Un musée pour la paix

Lorsqu’en 1985 le maire de Caen projette la construction d’un musée du souvenir dans la ville de Caen, il pense le consacrer à la Bataille de Normandie. Mais, quand François Mitterrand inaugure le 6 juin 1988 le musée, le projet a mûri et dépasse ses deux frontières initiales : la Normandie et la Guerre. Certes, le musée retrace l’histoire de la Seconde Guerre mondiale mais dans sa globalité et pour célébrer la paix. Après la construction de la galerie des prix Nobel, le Musée poursuivra cette volonté d’ouverture avec son extension terminée en 2002.

Loin d’être un musée du Débarquement et de la bataille de Caen, le Mémorial de Caen est désormais un véritable musée de l’histoire du vingtième siècle. Multipliant les supports, il propose une succession d’espaces à la tonalité propre et s’ouvre même vers l’extérieur avec son Parc International. S’il faut compter au moins trois heures de visite, le musée n’ennuie jamais, particulièrement dans ses espaces consacrés à la Seconde Guerre. Ceux-ci se révèlent en effet très didactiques sans pour autant tomber dans l’écueil de l’explication formelle et rébarbative.

L’histoire d’une Guerre qui a changé le monde

Si le Mémorial a désormais pour ambition de couvrir l’ensemble de l’histoire du vingtième siècle, il se présente en fait en trois parties. La première, consacrée à la Seconde Guerre mondiale, ouvre la visite. Elle est la plus aboutie.

Après le hall d’accueil, le visiteur suit un couloir sombre qui descend progressivement et en spirale vers les salles consacrées à la guerre. Au fil de ce parcours symbolique illustré par de grandes photos et panneaux d’explications, on suit les événements qui, après 1918, ont menés à la Seconde guerre mondiale. Défilés nazis ou fascistes et négociations politiques d’avant guerres s’affichent dans de grandes photographies et de petits écrans incrustés dans les murs. Au bout de ce corridor, une succession de salles retrace les événements de la guerre en 1940 et la douloureuse période de l’occupation allemande, grâces à des documents de diverses natures. La bataille d’Angleterre et le Front Russe ne sont pas oubliés puisque chacun font l’objet de projections vidéo.

Les salles se succèdent, plutôt grandes pour présenter le matériel utilisé ou les différents fronts - dont celui du Pacifique, plus intime lors de l’évocation de la Shoah. Une exposition permanente rend par ailleurs hommage aux soldats de différentes nations en présentant de nombreuses lettres ou extraits et leur traduction.

Cette partie s’achève sur la projection d’un film d’environ une demi-heure sur le Jour-J et la Bataille de Normandie. Ponctué d’images de synthèses retraçant le déroulement de la bataille, la projection prend cependant le parti d’un montage d’images de guerre sans commentaires. Ceci lui permet de restituer à ses images toutes leurs force et leur brutalité. On pourra toutefois regretter que certains passages, notamment de la bande sonore, insistent un peu lourdement.

Après la guerre totale, la guerre froide


Un espace de transition donne à voir le monde dévasté de l’après-guerre en proposant des témoignages visuels et audio sur les villes dévastées. Ce corridor donne également accès au Parc International qui contient notamment le Jardin Canadien du Souvenir.

La deuxième partie s’attache au monde contemporain et notamment à la Guerre Froide. Elle s’attarde sur les conflits symboliques qui passent par les objets de la vie quotidienne et la conquête spatiale. Mais cet espace focalise aussi sur les événements et les personnalités majeures jusqu’à l’écroulement du mur de Berlin.

Des hommes pour la paix et l’avenir

Mais la volonté du Musée est aussi de penser la paix et les origines de la violence. Il consacre ainsi des espaces à ceux qui, dans toutes les cultures, ont cherché à penser la paix. Les salles sont alors plus lumineuses et arborent des couleurs plus pastel.

