Les civilisations asiatiques au cœur de l’Europe
Le Musée national des arts asiatiques – Guimet ambitionne de faire découvrir au public européen la richesse des cultures d’Extrême-Orient. Dans un espace ouvert et lumineux, celles-ci expriment simultanément leur pluralité et leurs résonances. Ainsi, du Japon à l’Afghanistan et du nord de la Chine à l’Indonésie, les collections s’attardent sur les régions et les époques, nous révélant leur richesse. Des religions antiques à l’Asie L’histoire du musée débute à Lyon dans la deuxième moitié du XIXème siècle. L’industriel Emile Guimet forme le projet de créer un musée des religions de l’Égypte, de l’antiquité classique et des pays d’Asie. Pour constituer ses collections,il parcourt l’Egypte, la Grèce puis s’engage dans un tour du monde en 1876. Ses étapes en Asie s’avèrent fructueuses, notamment au Japon qui retient particulièrement son attention. Dès 1879, une exposition est présentée à Lyon, mais Guimet destine ses objets d’art à la capitale. Dix ans plus tard, le musée qu’il a fait spécialement construire ouvre ses portes. Dès les premières années, les collections d’Extrême-orient prennent le pas sur celles de l’Égypte et de la Grèce antiques. De nouvelles œuvres sont notamment rapportées de Corée et du Tibet. Une nouvelle étape est franchie lorsqu’en 1927 le musée passe sous la Direction des musées de France. Il reçoit alors les collections khmères du musée indochinois du Trocadéro et engage des travaux de couverture de la cour centrale. En 1945, à l’occasion d’une réorganisation des musées de France, il troque ses pièces égyptiennes avec la collection asiatique du Louvre et assoit ainsi sa place de centre de l’art asiatique ancien en France. Renforçant depuis ses collections, le musée a aujourd’hui pour vocation d’être un grand centre européen de la connaissance des civilisations asiatiques comme en témoigne l’Unité mixte de recherche GUIMET-CNRS. Enfin, outre l’ouverture du Panthéon bouddhique, ces dernières années ont été les témoins d’une profonde rénovation du musée. Pluralité et résonances La visite s’ouvre sur la monumentale salle khmère. Occupant l’ancienne cour centrale, baignée de lumière et laissant ses œuvres révéler leurs contours sur un fond blanc, elle donne la tonalité du musée en un seul regard. Les récentes rénovations en ont fait un centre qui rayonne vers l’ensemble des espaces du musée et vers lequel tous convergent. Le rez-de-chaussée est d’ailleurs parfaitement réussi de ce point de vue : les différentes pièces sont décloisonnées grâce à de larges et multiples ouvertures. Ainsi, le visiteur découvre les merveilles de l’Asie du sud-est et de l’Inde : Jina indonésien du VIIIème siècle, Shiva Vietnamien du XIIème siècle, Buste féminin adossé à un rinceau de l’Inde médiévale, Nâgarâja « roi serpent » du IIème siècle ou encore le grand Fronton cambodgien du Xème siècle… Le premier étage nous emmène de l’Afghanistan à la Chine, tout en consacrant des espaces spécifiques à l’Asie centrale (nord-est de la Chine) et au Tibet. La blancheur des sculptures afghanes, notamment d’un magnifique Stûpa du Vème siècle, rompt avec les couleurs d’une Statue du luohan Tâmrabhadra de Chine septentrionale. Toutefois, des disques Bi chinois datant de plusieurs millénaires avant notre ère au Masque de Bhairava (Népal, XV-XVIème siècles), les œuvres se font écho plus qu’elles ne s’entrechoquent. Tandis que la Chine occupe encore un espace important au deuxième étage, elle côtoie le Japon et la Corée, dont l’esthétique se distingue assez nettement. Au fil de la visite, les sculptures gagnent en couleurs et laissent plus de place aux masques, plats à décor, paravents et mobiliers. Enfin, les troisième et quatrième étages disposent de petits espaces entièrement consacrés à la Chine.
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