Le mariage du passé et de l’innovation
Le musée des tumulus est situé à Bougon, petite bourgade du Poitou-Charentes entre Niort et Poitiers. Il s’agit avant tout d’un remarquable site historique découvert en 1840 par des archéologues locaux. Très tôt, il suscita un vif intérêt de la part de la communauté scientifique. Mais ce n’est qu’en 1873 que le département des Deux-Sèvres en fit l’acquisition afin de protéger ce qui apparaît aujourd’hui comme l’un des vestiges de notre passé. Mais qu’est-ce qu’un tumulus ? C’est un amas de terre ou une construction de pierre que l'on élevait au-dessus d'une sépulture, et parfois surmonté d'un monument ou d'un trophée. Le site en possède six, tous plus exceptionnels les uns que les autres. Le musée des tumulus s’organise autour de deux pôles complémentaires : le bâtiment principal, qui fait office de musée, et le site naturel pour lequel un parcours de découverte est proposé. Tout d’abord, lorsqu’on arrive au musée, on est admiratif du travail de mise en valeur réalisé par les architectes : une grande vitrine de verre est construite à cheval sur un prieuré cistercien appartenant à l’abbaye des Châtelliers, jouxtant la nécropole. Rien que pour ça, le lieu mérite d’être visité. Inauguré le 27 juin 1993, le bâtiment s’inscrit judicieusement dans le paysage alentour, proposant une ouverture sur l’extérieur. Ensuite, la fonctionnalité des lieux ajoute une plus-value à un bâtiment déjà singulièrement riche. Le musée se décompose en deux sections : l’une consacrée à la collection permanente, l’autre réservée aux expositions temporaires. La collection permanente retrace l’histoire de l’humanité de la Préhistoire à l’époque mégalithique, en accordant une large place au Néolithique (période où les hommes se sont sédentarisés). C’est évidemment cette période qui est la plus riche en objets, œuvres et installations diverses. On retiendra particulièrement la section sur l’évolution des silex et autres outils technologiques (pierre polie, céramique, tissage, outils à moissonner…) ainsi que la reconstitutions de deux sites néolithiques (habitations) de Catal Hüyük en Turquie et Charavines près de Grenoble. Egalement, il est possible de découvrir une reconstitution de la chambre à couloir de Gravinis dans le Morbihan. Ensuite, après avoir déambulé dans le musée, il faut impérativement découvrir les tumulus. Il s’agit de la partie la plus spectaculaire du musée. Les vestiges de notre passé Au cours d’une promenade d’environ deux heures, il est possible d’admirer six tumulus, numérotés respectivement de A à F. Il y a environ 7000 ans, les hommes ont construit ces monuments funéraires, parmi les plus anciens de la côte atlantique. Pour y accéder, il faut emprunter un chemin pédestre. Ensuite, libre à vous de choisir l’orientation de votre visite. Soit on suit le parcours de découverte proposé par le musée avec, entre autres, un labyrinthe permettant de tester ses connaissances sur la Préhistoire, une reconstitution des étapes de construction des mégalithes, un module de fouilles destiné aux plus jeunes ou un amphithéâtre pédagogique retraçant les grandes périodes préhistoriques… Soit on flâne dans le cadre verdoyant du parc jusqu’à atteindre les tumulus. Lorsqu’on arrive devant le premier monument, on est frappé par tant de grandeur et d’ingéniosité. Les impressionnantes sépultures, véritables habitations, sont recouvertes d’herbe et de mousse. Elle sont enveloppées par de beaux arbres qui confèrent au lieu une atmosphère onirique et reposante. Le tumulus A est le premier à avoir été découvert. Il date de 4000 av. J.C. et il contient une vaste chambre sépulcrale de 7,80 mètres de long sur 5 mètres de large. On y a trouvé quelque 220 squelettes et des offrandes funéraires. Le tumulus B mesure 36 mètres de long et 8 mètres de large. C’est le plus impressionnant de tous. Les fouilles ont également révélé qu’il s’agit d’un des tumulus les plus anciens de la nécropole. A l’Ouest du monument, on trouve deux dolmens et à l’est deux coffres funéraires. Le tumulus C date de 3500 av J.C. et il est composé d’une butte circulaire de 5 mètres de haut. Il s’agit d’un des tumulus les plus complexes de la nécropole. En effet, il est divisé en plusieurs parties autonomes (C1, C2 et C3). Le tumulus D est particulier car il semble diviser la nécropole en deux parties. A l’Ouest, on trouve donc les tumulus E et F et à l’Est, les tumulus A, B et C. Le tumulus E est le plus ancien du site. Il date 4270 av. J.C. et renferme deux chambres funéraires. On y a découvert des offrandes mortuaires. Enfin, le tumulus F est le plus imposant de tous. D’une longueur de 72 mètres, il est composé de deux parties distinctes (F1 et F2). Au Nord, le tumulus F2 a révélé des fragments de céramique et diverses formes de silex. Outre la découverte des tumulus, le musée propose plusieurs animations et un accueil du public scolaire. Il est aussi possible de pique-niquer dans un lieu consacré à cet effet ou de déjeuner dans une grange aménagée en cafétéria. Une boutique est également mise à disposition des visiteurs.
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