Quant à la Galerie des prix Nobel, elle garde une place bien spécifique : il faut sortir du musée puis descendre pour entrer dans un souterrain. Celui-ci semble conçu comme un temple en hommage aux penseurs de l’humanité et de son avenir. Faite de couloirs souterrains austères et droits, elle présente solennellement et dans un climat de quasi-recueillement les noms et les visages de ceux qui ont œuvré pour l’Homme. Elle se termine alors par un espace vierge qui, chaque année, reçoit un nouveau nom et un visage.

On note également que le Musée dispose d’un espace consacré aux expositions temporaires et accessible par le hall d’entrée.
 Suite : les photos du musée
12 avis sur ce musée
L'avis de  Odile Leprette (Bourg La Reine 92340) :  Une visite troublante 
En bref : Nous nous attendions à un musée sur toute l'opération Overlord avec ses origines ( la préparation, sa réalisation, les combattants etc) comme le laissait présager le hall d'entrée avec son inscription géante sur le D Day... et la grande photo des GI débarquant.Rien de tout cela si ce n'est une prétentieuse leçon d'histoire, qui n'atteint pas l'objectif  qu'elle s'est fixée et qui est parfois partisane ...  
J'ai regretté : Pas un mot sur l'appel du général de Gaulle du 18 juin 1940. On a cherché mais pas trouvé... ( alors qu'il y  a bien l'annonce de l'armistice du 17 juin par le maréchal Pétain). Cette omission nous a fortement troublés.  Rien sur les conditions de l'entrée en guerre des américains ( Pearl Harbour)Une seule salle sur les opérations du débarquement avec une seule carte, sous verre, pas très explicite.L'action des américains, anglais et canadiens n'est pas du tout exposée à la hauteur de son importanceLe bunker ne nous apprend rien sur les conditions de vie à l'intérieur.Pourquoi toute cette importance donnée à la guerre froide ? On n'était pas venu pour ça et si c'est, comme on l'a vu trop tard un musée sur le monde avant et après 1945, pourquoi s'arrêter là ?19 € c'est exorbitant
J'ai aimé : la chronologie sur les origines de la guerre à partir du traité de Versailles
 
L'avis de  Renée (Paris) :  tarif dissuasif  **
En bref : Comme pour beaucoup d'autres sites les organisateurs imposent un tarif élevé au lieu de privilégier un accès plus démocratique.
J'ai regretté : le tarif élevé pour tous
J'ai aimé : l'espace, la librairie.
 
L'avis de  Did :  Mon avis....  **
En bref : Le but est de faire un mémorial et ce n'est qu'un musée de plus . Le but n'est pas atteint.
On en sort sans avoir le moindre outil de réflexion à propos de la montée du fascisme ou encore le concept de création de la paix. Quant à la guerre froide...je suis resté froid (décolonisation?, indochine française?, espagne?, portugal?, coup d'état dans le monde?, retrait des forces d'Allemagne?, conquête spatiale?).
J'ai regretté : Le contenu : culture fast food : des images , des images ...du zapping museologique. Une planche ou une salle pour chaque sujet et hop on passe à un autre sujet.
J'ai aimé : Le bâtiment, le musée en lui-même :on ne s'ennuie pas, les images sont belles, la muséographie a du rythme...mais on ne reflechit pas non plus.
 
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Adresse Esplanade Eisenhower
14000 CAEN
Tel 02 31 06 06 45
Site www.memorial-caen.fr
Tarifs Plein tarif de 18,50€ à 19€
Tarif réduit de 16€ à 16,50€ (pour les enfants de 10 à 18 ans, les séniors et les étudiants)
Entrée gratuite pour les moins de 10 ans et les anciens combattants.
Pass Famille : 49€ (tarif familial unique, nombre d'enfants de 10 à 25 ans non limité)
Billet Duo : accès au Mémorial et à Arromanches 360 à partir de 16,20€
Horaires Du 16 février au 11 novembre 2013 : 9h-19h
Du 12 novembre au 4 janvier : 9h30- 18h Fermé les lundis (sauf les lundis 23 et 30 décembre)
Fermé : le 25 décembre et le 1er janvier
Du 5 au 27 janvier 2014 inclus : fermeture annuelle
  Mise à jour : Août 2015
Adresse : Esplanade Eisenhower , 14000 CAEN

 
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