Le Brest d’avant-guerre
Situé dans le quartier Recouvrance, dans l’un des rares bâtiments épargnés par la Seconde Guerre mondiale, le musée de la Tour Tanguy a pour vocation de préserver la mémoire de Brest. Face au château, également restauré après les bombardements de 1944, la Tour Tanguy se présente comme un dernier témoignage de l’architecture et de l’histoire d’une ville rasée il y a soixante ans. Modeste tour de trois étages, elle devient un kaléidoscope du passé grâce à ses salles cylindriques qui projettent les souvenirs de la ville dans de grands dioramas de Jim Sevellec. Face au château, la Tour de la Motte Tanguy, ou Bastille de Quilbignon, surplombe la Penfeld depuis le XIVe siècle. Toutefois, l’histoire ne permet pas de dire si sa construction est due aux Anglais, chargés à partir de 1341 de la garde de la place de Brest, ou si elle fut construite auparavant par Tanguy du Châtel. Siège de justice aux XVe et XIVe siècles, elle changea de main plusieurs fois pour devenir un simple lieu d’habitation jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Incendiée, elle devient la propriété de la ville après la guerre. Celle-ci décide alors d’en faire un musée consacré au Brest d’avant 1939 et de confier à l’historien et peintre Jim Sevellec la réalisation de grands dioramas. Des reconstitutions saisissantes La salle du rez de chaussée, qui ouvre la visite, présente avec modestie des fragments de l’histoire de Brest et de la région. L’existence du bagne y est rappelée via des gravures ainsi que des lettres et objets de détenus. Un hommage est rendu à l’église Saint-Louis (détruite pendant la guerre) tandis que différents plans de la ville, dont le plus ancien date de 1636, sont exposés. La région est aussi à l’honneur puisque de nombreuses gravures et photos de coiffes bretonnes sont exposées. La visite débute véritablement au premier étage, consacré aux événements marquants de l’histoire de la ville. L’intérêt principal du musée réside en effet dans ses grands dioramas, réalisés avec soin et dans le goût du détail, notamment historique. La pièce la plus impressionnante est incontestablement Le dernier combat de « Marie la Cordelière », qui offre un instantané du dernier combat du navire conduit par Portzmoguer, attaqué par la marine anglaise le 10 août 1512. L’ambassade siamoise à Brest offre également une image détaillée d’une scène du 18 juin 1686 encore très présente dans l’imaginaire de la ville, une importante rue en a gardé le nom (la rue de Siam). Les deux dioramas représentant la ville avant la Révolution permettent par ailleurs une très bonne transition vers le deuxième étage qui, après ces vues d’ensemble, nous fait entrer dans le détail de la ville d’après 1789. Avec des dioramas tels que Le marché de Recouvrance ou Le pont impérial et la Rue de Siam en 1918, cette traversée dans le Brest d’avant guerre nous fait découvrir une architecture perdue. Recouvrance est très représentée et on y observe un terrain plus accidenté qu’aujourd’hui, la ville ayant été reconstruite sur ses gravats. Au premier comme au second étage, des panneaux agencés à la manière d’un livre présentent photographies, cartes postales et autres documents relatifs à l’histoire de la ville. Pour terminer avec une touche d’originalité et de folklore, le visiteur peut se plonger dans l’observation des dessins et chansons traditionnelles illustrées. Ils découvriront (ou redécouvriront) notamment les illustrations et caricatures de Pierre Péron, artiste brestois du XXe siècle.
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