De la palissade au palais Renaissance
Tirant son nom d’un terme de langue d’oc qui désigne un « pieux » ou une « palissade », Pau était à l'origine une place militaire. Son château est donc à la base de son histoire. Toutefois, au XVIème siècle, l'apreté des fortifications a laissé place aux rafinements de la Renaissance. > La place forte Erigé à partir du XIIème ou XIIIème siècle, le château occupe un éperon rocheux qui lui permet de contrôler le gave de Pau. Mais c’est au XIVème siècle, sous l’impulsion de Gaston III dit Fébus, que Pau et son Château prennent une véritable importance. Soucieux de l’indépendance de sa région, il fait de Pau le centre de ses terres et le dote d’un puissant château fort. Les vestiges de cette période « militaire » sont l’impressionnant donjon en briques de 33 mètres qui surplombe le sud-est du château et la Tour de Monnaie. Anciennement nommée « Tour du moulin », celle-ci descend vers le gave et permet de renforcer son contrôle. Désormais, elle abrite un des ascenseurs qui permettent de relier la ville basse et la ville haute. Plus tard, le XIXème a rendu hommage à Gaston III avec la construction d’une statue à son effigie devant l’entrée ouest. > L'oeuvre de Marguerite d'Angoulême Au XVIème siècle, le château prend un nouveau tournant grâce à Henri d’Albret, mais surtout à sa femme Marguerite d'Angoulême. Sœur de François 1er, la nouvelle reine de Navarre est une véritable ambassadrice de la Renaissance. De nouvelles ailes sont construites et l’on cherche désormais à profiter de la vue au sud vers les Pyrénées. L’aménagement intérieur, notamment avec l’escalier droit, porte les stigmates de ce règne en arborant en plusieurs lieux les initiales H et M. En effet, bien que le château de Pau doit sa renommée à Henti IV, les initiale "H" et "M" ne font pas référence à ce dernier et à sa femme Marguerite de Valois, mais à Henri II et Matguerite d'Angoulême. Le 13 décembre 1313, naît en ce château le petit-fils de Marguerite d’Angoulême dont le berceau trône véritablement dans la chambre du roi : Henri IV. L’histoire dit que sa mère revint accoucher à Pau alors qu’elle accompagnait son mari à la bataille. Elle donne aussi un berceau mythique à l’enfant : une écaille de Tortue des Galápagos. Clou de la visite, celle-ci est désormais surmontée du célèbre panache du « bon roi ». Toutefois, Henri IV ne séjournera plus entre ces murs, progressivement délaissés après le rattachement de la Navarre à la France sous Louis XIII. > L’hommage posthume au bon roi Henri IV Au vu du véritable culte que rend le château au premier des rois Bourbon, on a pourtant peine à croire que Henri IV n’y passa que ses premières heures. Le XIXème siècle et la Restauration ont en fait beaucoup œuvré à cette nouvelle image. Revenue dans « les fourgons de l’étranger », la monarchie est en mal de légitimité, or le glorieux ancêtre de Louis XIII jouit encore d’une très bonne image au sein du peuple. Pour preuve : auréolé par la présence d’Henri IV en ses murs, le château a été épargné par la Révolution. D’importants travaux vont alors être entrepris dans un style néo-gothique et néo-renaissance dans le but de rendre le berceau d’Henri IV conforme à l’image du « bon roi ». L’entrée est complètement refaite pour accueillir des dignes arcades abritant la statue d’Henri IV tandis que la Tour Louis-Philippe confère à la façade est une harmonieuse symétrie. Elle côtoie d’ailleurs la Tour Mazères, une des plus anciennes de l’édifice > Un ameublement superbe Mais le principal apport de cette période est à trouver dans les décorations : l’ameublement est entièrement refait et les murs sont ornés de somptueuses tapisseries du XVII et XVIIIème siècles représentant scènes de chasse ou illustration des saisons. Essentiellement tissées aux Gobelins, ces quatre-vingt seize pièces constituent la plus importante collection de province. Enfin, avant de découvrir la salle du roi et le berceau-tortue d’Henri IV, le cabinet de l’Empereur et l’appartement de l’Impératrice nous restituent fidèlement l’univers fastueux de Napoléon III et Eugénie. Les photos illustrant ce musée sont la propriété de la photothèque de la Réunion des Musées Nationaux.
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