Plongeon dans l’art français des XIXe et XXe siècles
Le musée La Piscine de Roubaix est une véritable curiosité qui mérite que l’on s’y arrête quelques heures. Sa visite vous séduira pour ses collections, mais aussi pour le lieu qui les abrite. Le musée d’Art et d’Industrie de Roubaix est en effet une œuvre d’art en soi, étant installé dans une ancienne piscine Art déco, remarquablement réhabilitée. Que l’on soit amateur d’art ou non, le musée La Piscine en séduira plus d’un. L’histoire de la piscine Le musée d’Art et d’Industrie de Roubaix est installé dans l’ancienne piscine municipale, qui fut construite entre 1922 et 1932 par l’architecte Albert Baert, à la demande du maire de l’époque, Jean Lebas. L’intérieur du bâtiment est d’une grande beauté, combinant le style byzantin et mauresque à la tendance Art déco de l’époque. Il est inscrit au patrimoine du XXe siècle. Le remarquable établissement public de bains-douches était alors un lieu de vie essentiel à Roubaix, offrant de multiples services aux habitants de la ville : piscine, baignoires, bains de vapeur, coiffeur, jardin, etc. L’établissement est donc un lieu de rencontre et de mixité sociale important, mais les exigences en matière de normes de sécurité deviennent si drastiques à la fin du XXe siècle, que la piscine est contrainte de fermer ses portes en 1985. La reconversion du site L’attachement de la population à ce lieu public et la beauté du complexe interdisent sa démolition. La municipalité cherche donc une reconversion pour la piscine et convient d’y installer un musée. Un concours international est alors lancé et c’est le projet de l’architecte Jean-Paul Philippon qui sera retenu, pour sa fidélité à l’« âme du site » dans la présentation des collections d’art et d’histoire. Des travaux de restauration seront ainsi menés de 1998 à 2001, rendant à la piscine sa splendeur d’antan. Arts appliqués, peinture et sculpture En façade, La Piscine est un édifice très contemporain aux formes rectilignes, combinant le béton et le verre. Il est abrité derrière un grand mur en brique, l’ancienne façade de l’usine textile Hannart-Prouvost, rappelant le caractère industriel de la ville de Roubaix. Le hall d’entrée ouvre sur la salle des expositions temporaires, où se tiennent régulièrement des expositions d’envergure (ex. : Marc Chagall fin 2007). Ne résistez pas à la tentation de découvrir le bassin de la piscine dès le début de la visite, elle vous envoûtera pour la suite du parcours. Le vaste hall a conservé son bassin central, couvert de très belles mosaïques, et les cabines de douche qui l’entourent sur deux niveaux. Ces dernières abritent des collections permanentes et temporaires. Le bassin est éclairé par d’immenses verrières multicolores en demi-cercle, qui donnent une grande luminosité à cet espace. L’eau ici est toujours présente avec une tête de lion sculptée, figurant Neptune, recrachant de l’eau à une extrémité du bassin. L’effet de surprise est garanti avec l’ambiance sonore diffusée par alternance dans la salle, composée de cris et de bruits de plongeons. On imagine alors l’atmosphère de la piscine en pleine effervescence. Le grand bassin accueille des sculptures décoratives. On peut les découvrir de plus près en descendant dans le bassin dont on peut faire le tour sur une passerelle en bois. Les œuvres, de toutes tailles et de différents matériaux, furent réalisées par l’école française de sculpture au milieu du XXe siècle. Si cette partie ne compte pas d’œuvre majeure, l’ensemble de la salle est du plus bel effet. A côté du bassin, les collections d’art, essentiellement des peintures, sont installées dans des pièces successives. Ces anciens bains sont organisés autour d’un jardin botanique, constitué de plantes textiles. Cette disposition dans le style d’un cloître rappelle l’intention d’Albert Baert d’évoquer une abbaye cistercienne dans ce projet architectural. Les œuvres d’art, des XIXe et XXe siècles, sont organisées de façon chronologique et thématique. Là encore, le musée ne présente pas d’œuvre majeure, mais néanmoins des créations dignes d’intérêt. Une partie est notamment consacrée au peintre roubaisien Jean-Paul Weertz. Parmi les artistes exposés, on peut également mentionner la célèbre sculptrice Camille Claudel. Il faut s’attarder sur les cabines qui entourent le bassin pour découvrir les collections d’arts appliqués. Ces collections évoquent plus particulièrement l’activité industrielle historique de la ville : le textile. On découvre une collection de tissus, qui n’est qu’une partie du fonds textile du musée, comprenant 8 000 livres d'échantillons et 50 000 pièces de tissu d'habillement et d'ameublement, réservé aux professionnels. On évoque également la mode avec des mannequins habillés dans différents styles. Le musée dispose enfin d’un restaurant, d’une boutique, d’une bibliothèque et d’un auditorium.
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