Les armes secrètes d’Hitler
Immense bunker en forme de dôme, la Coupole d’Helfaut-Wizernes** fut un des derniers grands chantiers militaires de l’Allemagne nazie en France. Base de lancement des V2 voués à la destruction de Londres, il est à l’image du régime nazi : démesure et folie meurtrière, mais aussi innovation technologique. Transformé aujourd’hui en musée, il retrace l’histoire de l’occupation du Nord de la France et présente les armes secrètes de l’Allemagne. Bombarder Londres à distance Après les attaques alliées contre le blockhaus d’Eperlecques, Hitler décide de construire un nouveau site entièrement consacré à sa nouvelle arme de pointe : les V2. Développées sous la direction de Wernher von Braun, les V2 sont les premières véritables fusées militaires. Atteignant la stratosphère, volant à 5 800 km/h sur une distance de 300 km environ, elles sont notamment destinées à la destruction de Londres. Pendant les dernières années et jusqu’aux derniers mois de la guerre, les nazis espèrerons renverser le cours de l’histoire grâce à ces missiles. Située à environ deux cents kilomètres de la capitale anglaise, la carrière de craie d’Helfaut-Wizernes apparaît comme le site idéal. Dès la fin de l’année 1943, les travaux peuvent commencer. Produire et lancer les V2 sur une même base Démesurés, les objectifs appellent des travaux titanesques. En effet, Hitler souhaite produire à Helfaut-Wizernes l’oxygène liquide utilisé comme carburant, stocker les fusées à une profondeur qui les protège des attaques et mettre un place un système de lancement autorisant l’envoie de 50 fusées par jour. L’organisation Todt, qui a notamment construit le Mur de l’Atlantique, est chargée de son édification. De nombreux prisonniers soviétiques sont réquisitionnés pour creuser les kilomètres de galeries destinés au stockage 42 mètres sous terre des V2 et à leur acheminement vers la base de lancement. Mais l’élément architectural le plus impressionnant est le dôme de protection de 72 mètres de diamètre et de 5 mètres d’épaisseur, pesant 55 000 tonnes. La résistance française informe les Alliés, qui bombardent alors le site de mars à septembre 1944. Malgré les bombes Tallboy de 5 tonnes, le dôme résiste parfaitement. Mais le lieu, inachevé, est finalement abandonné en juillet 1944 face à l’avancée alliée. Les missiles seront tirés de bases mobiles et leur imprécision les rendra moins efficaces que prévu. Horreurs de la guerres et avancées scientifiques La visite s’ouvre par la traversée de la galerie ferroviaire. Perpendiculaires au tunnel principal, des excavations exhibent des débris d’engins militaires, nous plongeant dans une véritable archéologie de la guerre. Les tunnels presque nus et inachevés immergent le visiteur dans le travail laborieux et sordide des prisonniers soviétiques. Outre les restes de V2, une exposition retrace les destins d’aviateurs qui se sont écrasés dans la région, tandis qu’une salle est muée en mémorial des déportés du train de Loos. La visite se prolonge sous le dôme qui propose deux circuits : Rex et Cinéac. Chacun s’ouvre par une projection, suivie d’une exposition. La première est consacrée aux projets militaires secrets de l’Allemagne nazie et notamment aux fusées. Outre une V2 et une V1, on retrouve des maquettes des principales fusées de la conquête spatiale. Quant au parcours Cinéac, il évoque les conditions d’occupation du Nord de la France et reproduit notamment le mur des fusillés. L’ensemble, très pédagogique, permet d’aborder plusieurs facettes de la Seconde Guerre mondiale. A noter qu’un audio guide permet de suivre la visite en français, anglais, allemand ou néerlandais.
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