport.Racontez-nous cet épisode et ses éventuelles répercussions.
Un match venait de finir, et on s'était mis à la cape, et étions en train de nous restaurer. Le prochain match allait commencer dans 5 minutes, et nous étions alerte au premier signal d'un compte à rebours... Le vent s'est mis brusquement à forcir, il était tellement puissant que même les voiles larguées en grand, et au près serré (il était trop dangereux de voir le bateau changer de bord), le bateau gîtait comme un départ au lof sous spinnaker, la bôme touchait l'eau, j'ai appris au rentrant au port qu'on avait essuyé des rafales à 8 Beaufort c'est-à-dire 62 à 74 km/h. Impossible de bouger, il fallait tenir le cap (à la barre seulement), surveiller le ponton de béton derrière nous qui se rapprochait lentement. Essayer de calmer aussi l'équipage dont la plupart croyait leur dernière heure arrivée... Soudain mon équipier à l'avant me hurle "Attention à bâbord" (le bateau était couché sur bâbord ), et effectivement, ce que j'ai vu m'a bien fichu la frousse : l'un des bateaux concurrent était parti au grand largue (bâbord amure) et nous fonçait droit dessus ! A cet instant, la situation était pourtant claire : abattre aurait signifié la précipitation d'un impact possible, et une manœuvre d'évitement très pataude qui aurait pu se terminer par un départ au tas ( bateau quasiment à 90° sur l'eau ) pour l'un ou l'autre des bateaux. Essayer de changer de bord n'aurait été possible qu'en relançant le bateau en abattant légèrement, redonner de la puissance avec la grand-voile, et puis tenter de virer ; départ au tas quasi certain, et quasiment aucune chance de réussir son virement, de plus, le bateau concurrent n'aurait pas eu le temps de saisir notre manœuvre... Parfois le meilleur moyen qu'un bateau vous évite, c'est lui faciliter la tâche en ne nous bougeant pas... C'est bien ce que j'ai fait, seulement au moment où le bateau allait nous croiser, j'ai compris avec beaucoup d'angoisse à la posture de ses voiles qu'il était bloqué par son cap maxi pour descendre le vent... En d'autres termes, s'il voulait nous éviter, il aurait dû remonter le vent, et nous croiser en allure de travers. Or là, il n'osait pas abattre plus, de peur d'empanner, et vu le vent, il y aurait certainement eu de la casse... Quand j'ai vu qu'il était trop tard, j'ai hurlé à tout le monde de se cramponner, et de ne rien tenter pour éviter l'impact... Bon, le bateau nous est rentré dedans, et comme il n'a pas fait les choses à moitié, il a emporté le palan de grand voile avec lui, les équipiers de l'autre bateau ont été assez dégourdi pour dépêtrer les cordes du palan de la ferrure de leur avant... Évidemment, il y a eu une voie d'eau, et nous déclarâmes forfait, un peu dégoûtés, mais soulagés qu'il n'y ait pas eu de blessés ni d'un côté ni de l'autre... Ensuite, une fois rentré au port, pendant que les équipiers se remettaient de leurs émotions, j'ai eu droit à une partie délicate à jouer : dresser un constat avec l'autre skipper comme pour un accident d'auto. Le skipper a été sympa, il a reconnu ses torts, déjà dans leur façon de manœuvrer, et aussi parce qu'il était bâbord amure, et que nous avions tout fait pour rester immobile...
Le fin mot de l'histoire est qu'on a rien eu à dire à notre assurance. Nous avons gardé des bons souvenirs de cette compétition... Et des mois des mois après, il y a eu un moustachu (un policier) maréchal-chef des logis je crois, qui m'a redemandé de confirmer chaque fait au téléphone : vous êtes bien monsieur X ? Skipper sur le bateau machin lors de la régate bidule ? Etc.
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Pierre-Cyrille
Récit palpitant, mais un petit schéma aiderait mieux à comprendre. J'ai fait un petit peu de voile : assez pour connaître les termes, mais pas suffisamment pour bien saisir la situation
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Alain Blanc
Ce texte est accrocheur, on est en plein dedans comme si nous l'avions vécu. Bravo ! Vous pourriez écrire un livre. Quelle émotion !
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