De l’or au bout des doigts
Hommage rendu aux métiers du savoir-faire, le musée du compagnonnage** présente des pièces réalisées par des Compagnons. Précisons tout de suite ce qu’est le Compagnonnage. Ce sont des sociétés d’ouvriers et d’artisans, à la recherche d’un perfectionnement professionnel, et s’appuyant sur des valeurs morales et d’entraide.
La visite commence par une présentation de l’histoire du Compagnonnage. Selon la légende, le Compagnonnage serait apparu lors de la construction du Temple de Jérusalem au Xe siècle avant JC. Vraisemblablement, les premiers compagnons sont apparus avec la construction des cathédrales au XVe siècle. On rappelle ensuite l’époque agitée sous l’Ancien Régime, où les sociétés de Compagnonnage tenaient tête aux maîtres des corporations afin d’améliorer les conditions de travail des Compagnons. Le Compagnonnage mua dans les années 1890 en trois sociétés : l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis, l’Association Ouvrière des Compagnons du Devoir et la Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment.
Dans l’ancien dortoir de l’abbaye St-Julien, on découvre les chefs d’œuvre d’artisans de différents corps de métiers : cordonnerie, ferronnerie, taille de pierre, charpenterie,… Le chef d’œuvre est la pièce que présentait la personne désireuse de devenir Compagnon pour être admis. Celui-ci devait donc montrer toute l’habileté et les qualités techniques du futur Compagnon. Le titre de Compagnon était également remis au regard des qualités morales dont la personne devait faire preuve : ténacité, fraternité et courage. Pour se préparer à cet examen de passage aux traditions encore respectées aujourd’hui, l’apprenti réalisait un tour de France. Il perfectionnait ainsi ses compétences techniques.
Parmi les plus belles réalisations, ne manquez pas à l’entrée l’impressionnante serrure à pièges et à secrets et l’escalier à dessous coulissant. La grille de parc miniature qui a nécessité plus d’une dizaine d’année de travail, la Tour Eiffel en ardoise découpée et les sabots enchaînés taillés dans une bille de noyer laissent admiratif quant à la dextérité de leurs auteurs.
Quelques vitrines évoquent les traditions (passage de la canne, rôle du Premier en ville…) et les attributs compagnonniques (cannes, écharpes de différentes couleurs reflétant le métier et le grade du Compagnon…).