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Les trésors de la Chine ancienne
Logé dans un hôtel particulier d’inspiration néoclassique, le musée Cernuschi accueille le deuxième ensemble d’art asiatique en France, et la cinquième d’art chinois en Europe. Dominée par le buddha Amitabha, gigantesque bronze de plus de 4 mètres de haut, la collection de 12 000 pièces recèle des trésors de portée internationale, à l’exemple de la célèbre « Tigresse », vase you à la charnière des XIIème et XIème siècles avant notre ère. Le parcours d’un homme L’histoire du musée est avant tout celle d’un homme. Homme d’affaire, économiste, républicain engagé et esthète, l’italien Henri Cernuschi a usé de ses talents dans de nombreux domaines. En 1850, il s’exile en France après s’être distingué lors de la révolte des Milanais contre l’occupation autrichienne. Rapidement reconnu pour ses talents d’économistes, il milite auprès des Républicains, notamment dans le journal Le Siècle dont il fait l’acquisition en 1869. Mais cette activité n’est pas du goût de Napoléon III. Cernuschi doit trouver refuge en Suisse avant d’être rappelé en 1870 par les Républicains désormais au pouvoir. Perdant ses illusions lors des massacres de la Commune, Cernuschi part pour un long voyage en Chine et au Japon, accompagné du critique d’art Théodore Duret. Un des plus anciens musées de Paris Profitant de sa fortune, il achète environ quatre mille œuvres au cours de son périple. Il les expose dès 1873 tandis qu’il se fait construire une nouvelle demeure capable d’accueillir sa vie mondaine et ses collections asiatiques et italiennes. Une des contraintes est de pouvoir accueillir le buddha Amitabha acheté dans un faubourg de Tokyo, une des principales œuvres japonaises, et surtout la plus impressionnante. Lorsqu’il meurt en 1896, les œuvres italiennes reviennent à ses héritiers mais l’hôtel particulier au seuil du parc Monceau et sa collection d’art asiatique sont destinés à la ville de Paris. Le cœur de la collection du musée Cernuschi est déjà en place. La primauté donnée à la Chine ancienne Dès 1898, le musée est ouvert au public. De 1905 à 1932, le conservateur Henri Ardenne de Tizac enrichit considérablement la collection en insistant sur l’art et l’archéologie de la haute antiquité chinoise. Les limites chronologiques qu’il fixe s’étendent du néolithique au XIIème siècle et sont toujours respectées. Il est notamment à l’origine de l’acquisition du vase you dit « la Tigresse », pièce qui trône au cœur de la salle Shang. Datant du XIème siècle, elle donne à voir une ornementation très riche dont le sens reste obscur. Elle représente notamment un félin la gueule ouverte tenant un humain dans ses bras. Rénové au cours des années 1930, au début des années 1960 et plus récemment entre 2001 et 2005, le musée offre une collection toujours en expansion grâce aux achats et aux donations, et un cadre particulièrement travaillé qui met à profit cet ensemble exceptionnel. Aujourd’hui, les oeuvres sont présentées par ordre chronologique et par pays (Chine, Japon et Corée), permettant ainsi aux visiteurs de s’immerger le plus naturellement possible dans les collections. Enfin, le musée présente deux fois par an des expositions sur les arts de l’Asie. Il organise également des visites thématiques, des conférences et des animations culturelles pour adultes et enfants autour des expositions et de la collection permanente.
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