Survol de l’art asiatique sur trois millénaires
Hébergé dans un étonnant pavillon mauresque, le musée Georges Labit* vaut la visite pour les antiquités de différentes civilisations que son fondateur a amassé lors de ces voyages aux quatre coins de la planète. Ce toulousain, au goût sûr et passionné d’ethnologie, se rendit entre 1879 et 1889 dans différents pays (Norvège, Laponie, Chine, Japon, Afrique du Nord…) et en ramena des œuvres d’art mais aussi des pièces évoquant la vie quotidienne de ces peuples. Il souhaita ensuite créer un musée et faire découvrir ses trouvailles au public.
La visite démarre par le sous-sol où sont présentées des pièces archéologiques égyptiennes. La vedette de la cette partie de la collection est une momie datant de plus de 3 800 ans. Une petite projection DVD permet de découvrir quelle personnalité de la douzième dynastie du Moyen Empire a été ainsi embaumée et quelles techniques furent utilisées. Dans les vitrines, des amulettes, des récipients à parfum et vases canopes évoquent les rites funéraires. A voir aussi une barque funéraire avec son équipage.
De l’Egypte, on passe ensuite au Tibet, à la Mongolie et au Népal. Des statues de Buddha, de divinités d’origine hindoue (Vishnu, Ganeça…) et des objets de culte (autel portatif, clochettes rituelles, moulin à prières…) illustrent les religions de ces pays. On remarque la finesse des traits de certaines statues.
A l’étage, on est accueilli par des têtes de Buddha provenant de Thaïlande et caractéristiques de l’école Sukhotaï. Du Japon, on verra un délicat écritoire en bois laqué, des bols à thé, des armures en bois laqué et cotte de maille, et une série de miniatures en ivoire exceptionnelles par leurs détails. Ne manquez pas la série d’estampes japonaises du XIXe siècle, cachées dans les tiroirs. Les thèmes évoqués sont variés : scène de guerre, art de l’Ikebana, vue du Mont Fuji… On a un autre aperçu de la vie japonaise au travers des photographies de Felice Beato.
Des bols de la période Qing et des statuettes funéraires en terre cuite représentent la civilisation chinoise au XVIIe siècle et les siècles suivants, tandis que des décors de pierre figurant les dieux Vishnu, Shiva et Pârvatî illustrent l’art religieux des peuples de l’Inde du Nord.
Dans ce musée aux salles agréables, on regrette une chose, qu’il n’y ait pas plus d’explications sur les civilisations mentionnées pour les non-initiés. A la fin de la visite, vous pouvez faire un petit tour dans le jardin où se côtoient plantes asiatiques et méditerranéennes.