Le dernier témoin de l’influence des comtes de Flandre à Lille
Le musée de l’Hospice Comtesse de Lille est installé dans ce qui fut autrefois le plus important hôpital de la ville, dirigé par des religieux de l’ordre des Augustins. Sa visite raconte les conditions de vie des religieux et des malades de l’hospice, recréant l’atmosphère du lieu aux XVIIe et XVIIIe siècles. Des collections d’Arts appliqués permettent également d’évoquer l’histoire de Lille, de l’Ancien Régime à la Révolution. La visite L’Hospice Comtesse est situé en plein cœur du vieux Lille, dans une rue particulièrement charmante et animée : la rue de la Monnaie. Il bordait autrefois la Deûle et le port, qui furent comblés afin d’assainir la ville. La découverte commence dès l’extérieur du musée, car celui-ci est constitué d’un ensemble de bâtiments très bien restaurés, témoignant de l’architecture lilloise du XVe au XVIIIe siècle. Cet édifice est l’un des derniers témoins de l’influence des comtes de Flandre à Lille. La visite vous fera découvrir une partie de cet ensemble architectural remarquable. On découvre les bâtiments de la vie communautaire des religieuses, puis la salle des malades et enfin la chapelle. L’ensemble permet d’en savoir un peu plus sur les conditions de vie des religieux, comme des malades. Au rez-de-chaussée du bâtiment communautaire des Augustines, on découvre une suite de salles, dont la décoration et le mobilier recréent l’atmosphère d’une maison lilloise des XVIIe et XVIIIe siècles. La cuisine, tout d’abord, est remarquable pour les très belles faïences lilloises bleues et blanches qui recouvrent entièrement ses murs. Ces faïences représentent des thèmes variés : des monstres marins, des jeux anciens, etc. Juste à côté, on pénètre dans le réfectoire, où les religieuses prenaient leur repas en silence, tandis que l’une d’entre elles lisait des passages de la Bible. Cette pièce rappelle la fonction nettement spirituelle de l’institution. Le rez-de-chaussée du bâtiment accueille enfin le parloir et l’appartement de la prieure, ainsi qu’une pharmacie et une lingerie. A l’étage supérieur, ce qui fut autrefois le dortoir des Augustines abrite à présent une collection d’Arts appliqués retraçant l’histoire lilloise du XVIe siècle à la Révolution. Il s’agit essentiellement de peintures, mais également de gravures et de plans, témoins de l’évolution urbaine de Lille. Des portraits évoquent également les grands personnages de la cité, par exemple les comtes de Flandre. Des objets viennent enrichir cet exposé historique, notamment des céramiques et des faïences. La visite se poursuit avec la salle la plus marquante : la salle des malades. Cette immense pièce, très haute de plafond, fut volontairement construite dans des volumes conséquents, afin de créer un volume d’air important, favorisant son renouvellement. Il était en effet avéré au Moyen-Âge qu’un bon renouvellement de l’air permettait un rétablissement plus rapide des malades. Ces derniers étaient accueillis dans des lits dotés de rideaux, qui permettaient de les isoler du froid. Aux murs, des tableaux religieux évoquent la fonction religieuse de l’Hospice Comtesse. Des expositions temporaires ont parfois lieu dans cette salle remarquable. Juste à côté, l’hospice disposait également d’une vaste chapelle. Construite dans le prolongement de la salle des malades, cette disposition permettait à ces derniers d’assister aux messes depuis leur lit ! Cette disposition indique que les soins dispensés à l’Hospice Comtesse étaient davantage spirituels que véritablement physiques, tant que la médecine n’avait pas fait les avancées que nous connaissons aujourd’hui. Cette architecture rappelle par ailleurs la superbe « salle des pôvres » de l’Hôtel-Dieu de Beaune. L’histoire de l’Hospice Comtesse L’Hospice Comtesse fut fondé en 1237 par la Comtesse Jeanne de Flandre (1206-1244), dans l’enceinte même de ce qui était alors son palais. La comtesse s’inscrit ainsi dans la tradition de création d’institutions hospitalières religieuses, courante dans la région aux XIIe et XIIIe siècles. Une communauté de religieux de l’ordre des Augustins est chargée de soigner les malades, les pauvres et les pèlerins. Au fil des siècles, l’Hospice Comtesse sera régulièrement agrandi et accueillera jusqu’à 200 malades. Il demeure ainsi le plus important hôpital de Lille jusqu’au XVIIIe siècle. Après la Révolution, la ville réorganise l’assistance publique. L’Hospice Comtesse n’accueille alors plus que les personnes âgées, que l’on appelle les « Vieux-Hommes », et les orphelins, appelés « Bleuets ». Les malades seront quant à eux soignés à l’hôpital Saint-Sauveur. A partir de 1939, il sert de magasin général au CHRU de Lille, dont il demeure la propriété. L’Hospice Comtesse ne deviendra un musée qu’à partir de 1962.
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